Rentrée des classes pour Urvoso du Roch au CSI2* de Mâcon-Chaintré
lundi 13 septembre 2021

Nicolas Delmotte remettait en route Urvoso du Roch à Mâcon-Chaintré
Nicolas Delmotte remettait en route Urvoso du Roch à Mâcon-Chaintré © Jean-Louis Perrier

Nicolas Delmotte est un habitué des concours organisés dans les belles infrastructures du C.E. de Mâcon-Chaintré (71). Le CSI2*, du 9 au 12 septembre, a été l’occasion de revoir en piste Urvoso du Roch après ses bons parcours sur les épreuves individuelles des Jeux olympiques de Tokyo, malheureusement suivis par des coliques. Le Nordiste est revenu sur ce mauvais souvenir et nous a présenté les perspectives pour le fils de Nervoso, et le reste de son piquet.

Vous avez du renoncer à la compétition par équipe à Tokyo car Urvoso du Roch a été victime de coliques, que s’est-il passé ? 

Urvoso n’avait jamais eu de problèmes de ce genre. Je pense que c’est un ensemble de petites choses, pas un problème par rapport à la météo car ce n’était pas aussi chaud qu’on le craignait, et les écuries étaient très fraîches. Mais c’est un cheval très sensible et il y a certainement eu du stress. Je pense aussi que le foin qui était très spécial, un peu déshydraté, ne lui convenait pas, même si on l’avait essayé depuis un mois. Lorsqu’il s’est mis en colique, on l’a longé, mais ça a recommencé et là on a vu que le colon avait bougé, donc c’était absolument nécessaire de le traiter avec les médicaments qu’il fallait ! J’ai vraiment eu peur qu’on ne puisse pas le ramener… quatorze heures de vol c’est difficile !  On lui a fait beaucoup de mash et il a pu rentrer, il était fatigué mais il a vite récupéré.

Comment avez-vous géré sa remise au travail à son retour ? 

Tous mes chevaux vont beaucoup au paddock et c’est ce qu’on a fait pour lui avec une reprise très progressive : de la liberté, un travail monté très léger, de l’extérieur pour lui changer les idées ! Il n’a pas été arrêté, les chevaux ont besoin de bouger, ce qui compte c’est de les écouter, de sentir leur état de forme !

Pourquoi avez-vous choisi le CSI2* de Mâcon pour son retour à la compétition ? 

C’était très bien dans le timing et c’est un bon concours dans des installations parfaites. J’avais prévu de faire juste deux parcours les premiers jours (sans faute et 5 points sur les qualificatives pour le GP, ndla) et pas le Grand Prix, où je vais monter Baladin des Matis (huitième place à la clé dans un barrage très disputé, remporté par Harold Boisset et Vérone de la Roque, déjà vainqueurs de ce GP en 2020, ndla). Nous rentrons ce soir et lundi nous partons à Aix-la-Chapelle. 

Quel sera votre programme sur ce prestigieux concours où il y a plusieurs grosses épreuves ? 

Mardi je ferai la warm up et ensuite le Grand Prix d’Allemagne, et si tout va bien le Grand Prix Rolex. Je ne serai pas dans l’équipe pour la Coupe des nations.

Vous avez gagné le Grand Prix de la Baule, puis celui de Chantilly, tous les deux sur l’herbe, Aix-la-Chapelle est aussi sur l’herbe, on dit jamais deux sans trois? 

J’aimerai bien ! Mais honnêtement je crains qu’il manque un concours pour qu’Urvoso soit très compétitif. En revanche c’est vrai qu’il est très bien sur l’herbe et je pense que beaucoup de chevaux sont plus à l’aise parce que c’est plus naturel. Même si on a des sols en sable de très grande qualité, j’aime monter sur les pistes en herbe, c’est tellement plus beau ! 

Après Aix-la-Chapelle, quels sont vos projets de concours ?

Pour Urvoso, l’objectif devrait être la finale Coupe des nations de Barcelone, mais ça va dépendre de sa forme, c’est lui qui va me le dire. Pour finir la saison, j’aimerai bien le mettre sur des beaux indoors comme Equita’Lyon et Genève avant de lui laisser une bonne période de repos. 

Vous êtes maintenant vingt-cinquième mondial, pour se maintenir dans le très haut niveau il faut un solide piquet de chevaux. Qui pour épauler Urvoso ? 

Ilex VP (Diamant de Semilly) a treize ans et je pense qu’il a encore deux belles années de concours devant lui ! Baladin des Matis (Padock du Plessis) a commencé les concours à sept ans et il a fallu prendre son temps, mais il a beaucoup progressé et je vais faire le 5* de Grimaud avec lui dans deux semaines. J’ai deux très bonnes juments de huit ans, Denerys du Montceau (L’Arc de Triomphe), ainsi que Dallas Vegas Batilly (Cap Kennedy) que j’emmène aussi à Aix-la-Chapelle, comme Citadin du Chatelier (L’Arc de Triomphe) qui est très compétitif et très rapide. Il fait une saison fantastique (avec près de 60.000€ de gains sur cette année au 12 septembre, ndla) !

Beaucoup de vos chevaux sont en copropriété ou ont été achetés à Laurent Guillet, c’est un système qui fonctionne bien ? 

Oui, on achète beaucoup de jeunes chevaux ensemble car c’est indispensable économiquement de les former pour aller vers le haut niveau. J’essaye de faire investir mes propriétaires sur ceux que je souhaite conserver dans mon piquet, comme ça s’est fait pour Urvoso. Aujourd’hui il faut avoir plusieurs chevaux de Grand Prix 5* pour rester dans le très haut niveau, et les chevaux d’âge sont à des prix inaccessibles !