Tous les feux au vert pour Olivier Robert
mercredi 22 septembre 2021

Olivier Robert
C'est cette fois-ci avec son gris, Vangog du Mas Garnier, qu'Olivier Robert s'est imposé à Rome. © Ph. Scoopdyga (archive)

Après ses victoires à Doha et à Madrid, Olivier Robert confirme sa bonne forme du moment avec une nouvelle performance à Rome, cette fois-ci avec Vangog du Mas Garnier. Juste après avoir déposé sa fille à la garderie, ce mercredi matin, le cavalier de 45 ans, qui jongle entre haut niveau et vie de famille, a accepté de répondre à nos questions et de dévoiler ses ambitions pour les mois à venir.

Et de trois pour Olivier Robert en cette année 2021 ! Après ses victoires à Doha, en février, et à Madrid, en mai, accompagné de son bon Vivaldi des Meneaux (Chippendale Z), c'est cette fois avec Vangog du Mas Garnier (Cornet Obolensky) qu'Olivier Robert s'est imposé à Rome, dans le Grand Prix du LGCT. Une nouvelle victoire particulièrement bienvenue pour le cavalier, qui prendra la route de Barcelone, pour la finale Coupe du monde, dans une dizaine de jours. "J'ai passé deux semaines à Rome et l'endroit est sublissime. En plus, nous avons eu la chance d'avoir des conditions météorologiques optimales, et tout s'est déroulé au mieux", indique le cavalier. "Pour le Grand Prix, j'avais choisi Vangog car il est vraiment sur une bonne dynamique. Je suis vraiment fier d'avoir gagné avec lui, après mes deux victoires à Doha et Madrid avec Vivaldi."

Son gris, fils de Cornet, Olivier Robert le forme depuis qu'il a sept ans. "Il est arrivé à maturité très rapidement", poursuit le cavalier. "Il disait "oui" à tout et mon erreur a peut-être été d'aller trop vite avec lui. Je l'ai vite engagé dans de belles épreuves, telles les Coupes des nations. Je pense que ça a été un peu violent et il a eu un coup de mou il y a deux ans. Les parcours sans faute se raréfiaient... Mais, l'an dernier, la crise sanitaire nous a contraint à prendre part au circuit du Grand National et à participer à pas mal de stages fédéraux. Je crois que cette pause forcée a en réalité été bénéfique pour lui : ça lui a permis de redescendre en pression, de reprendre confiance et, aujourd'hui, il est vraiment au top de sa forme et les résultats sont au rendez-vous." Olivier a également pris largement part aux différents CSI à Grimaud, qu'il perçoit, à la longue, comme un excellent entraînement pour ses chevaux. "Il y a tellement de concours à Grimaud, que les chevaux finissent par s'habituer à l'environnement. C'est un peu comme des tournées, ça dote le capital confiance. Vivaldi et Vangog ont capitalisé sur ces rendez-vous."

Barcelone : un podium sinon rien

Olivier ne s'en cache pas, il est prêt pour en découdre en Espagne. "Nous avons une équipe expérimentée, solide, avec des couples qui sont tous familiers de grands championnats", indique le cavalier. "Notre ambition, c'est clairement un podium. Nous pouvons gagner, nous n'avons pas d'excuse !" Car le haut niveau, c'est bel et bien l'objectif de l'Aquitain, qui réalise cette année sa plus belle saison en termes de gains (près de 445000 euros). "Avec Vivaldi et Vangog, âgés de douze ans tous les deux, j'ai deux excellentes cartouches, qui ont encore quelques années devant elles", se réjouit Olivier. "Mon objectif est de participer à de belles compétitions. Et ça commence avec Barcelone... Tous les voyants sont au vert actuellement pour atteindre cet objectif.

En parallèle de son évolution à haut niveau, Olivier Robert garde le souci, comme tout athlète, de former la relève. Et ça n'est pas évident lorsque quasiment tous les week-ends sont consacrés aux CSI5*. "Tous mes chevaux de Grand Prix, Vangog, Vivaldi, mais aussi Tempo ou Quenelle, sont passés par le circuit du Grand National, qui est extrêmement formateur pour les chevaux de huit, neuf ou dix ans. C'est un tremplin vers le haut niveau... Mon erreur, cette année, c'est de l'avoir laissé de côté : j'ai intégré une équipe sur le LGCT et j'ai été contraint de faire des choix... L'année prochaine, il faudra que je revois quelque peu ma copie pour participer à six ou huit étapes du Grand National, pour former les chevaux les moins expérimentés. Cette année, je les ai emmenés avec moi sur les 5*, mais ce n'est pas la même formation." Parmi ses jeunes chevaux prometteurs, Olivier Robert compte notamment sur Hantusha, étalon de neuf ans par Andiamo, - "futur fer de lance au sein de mon piquet", précise Olivier Robert -, et Iglesias DV, hongre KWPN de huit ans par Quasimodo VD Molendreef, "qui a montré de très belles choses".  Parmi ses plus jeunes, l'Aquitain pourra également compter sur El Diarado d'Euskadi (Diarado), sept ans, qui s'est fait remarquer sous la selle de Sébastien Tencé lors des finales des cycles classiques (8e dans la finale des chevaux de 6 ans en 2020). 

Ses deux chevaux de tête et ses plus jeunes, Olivier Robert aimerait bien évidemment les garder sous sa selle. "Bien sûr, on ne peut jamais dire jamais, surtout face à une belle proposition", admet le cavalier. "Mais mes copropriétaires souhaitent pour l'instant conserver ces chevaux, car ils nous offrent de beaux moments de partage..." Parmi les propriétaires d'Olivier, Valérie Cougouille, naisseuse et propriétaire de Vivaldi, ainsi que Meryl et Nicolas de Watrigant, passionnés de course. Cinq personnes travaillent au sein des écuries d'Olivier Robert, qui comptent vingt chevaux. "Avant, nous étions à trente, mais nous avons décidé de réduire et de garder exclusivement ceux qui présentaient beaucoup de qualité." Au sein de cette équipe, Alexandra Fauchet, groom concours, apparait comme l'un des piliers de l'organisation d'Olivier. "Auparavant, je roulais beaucoup. Mais, désormais, c'est Alexandra qui a pris le relais. Et c'est nécessaire : lorsque l'on est en concours tous les week-ends, prendre l'avion apparaît comme une évidence et génère beaucoup moins de fatigue. C'est de cette manière que l'on peut être performant et au sein de ses écuries, le lundi matin, frais et dispo.

Bien équipé, Olivier Robert ne cache pas ses ambitions : avec Vangog, il aimerait participer à la finale Coupe du monde à Leipzig en avril 2022, et entrer dans la course pour les qualifications aux championnats du monde avec Vivaldi. A 45 ans, le cavalier, père de deux enfants, entend bien transformer l'essai et peser en équipe de France. "J'ai deux supers chevaux. Vivaldi a donné satisfaction aux championnats d'Europe en réalisant de bonnes performances, et Vangog est loin d'avoir dit son dernier mot. Il monte encore en puissance..." Concilier vie de famille et évolution à haut niveau, tel est le défi d'Olivier Robert, qui entend bien le relever tout en préparant l'avenir.