Mathieu Billot, un billet pour Tokyo ?
mardi 08 juin 2021

Mathieu Billot et Bad Boy du Bobois
A Cabourg, Mathieu Billot et Bad Boy du Bobois se placent quatorzièmes du Grand Prix du CSI3* © DR

Après un week-end à Rome très encourageant où il contribue à la belle 3e place de l’équipe de France dans la Coupe des Nations et une belle performance dans le Grand Prix sur son second cheval Lord de Muze, le normand Mathieu Billot sait qu’il se trouve désormais parmi les favoris pour un ticket vers les JO. Bien que programmés dans six petites semaines, ces jeux sont encore loin et la pression monte.

Comment s’est passée votre reprise après la pause due aux restrictions sanitaires liées à la fois à la Covid-19 et à la rhinopneumonie ?

Ça se passe plutôt très bien. J’étais à Vilamoura en début d’année où j’ai préparé mes chevaux tranquillement, notamment Quel Filou 13 (Bavarois par Quidam’s Rubin, propriété de Benjamin et Valentine Garreau, ndlr) qui finit sans faute dans le dernier Grand Prix 4*. Avec la rhinopneumonie, nous avons dû tout arrêter. Je l’ai remis en route doucement à Canteleu où il est sans faute les trois jours, y compris dans le Grand Prix où je ne cours pas le barrage. Puis, il termine sans-faute et dixième dans le Grand Prix 4* de Saint-Tropez. Il y a eu ensuite un gros Grand Prix 5* qui nous préparait bien. Là j’ai commis une petite erreur avant le triple et il s’est arrêté, alors qu’il sautait très bien depuis le début du parcours. Et enfin Rome, où il était vraiment bien et fait quatre points puis sans-faute dans la Coupe des Nations.

Est-ce qu’il y a un enjeu particulier à La Baule où vous faites partie de l’équipe ?

Il y a des enjeux dans tous les CSIO5*. Le cheval est en grande forme. On a choisi de ne pas le mettre dans le Grand Prix de Rome pour l’économiser. On a une bonne équipe de France et on peut espérer gagner.

Imaginons que cela se passe bien à La Baule. À quoi va ressembler votre programme ?

On va d’abord sauter à La Baule puis à Saint-Tropez avec un 5*. Mais mon premier objectif reste La Baule. Je vais avancer dans mon programme sans me poser de questions. Si nous sommes parmi les quatre choisis pour Tokyo, ce sera super. Mais pour y aller, il faut être performant. Sinon, nous n’avons rien à y faire.

Que représentent pour vous les Jeux Olympiques ?

C’est évidemment une consécration et, bien sûr, j’aimerais beaucoup aller aux Jeux. Mais il faut être prêt car on sait que c’est très dur, que ça va être énorme et que les conditions climatiques seront difficiles. Ça représente beaucoup pour l’équipe de France, c’est un enjeu important. Pour l’instant tout se déroule bien. Je prends les concours les uns après les autres. Le programme est déterminé en fonction de l’un des deux championnats (JO ou Europe, ndlr). J’ai déjà participé aux Championnats d’Europe Senior, Junior, Jeunes Cavaliers… On y va si on est prêt. Ça ne suffit pas d’avoir envie. La semaine prochaine, nous aurons une idée plus précise.

Quel Filou est-il le seul cheval sur lequel vous pouvez compter ?

Pour les Jeux Olympiques, oui, c’est sûr. Lord de Muze (BWP par Nabab de Rêve, sBs, propriété de Serge Batailler, ndlr), dix ans, arrive gentiment. Il a très bien sauté le Grand Prix de Rome. Je crois qu’il est très bon. Maintenant, il doit prendre de l’expérience et confirmer, mais il n’est pas du tout prêt. J’ai beaucoup de chance de posséder deux chevaux comme ça dans mon piquet. Mais rien à voir avec Quel Filou. Il n’est pas suffisamment endurci pour un championnat. Il va sans doute disputer le Grand Prix de La Baule. Je le monte depuis qu’il a six ans, après que ses propriétaires l’aient sorti à quatre et cinq ans. Depuis le début, nous savons qu’il est très bon mais on ne va pas brûler les étapes. Il prendra peut-être la relève de Quel Filou l’an prochain, et va l’épauler cette année.

Vous avez aligné un autre cheval dans le Grand Prix 3* de Cabourg : Bad Boy du Bobois. Pouvez-vous nous en parler ?

C’est un cheval de dix ans que vient d’acheter Serge Batailler et qui appartenait jusque là à son éleveur Dominique Vix. C’est un très bon cheval qui a déjà bien gagné. Je le monte depuis ses six ans, comme Lord. Il manque encore un peu d’expérience. Ce n’est pas toujours le plus régulier, j’ai encore du mal. Il peut être sans faute dans le Grand Prix (le couple sort avec 4 points pour une 14e place, ndlr) mais j’ai parfois des problèmes de contrôle. Il était déjà sans faute dans la qualificative 1,50m de Saint-Tropez. C’est un peu en-dessous de Quel Filou et Lord mais ça reste un bon cheval.

« Bobois » est une affixe que vous connaissez bien, non ?

Il s’agit du neveu d’Eagle du Bobois avec qui j’ai été Champion d’Europe en individuel (sa mère Danse de Nouvolieu, par Tresor de Cheux, SF, est la propre sœur d’Eagle, ndlr). Parmi mes nouvelles recrues, il y a aussi Darling de l’Angevine (par Air Jordan, Old, née chez Marjorie Feron Binet dans le Calvados, ndlr). Elle a bien sauté la 1,45m samedi à Cabourg, c’est une vraie jument d’avenir et je fonde beaucoup d’espoirs en elle pour la saison prochaine.