Ramatou Ouedrago : « Je suis encore sous le choc ! »
vendredi 21 août 2020

Ramatou Ouedrago
Avec Consul Dl Vie Z, Ramatou participera au CSIO de Fontainebleau à la fin du mois, faute de championnats d'Europe © Morgane Jacob

Participer à des CSI 3*, Ramatou Ouedrago en a l’habitude depuis un an. Mais, à Deauville, où le plateau ressemblait presque à celui d'un 5*, la jeune française de 17 ans a impressionné par l’ampleur de ses performances. Dans le petit Grand Prix, où elle était engagée avec Up to You*GFE qu’elle ne monte que depuis quelques semaines, elle prend une prometteuse cinquième place. Pour L’Eperon, Ramatou revient sur cette compétition et nous expose ses ambitions avec sa nouvelle recrue.

De retour d’un excellent week-end à Deauville, vous devez encore être sur votre nuage...

Je suis encore sous le choc ! Je ne pensais pas m’entendre aussi vite avec Up to You. C’était mon tout premier Grand Prix à 1,45 m avec lui. Ça s’est super bien passé avec un double sans faute et une cinquième place à l’arrivée donc je suis évidemment très heureuse. Beaucoup de personnes m’ont félicitée en me disant également qu’il ne pensait pas voir Up to You performer aussi rapidement avec moi. Ça fait plaisir. 

En l’absence de CSI 5*, Deauville avait tout d’un plateau 5*. N’avez-vous pas été impressionnée de vous élancer parmi les meilleurs mondiaux ?

Même s’il y avait les meilleurs cavaliers mondiaux, je suis restée froide dans ma tête. Je ne voulais pas me mettre la pression parce qu’ils étaient tous là. Ça reste un concours normal, si les résultats sont là tant mieux et si ce n’est pas le cas c’est comme ça. C’est le sport. Monter avec de tels noms reste une chance incroyable. Ça fait prendre énormément d’expérience. Le fait de voir beaucoup de parcours de ces cavaliers avant le Grand Prix m’a certainement aidé, et j’ai également pu récupérer quelques remarques sur le parcours avant d’entrer en piste. J’ai beaucoup regardé Scott Brash durant le week-end, en partie parce qu'il monte Hello Vincent, un fils de Consul (Consul Dl Vie Z*GFE, cheval de tête de Ramatou, ndlr). Après, j’ai tout de même observé Steve Guerdat car il reste le numéro un mondial, c’est l’exemple même de l’homme de cheval.

Vous avez récupéré Up to You il y a très peu de temps. Quels sont vos objectifs avec lui ? 

Avec Thomas Rousseau, il a été très bien dressé. Il a toujours la même cadence, la même allure, c’est un régal de le travailler. On ne ressent pas le côté étalon. Il est adorable et n’a vraiment aucun vice. Si je l’ai récupéré c’est principalement pour faire la transition en Jeunes Cavaliers la saison prochaine. Consul va continuer cette année dans les épreuves Juniors comme à Fontainebleau. Pour le moment, avec Up to You, on apprend à bien se connaître et l’on verra l’année prochaine pour l’équipe de France Jeunes Cavaliers.

Après Consul, c'est le deuxième étalon du Groupe France Elevage que vous montez, comment est née cette relation ?

En 2017, pendant le championnat de France que j’ai gagné à Auvers avec Ogalo, j’ai essayé Consul. À cette période j’avais uniquement échangé avec Tony Cadet, son ancien cavalier, je n’avais eu aucun contact avec Arnaud Evain (président du GFE, ndlr). L’essai avait été concluant donc rapidement nous avons acheté sa carrière sportive et il est arrivé à la maison. Depuis, nous sommes rentrés en contact avec Arnaud et quand il a appris que je cherchais un cheval pour les Jeunes Cavaliers, il m’a proposé Up to You. Pour l’instant il ne nous appartient pas, je l’ai en location pendant un an.

Comment gérez-vous leur carrière entre le sport et l’étalonnage ? 

Arnaud m’a dit de faire mon travail comme à l’accoutumée, que je n’avais pas à changer mes habitudes. Quand ils ont besoin de paillettes, ils m’appellent et je dois monter les étalons en Normandie. Cela peut être assez contraignant car pendant trois mois ils ne sont plus à la maison. Mais, pour l’instant il n’y a pas de soucis je peux faire mon travail et aller en compétition.

Côté sport, vous êtes sélectionnée pour Fontainebleau dans quelques jours. Quels sont vos objectifs pour cette compétition ? 

Pour l’instant je suis dans les cinq, la Coupe des nations Juniors se disputera le vendredi, donc ce n’est que jeudi après la grosse épreuve qu’Olivier Bost fera son équipe. Encore une fois, l’objectif c’est d’être dans l’équipe. Je croise les doigts. Si je suis prise pour la Coupe des nations je ne courrai pas samedi et je ferai le Grand Prix dimanche. J’espère voir ce programme se réaliser. Comme je le disais précédemment, tout cela avec Consul qui termine mes années Juniors. Up to You sera également du voyage mais uniquement pour les petites épreuves.

Comment vous préparez-vous pour une telle échéance ? 

Je repars dimanche sur Fontainebleau puisque lundi et mardi nous sommes en stage avec la Fédération. Il se déroule à Barbizon chez Édouard Couperie. Les chevaux logeront sur le Grand Parquet et je ferai des allers-retours. Évidemment, j’ai préparé ce rendez-vous depuis plusieurs semaines avec mon entraineur Manuel Henry à Valbonne. Il me suit depuis de nombreuses années et on s’entend vraiment bien. 

Cette année, vous aviez toutes vos chances de participer à votre premier championnat d’Europe. N’avez-vous pas de regrets que la compétition soit annulée ?

Si, il y a des regrets. Manuel m’avait dit que c’était pour moi cette année. J’étais vraiment prête mais c’est comme ça. Je suis un peu déçue mais face à cette pandémie nous ne pouvons rien faire. C’est bien mieux que nous soyons confinés et que les concours puissent reprendre petit à petit que de faire n’importe quoi et que la situation s’aggrave. 

Comment voyez-vous votre fin de saison ? 

Compte tenu de la situation actuelle, rien n’est certain mais je suis sélectionnée pour le CSIO d’Opglabbeek à la mi-septembre. La sélection n’a pas encore été officialisée mais normalement j’en fais partie. Par la suite, j’ai des concours prévus à côté de la maison, notamment à Nîmes, et il est probable que je passe un week-end à Grimaud fin septembre. Après, nous ne savons pas encore, peut-être que nous irons à Gorla-Minore pour un international. 

En septembre vous rentrez en terminale, comment allez-vous gérer cette année entre le bac et le sport ?

Ce sera plus intense mais je suis en sport études donc j’ai des horaires aménagés. Je ne suis à l’école que le matin de 8h à 13h30 donc j’ai toute l’après-midi pour monter mes chevaux. Par la suite, je compte faire un peu d’études. J’envisage d’entrer dans une école de commerce mais je n’ai pas envie de faire des études toute ma vie. Ce que j’ai envie de faire c’est travailler avec les chevaux en tant que cavalière.