Paul Delforge, de l’élevage du Banney vers le haut niveau
lundi 01 mars 2021

Paul Delforge et Dior du Banney
Paul Delforge et Dior du Banney © Jean-Louis Perrier

Plusieurs fois membre des équipes de France Juniors et Jeunes Cavaliers, Paul Delforge poursuit son parcours vers le haut niveau sans se couper de ses racines de l’élevage familial du Banney installé au nord de la Franche-Comté à Luxeuil les Bains.

Lors du stage fédéral CSO à Chazey sur Ain en janvier, Paul Delforge nous avait parlé de ses projets pour le début de saison 2021. La mise en route sur le concours Professionnel de Mâcon-Chaintré les 25 et 26 février a été parfaite avec la victoire pour sa fidèle Terre du Banney (Crown Z) dans la 1,35m, une autre victoire en 1,30m avec Djoye Courcelle (Vagabond de la Pomme) tandis que son autre 8 ans, Dior du Banney (Kannan) prenait la 2e place de la seconde 1,30m. Une préparation optimale avant de partir  pour deux semaines de CSI à Arezzo, si la nouvelle crise sanitaire ne vient pas compliquer la donne ! 

L’Eperon : Vous avez participé au stage avec le staff fédéral du haut niveau en début d’année, qu’est ce que ça vous apporte ?

Paul Delforge : Cela fait trois ans que je fais ces stages et j’aime beaucoup. Sur le plat c’est un bon enrichissement, ça permet d’avoir une ligne de conduite pour le travail à la maison. Henk Nooren et Edouard Coupérie sont aussi très présents sur le circuit du Grand National et on peut faire des débriefs des parcours. C’est aussi une occasion l’hiver de sortir les chevaux de la maison car nous n’avons pas grand chose dans l’Est.

Vous avez repris les concours à Mâcon-Chaintré avec des beaux résultats, c’était déjà un objectif ?

Je suis venu à Mâcon avec les dix chevaux que je vais emmener en Italie à Arezzo. Mon objectif était de les remettre en compétition en faisant bien, et je suis très content de leur comportement. Je gagne la 1,35m avec Terre du Banney qui est ma jument de cœur, on se connait parfaitement. J’ai fait deux championnats d’Europe Jeunes Cavaliers avec elle (NDLA : 6e en individuel en 2018 et 7e en 2017) et maintenant je peux la monter sans pression, il n’y a que l’objectif de se faire plaisir ! A 14 ans, elle est en pleine forme et va continuer sur les épreuves 1,40m et 1,45, mais on va aussi la mettre à l’élevage en transfert d’embryon, ce qu’on n’avait pas fait quand c’était ma jument de tête pour la préserver. J’ai maintenant Allblack de Gressoux (Pacific des Essarts) et Britney du Banney (Marius Claudius) qui sont prêts pour les 4* et je peux compter aussi sur Uschka du Tassier (Air Jordan). Avec les épreuves Young Horse en CSI je peux former aussi les 7 et 6 ans. Pour Arezzo je vais emmener trois 7 ans et un 6 ans. Je ferai ensuite le Grand National de Vichy puis le Master Pro de Jardy.

Vous montez aussi beaucoup sur le circuit SHF, est-ce compatible avec un plan vers le haut niveau ?

Il faut bien s’organiser ! J’ai la chance d’avoir des parents qui ont monté tous les deux à haut niveau et qui peuvent m’épauler, mon père ne monte plus en compétition mais il est toujours présents sur les épreuves jeunes chevaux. Nous avons deux cavalières, Julie-Anne Verneuil qui a déjà fait la saison 2020 avec nous après avoir travaillé chez Christian Alhmann, et nous venons de recruter une jeune cavalière alsacienne. L’idée est que progressivement je monte moins des jeunes chevaux, cette année je ne vais plus sortir les 4 et 5 ans. Nous avons une quarantaine de chevaux au travail dont vingt-cinq ont entre 4 et 7 ans. Nous somme sept salariés sur la structure mais avec les concours ça fait un planning bien rempli !

La crise sanitaire n’a pas trop impacté votre année 2020 ?

Nous avons eu la chance grâce au travail d’Yves Chauvin alors président de la SHF de pouvoir reprendre les concours avec les jeunes chevaux dès le mois de mai, puis les concours FFE. J’ai démarré avec des bons résultats sur le Grand National et ça m’a permis d’avoir des sélections pour les concours de Grimaud-St Tropez où j’ai pu faire trois CSI 4*. Je crois qu’on s’en sort bien même si c’est encore compliqué cette année, et malheureusement il ne faudrait pas qu’une nouvelle crise avec l’épidémie de rhino remette encore les concours en question ! On fait des programme avec toujours un peu un plan B en tête, à mon niveau ça va encore, mais pour les cavaliers du très haut niveau qui ont une échéance olympique en vue ça doit vraiment être dur !

Vous avez 24 ans, comment vivez vous cette période d’incertitude et de restriction ?

Je crois qu’on est vraiment privilégié parce qu’on peut continuer à travailler et dans des conditions où nous avons de l’espace pour le faire ! Finalement le premier confinement il y a un an a été une période positive car ça n’arrivait jamais de passer deux mois pleins avec les chevaux à l’écurie, ça a permis de vraiment bien les suivre, de voir leur évolution. C’était aussi positif pour les liens entre l’équipe et nous avons développé des projets pour améliorer la structure. Mais je pense que pour d’autres qui sont enfermés dans 20m² ça doit être très dur ! Ma sœur qui est étudiante est revenue à la maison car elle n’a plus que des cours en visio. En plus elle est en psycho donc très au fait de ces problèmes sur le manque de contact ! Si le premier impact de la crise n’a pas été trop dur, il ne faudrait pas que la situation persiste car on commence à voir des effets sur le commerce. Nous sommes inquiets aussi sur les conséquences du Brexit car nous avions de bonnes relations commerciales en Grande-Bretagne et ça devient très compliqué !