Sur le sable
jeudi 24 mai 2007

rome7-piste
- Ph. Agence Albran

La vedette incontestée de ce soixante quinzième CSIO de Rome (qu’Olivier Guillon qui a remporté la première épreuve au chrono d’entrée de jeu, veuille bien nous excuser) c’est incontestablement la piste. A en perdre son latin !

Une mer de sable (Ermenonville n’est pas loin !) en pleine Villa Borghèse. Le prix à payer par la FISE (la Fédération Italienne) organisatrice de l’évènement, pour le sauver en pareille et merveilleuse place : Piazza di Siena. C’est que, d’année en année, les cavaliers devenaient de plus en plus critiques et les organisateurs, coincés entre leurs revendications et les exigences de la municipalité romaine, de plus en plus dépourvus. Si le terrain se dégradait c’est que le « jardin » est public neuf mois de l’année après le CSIO, disons de fin mai à février.

Au menu, promenades dominicales, matches de foot ou de pétanques improvisés quand ce ne sont pas les parades des fanfares locales ou des défilés militaires. On prétend y avoir vu rouler des véhicules à chenilles. « Lorsqu’on récupérait le terrain trois mois avant le CSIO, c’était un champ de pomme de terre » explique Marco Danese, directeur technique de la Fédération. Et en trois mois, ensemencement, amendements, arrosages, tontes et tutti quanti permettaient seulement de sauver la face. La surface…pas le fond. Et en fonction de la météo le vieux terrain se montrait plus ou moins serviable. Le pire étant lorsque le soleil était de la partie suivi comme c’est souvent le cas à Rome d’un violent orage. Dur… Au point que dix sept cas de boiteries consécutives à la participation au CSIO de Rome auraient été déclarées à la FEI qui enquêtait sur le sujet après l’édition 2006. Pour Cesare Crocce Président de la FISE ce qui était en jeu c’était le maintien ou nom de l’étape de la Samsung Super League, le challenge inter Coupe des Nations dans la capitale italienne. Gros à perdre. Alors au diable l’esthétique, l’écrin de verdure mythique… Et puis tant que demeurent les pins parasols on s’y croira !

Considérations qui n’ont que peu ému les cavaliers et pas du tout contrarié Olivier Guillon gaillard à chaque sortie. Après s’être adjugé la première épreuve avec la fille de Le Tôt de Semilly, Lubie du Plessis, le nordiste signait un sans faute dans la manche initiale de l’épreuve courue avec barrage aux rênes d’Ionesco de Brekka qu’il montera dans la Coupe des Nations aujourd’hui et « repiquait des deux » dans la dernière épreuve du jour disputée au chrono. Avec bonheur jusqu’à ce que la jument d’Etienne Poillon, à l’abord de l’oxer N°8, en sortie de virage, ne parvienne plus à suivre… Bel engagement également de Kevin Staut qui amenait sagement Ismène du Thot au barrage de la seconde épreuve et le réglait au deuxième rang. Roger Yves Bost attendait pour sa part la dernière épreuve à laquelle il concourrait avec l’étalon de Véronique Vuitton, Jalis de Riverland, pour tirer, malgré quelques ruades intempestives de l’alezan, son épingle du jeu (4ème). Hubert Bourdy sans faute avec le puissant étalon Toulon (Heartbreaker) peaufinait, à l’évidence et en profondeur, son partenariat avec le BWP de onze ans qu’il montera dans la Coupe des Nations.

Assurément le plus chevronné de l’équipe que Gilles Bertran de Balanda animera dans la Coupe ce vendredi, Bourdy se sentait prêt au service notamment au regard des parcours bouclés à La Baule. A ses côtés l’impétrant Kevin Staut, Robert Breul et Olivier Guillon tâcheront d’honorer la réputation acquise à Rome par l’équipe de France au fil des années. Le tirage au sort (7ème sur 9) ne leur est pas défavorable. La concurrence en revanche, à commencer par celle des Allemands, des Américains, des Hollandais champions du monde mais tributaires d’un mauvais départ dans la Samsung à La Baule et donc assez motivés à entendre leur entraîneur Rob Ehrens lors du tirage au sort, le serait davantage…

Photo de Rome par l'Agence Albran - Retrouvez toutes les photos du CSIO de Rome sur www.albran.com