Trois Français au pays des Kiwis
mardi 23 mars 2004

kiwis-pitre
Ph. UNIC

Jacques Bonnet et Ludovic Leygue ont atterri hier matin à Roissy après une semaine au pays des Kiwis où ils ont disputé le concours de Napier. Olivier Jouanneteau, le troisième luron, prolongeait quant à lui son séjour en Nouvelle-Zélande.

Un peu assommés par les 25 h d’avion (escales à Hong-Kong et Auckland) et les 12 h de décalage horaire, les Tricolores affichent tout de même une mine réjouie. Invités au concours de Napier, en Nouvelle-Zélande, et accueillis en véritables héros, ils ont passé une semaine aux petits soins. « Ils sont très chaleureux, explique Jean-Yves Camenen, directeur de l’UNIC. Ils étaient très fiers d’accueillir des cavaliers d’un tel niveau et d’une équipe de France championne du monde. Ils nous ont traité avec beaucoup de sympathie et de considération. Un échange vraiment très enrichissant. Le séjour nous a tous ravis ! Les Kiwis souhaitent d’ailleurs renouveler cette invitation l’an prochain »

Appelé « Horse of the year show 2004 », le concours de Napier est le plus grand rassemblement de saut d’obstacles de l’année. Quelque trois mille chevaux, du petit poney au cheval de haut niveau, se sont relayés sur les différentes pistes pendant cinq jours. Programmé en fin de saison (hémisphère sud donc début de l’automne), cet événement qui accueille les finales nationales mais aussi des épreuves de tous niveaux et des présentations de races, avait cette année intégré trois épreuves internationales. Une dizaine de nations étaient représentées. « Une sorte de petit Hickstead avec de beaux terrains en herbe, précise Jacques. C’était vraiment bien organisé. »

Jeudi dernier, dès leur arrivée, les Français ont essayé leurs chevaux : I Know (Olivier Jouannetau), Exposer (Jacques Bonnet) et What I Am (Ludovic Leygue), trois montures aimablement prêtées par des particuliers. « On n’avait pas des avions de chasse, surtout Ludo, plaisante Jacques, mais de bons chevaux de Pro 2. Le mien par exemple balançait des gros coups de cul au-dessus des barres ce qui a beaucoup amusé le public ! » Entre deux épreuves, les Français ont visité les alentours avec les autochtones. « C’est très joli, précise Jacques. Un paysage assez sauvage, avec des airs d’Irlande et beaucoup de vignobles. »

Avec un total de 12 pts, nos Tricolores ont pris la 2e place de la Coupe des nations, dessinée par le chef de piste allemand, Frank Rothenberger, derrière une équipe bigarrée Americano-Néo-Zélandaise. Jacques Bonnet et Olivier Jouanneteau étaient double sans-faute alors que Ludovic Leygue a écopé de 4 puis 12 pts. « Ils ont vingt-cinq ans de retard dans le niveau des épreuves, reconnaît Jacques. C’est encore un peu l’ancienne école, mais il y a quelques très bons cavaliers tout à fait capables de se frotter aux Européens. »

Si l’intérêt technique était assez limité, les cavaliers et l’UNIC en ont profité pour établir de bonnes relations avec les Néo-Zélandais. « Nous y sommes surtout allés pour prendre des contacts et faire l’inventaire des chevaux de sport, ajoute Jean-Yves Camenen. Ils ont beaucoup d’AQPS mais aucune race dédiée au saut d’obstacles. Ils ont donc envie d’ouvrir une antenne de Stud-book SF. Ils vont lancer une demande officielle » Affaire à suivre...

Invité par la famille Mc Intosh, Xavier Leredde était aussi du voyage. Originaire de Nouvelle-Zélande, la maman de Samantha, voulait rendre hommage aux naisseurs de l’excellente Flèche Rouge qu’ils ont vendue pour la somme astronomique de 3 millions d’Euros en fin d’année au Hollandais Leopold Van Asten. « Cette jument est née d’un croisement à risque, pas basé sur les indices, mais j’y croyais, explique Fernand Leredde. Nous l’avons vendu aux FENCES à six mois. Elle a été démarrée par Eric Navet en Cycle classique, avant d’être achetée par les Mc Intosh à six ans. Je pense qu’elle va aller au Jeux Olympiques avec Van Asten. Ça fait toujours plaisir de voir les rejetons de son élevage au top niveau. »