Triplé français et triomphe pour Eugénie
dimanche 30 mai 2004

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Eugénie Angot et Cigale du taillis - Ph. Paolo Biroldi

Marseillaise et chants de joie pour Eugénie Angot et Cigale du Taillis, héroïnes du prestigieux Grand Prix de Rome, qui s’est conclu sous des trombes d’eau, mais dans la joie la plus absolue pour les Français, auteurs d’un triplé assez sensationnel.

Michel Robert est 2e, comme à La Baule, avec Galet d’Auzay, et Christian Hermon, qui sait beaucoup mieux jouer avec le chronomètre que la saison dernière, n’est pas passé loin avec Ephebe for Ever. Battue assez nettement vendredi, dans la Coupe des Nations, mais avec des circonstances atténuantes, la bande à Bonneau a fini en beauté. A Milan, voici un mois, en finale de Coupe du monde, elle avait manqué Le podium d’un cheveu-blond-, mais sa fantastique 4e place était déjà un Sacré exploit. Et, ce dimanche à Rome, dans ce cadre sublime et mythique de La Place de Sienne, Eugénie Angot a franchi une nouvelle étape, en remportant l’un des Grands Prix les plus prestigieux. Eugénie et sa Cigale chanteront elles tout l’été ? Iront-elles jusqu’à Athènes. « On doit envisager toutes les possibilités, laisser le jeu le plus ouvert possible », a dit Michel Robert en conférence de Presse, en l’absence de la gagnante et de Jean-Maurice Bonneau, qui avaient dû courir prendre leur avion pour Paris. Cigale du Taillis, 2e le premier jour déjà et au repos durant la Coupe des Nations (Rome était son retour depuis la finale de la Coupe du monde), était en forme et très fraîche. Elle sauta la première manche avec brio. Or celle-ci (13 obstacles, 16 efforts et une dernière ligne assez diabolique) était très difficile et 7 chevaux sur 59 seulement la franchir sans bavure. Parmi eux, 3 chevaux de l’équipe de France. Pas de chance pour Flipper d’Elle qui fit une petite touchette au milieu du triple, sur l’oxer, privant Laurent Goffinet d’une seconde manche qu’il aurait mérité de monter. En revanche, Michel Hécart passa complètement à côté de son parcours avec Quilano de Kalvarie, sortant de piste avec 16 pts : plutôt inhabituel pour eux ! Peut-être Hécart voulait-il éviter sa mésaventure dans la seconde manche de la Coupe des Nations, s’interrogeait Michel Robert « il a cette fois attaqué avec trop d’énergie ».

Le déluge qui s’abattit sur la Place de Sienne entre les deux tours vida les tribunes, mais il fit du bien au terrain (très dur au 1er tour) et donna encore plus d’énergie et de fraîcheur au camp français. Emmenés par Babington, le héros de La Baule, les Irlandais espéraient réussir un triplé, mais il restait un Belge, Demeersman (4e avec Clinton) et trois Français ! Michel Robert fit alors un tour magnifique avec Galet d’Auzay. « J’étais très content de moi et surtout de mon cheval, mais je savais que ce n’était pas joué, que je pouvais être battu par mes deux coéquipiers, car je n’avais pas coupé au plus court. Je ne peux pas encore prendre tous les risques avec Galet d’Auzay (2e à La Baule), mais la régularité est là ». Eugénie Angot allait effectivement grignoter des centièmes ici et là, notamment sur le bidet. Quel panache, quelle élégance et quelle précision : du grand art ! Beaucoup de joie pour Eugénie, pour son père, le fameux compositeur Michel Legrand, présent ici, et tout le staff tricolore. Mais il restait encore Christian Hermon et il faillit créer une nouvelle surprise. Attaquant ce tour avec résolution et fougue, il était dans les temps d’Eugénie et les Français l’encouragèrent à être encore plus audacieux en sifflant. Hermon avala l’avant-dernier, un oxer, à une belle cadence, mais perdit une petite seconde en tournant sur le dernier vertical. Cela lui valait la 3e place. Et un fameux triplé aux Français ! Eugénie Angot succède au palmarès à Bruno Broucqsault, 1er en 2003 ici avec Dilème de Cèphe (que l’on verra à l’oeuvre dès jeudi à Lucerne) et c’est la 11ème victoire française ici ces 25 dernières années. Eugénie est par ailleurs la 6èm femme à remporter ce GP de Rome en 72 ans, la 1ère ayant été l’Américaine Anne Kursinski en 83. Et depuis 1997, il y a eu 4 victoires féminines en huit éditions? Du fifty-fifty

A rome avant le Grand PrixLes photos d'Eugénie Angot, de Michel Robert et de Christian Hermon à Rome sont de Paolo Biroldi