Tokyo 2020 : un point sur les qualifications olympiques
samedi 11 janvier 2020

Jeux Olympiques de Tokyo 2020
Entre cas de dopage et conditions minimales non-respectées, la course à la qualification olympique se révèle plus ardue que prévue © Tokyo 2020

A environ six mois des Jeux Olympiques et alors mêmes que les places par nation se sont toutes jouées l’an passé, un point d’interrogation demeure suspendu au-dessus de la liste des nations participantes, conditions minimales et cas de dopage venant rebattre les cartes.

Le Qatar contrôlé positif à une « substance spécifiée »

La FEI s’est prononcée cette semaine sur les cas de dopage concernent deux cavaliers du Qatar, membres de l’équipe qui avait obtenu son ticket pour les Jeux de Tokyo lors de la compétition qualificative à Rabat en octobre dernier. Le Qatar terminait à la deuxième place derrière l’Egypte et devant le Maroc. Toutefois, des contrôles sur des prélèvements réalisés le 13 octobre ont révélé la présence de Carboxy-THC, un métabolite du Cannabis chez le Sheikh Ali Al Thani et Bassem Mohammed, une substance prohibée selon le règlement FEI en matière d’anti-dopage concernant les athlètes humains (page 7 section 8 de la liste de substances prohibée de l’Agence Mondiale Antidopage (ADA), dont la FEI applique le règlement).

Il faut toutefois noter que cette substance fait partie de la liste dite de « substances spécifiées » de l’ADA, ce qui a toute son importance. En effet, même si ces substances font bel et bien partie des substances prohibées, la sanction encourue par les athlètes peut être plus ou moins grave selon cette sous-classification, par rapport à une « substance non-spécifiée ». Une substance spécifiée, comme le définit l’ADA, est une substance qui permet, sous conditions définies, de justifier la réduction d’une sanction lorsque le contrôle du sportif quant à cette substance est positif. Cette sous-classification vise à reconnaître qu’il est possible qu’une substance se trouve dans le corps d’un sportif par inadvertance, ce qui accorde au tribunal une certaine souplesse pour déterminer la sanction. Il ne s’agit pas nécessairement d’agent dopant moins efficace qu’une « substance spécifiée » et leur présence ne dégage pas non plus le sportif du principe de responsabilité objective selon lequel il sera objectivement responsable des substances décelées dans son échantillon.

Cette souplesse quant à la sanction encourue pourrait ainsi expliquer le fait qu’aucun des deux cavaliers qataris n’a été pour le moment suspendu provisoirement par la FEI.

Et les qualifications olympiques alors ?

Au moment où cet article est écrit, aucune information n’a été communiquée quant à la perte de la place pour les Jeux de Tokyo du Qatar, ce qui aurait permis au Maroc de se rendre au Japon. Contactée par L’Eperon, la Fédération Royale Marocaine des Sports Equestres a indiqué se trouver dans la même position et ne pas en savoir plus. A noter que si l’équipe de Marcel Delestre venait à obtenir ce précieux ticket, il s’agirait de la deuxième situation depuis cette course à la qualification, qu’une nation perd son billet au profit d’une autre. Rappelons-le, le contrôle positif de Nicole Walker à la benzylecgonine, principal métabolite de la cocaïne, lors des Jeux Panaméricains, a permis à l’Argentine de prendre la place remportée par le Canada.

N’ayant pas réussi à obtenir les minimas nécessaires à temps, soit un sans-faute en Grand Prix 3*, une faute en Grand Prix 4* et deux fautes en Grand Prix 5*, l’Ukraine ne pourra envoyer d’équipe à Tokyo. Seuls René Tebbel et Saxo de la Cour remplissaient ces conditions, cheval passé depuis sous les couleurs japonaises chez Mike Kawai. Cela permet à la République Tchèque d’Anna Kellnerova, Zuzana Zelinkova, Ondrej Zvara de se rendre au Japon, respectant elle ces minimas, et ce malgré le contrôle positif d’Emma Augier de Moussac lors de la qualificative de Budapest, la suppression de son score ne changeant pas la donne.

Au niveau individuel, les classements olympiques définitifs ayant été publiés cette année, il semblerait que l’Italie, le Portugal, le Danemark, la Norvège, la Lettonie, la Pologne, la Syrie, la Jordanie, Taipei, le Sri Lanka et la Colombie puissent envoyer un couple les représentant. A voir si chaque nation acceptera l’offre, ou bien la déclinera d’ici le 3 février.