« Nous souhaitons que les championnats d’Europe aient lieu », Thierry Pomel
mercredi 12 août 2020

Thierry Pomel
Thierry Pomel © Eric Knoll

Si elle était prévisible, l'annulation de la finale Coupe des nations de Barcelone a évincé les espoirs de Thierry Pomel de rassembler au moins une fois l'équipe de France en 2020. Nous avons fait le point avec le sélectionneur des Bleus sur cette annulation, mais aussi sur les incertitudes qui planent déjà sur la saison 2021.

Avec une situation sanitaire compliquée en Catalogne, il ne faisait (presque) aucun doute quant à l’annulation de la finale Coupe des nations de Barcelone, prévue en octobre prochain. Thierry Pomel, le sélectionneur de l’équipe de France, gardait cependant « un espoir qu’on ait au moins cette finale pour apparaître en équipe, notamment pour y mettre les chevaux en devenir. » Pour lui d’ailleurs, « ce n’aurait pas du tout été un handicap qu’ils n’aient pas couru une épreuve Coupe des nations avant » de s’y rendre. Car même si peu expérimentés sur ce format, lesdits chevaux ont déjà fait leurs preuves sur des gros concours. On a bien essayé d’avoir les noms des heureux gagnants du voyage en Espagne, mais Thierry Pomel n’a rien laissé échapper, même dans son rire. « Je ne veux pas lancer de polémique alors que la finale n’a pas lieu. Rien ne sert de faire d’effet d’annonce ». Pour ne pas nous laisser sur notre faim, il nous a quand même confirmé qu’il est « évident que ça tourne autour des cavaliers de tête. »  

Barcelone, sinon rien

Le plus évident aurait été de déplacer la finale, lui faire quitter ses carcans de Barcelone pour des contrées plus tranquilles. Que nenni. À la connaissance de Thierry Pomel, la FEI n’a pas l’air d’avoir envisagé de faire se tenir cette finale autre part. « La question se pose tout à fait et personnellement, je pense que ça aurait été possible de l’organiser ailleurs », nous soufflait-il. C’est à se demander ce qui fait de Barcelone un endroit aussi idéal quand on sait que de nombreuses pistes en Europe ont au moins autant de qualités que celle du Real Polo Club. 
Alors tant pis, chacun continue son programme comme prévu. « De toute façon, il y a tellement peu de concours qu’on ne parle même plus de choix, semble se désoler le sélectionneur. Les cavaliers se jettent sur les quelques 4 ou 5* qui sont encore au calendrier ». Et on pense déjà à 2021, même si on ne sait pas trop où on met les pieds. « Il faut être très pragmatique parce qu’on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. Je crains qu’on doive vivre avec ce virus, s’adapter et se plier aux conditions sanitaires. » Mais avec la revalorisation de la Division 2 en Coupe des nations, le chef d’équipe espère bien continuer son programme de test de nouveaux couples. Ces concours lui sont indispensables pour « savoir qui est prêt à passer en Division 1 et courir les grands championnats ».   

Des Europes... à défaut de JO

Alors que 2020 est loin d’être terminée, 2021 apporte déjà son flot de questions. Jeux Olympiques ou pas ? Championnats d’Europe ou pas ? Dans l’immédiat, la réponse est « oui » aux premiers et « non » aux deuxièmes. Mais s’il y a bien une chose que 2020 nous a appris, c’est que rien n’est jamais acquis. « L’incertitude de la tenue des Jeux Olympiques est plus que planante – et personnellement je dois vous avouer que je suis de plus en plus pessimiste, mais ça serait une bonne surprise », nous confiait Thierry Pomel. S’il venait à avoir raison, il défendrait fermement l’idée de remettre au programme les championnats continentaux. « Nous avons beaucoup échangé entre chefs d’équipes européens et on souhaite vraiment que ces championnats d’Europe aient lieu. Leur organisation est plus qu’importante parce qu’on se projette déjà, notamment à la FFE et au staff du CSO, sur les Jeux Olympiques de 2024... qui passent par un championnat du monde. Des nouveaux chevaux arrivent, avec un nouveau cycle qui est en train de se faire, et il est très important d’aller déjà former tout le monde sur un championnat d’Europe avant de les lancer sur un championnat du monde ou des Jeux Olympiques. » Une réflexion qui fait sens, mais ça... le virus n’en a pas conscience.