Uranie de Belcour, le coup de maître de Jean-Claude Lehmuller
mercredi 30 décembre 2020

Steve Guerdat et Uranie de Belcour, l'été dernier à l'Hubside Jumping
Steve Guerdat et Uranie de Belcour, l'été dernier à l'Hubside Jumping © Hubside Jumping

Désormais sous la selle du champion olympique et numéro 1 mondial Steve Guerdat, Uranie de Belcour fait briller au plus haut-niveau le nom de son éleveur, Jean-Claude Lehmuller. Une formidable réussite pour celui qui élève avec passion depuis plus de 40 ans et dont les produits font de plus en plus parler d’eux.

Cela fait plus de quarante ans que Jean-Claude Lehmuller fait naître des chevaux par amour de l’élevage. Cet ancien commercial spécialisé dans l’importation et l’exportation de produits agricoles d’abord installé en Alsace puis en Franche-Comté a, depuis ses dix-huit ans, fait le choix de mener ces deux activités de front, seul. Un emploi du temps chargé mais grâce auquel il réussissait néanmoins à faire naître un à deux poulains par an, débourrés par la suite par un cavalier professionnel à leurs trois ans. Et nombre d’entre eux ont se sont avérés être de très bons chevaux, avec des ISO nettement supérieurs à 100. Parmi les meilleurs d’entre eux, on retrouve tout d’abord Quina de Saint Léger (Diamant de Semilly x Une Royale par Ukase), la mère d’Uranie de Belcour, ISO 129, J’aime Belcour (Rex d’Armanville x Macre des Epis par Feticheur), ISO 135 ou encore Cashmir de Belcour (Le Tot de Semilly x J’aime Belcour), ISO 125, étalon de 8 ans actuellement sous la selle de la jeune et néanmoins très douée Nina Mallevaey, avec qui elle s’illustre en CSI1*. Beaucoup de chevaux nés chez Jean-Claude Lehmuller ont également quitté le pays pour rejoindre l’Allemagne, la Suisse et les États-Unis. Un petit élevage, composé de chevaux aux affixes variés – de Belcour, de Saint Léger ou encore du Boisjoli – mais qui connaît néanmoins de belles réussites.

Uranie la prodigieuse 

Si Jean-Claude Lehmuller a fait naître de nombreux chevaux depuis 1972, Uranie de Belcour reste néanmoins sa plus grande réussite et sa plus grande fierté. La jument est d’ailleurs le fruit d’un croisement soigneusement étudié. « Quina de Saint Léger, la mère d’Uranie qui est également née chez moi, était une jument très grande, avec beaucoup de force et de moyens mais elle avait surtout un caractère souvent difficile à gérer. Elle enchaînait aisément des parcours à 1,50 m mais quand elle avait envie de sauter la lice en plein parcours, elle le faisait sans laisser le choix à son cavalier. Il fallait donc que je trouve un étalon qui puisse compenser cela. Flipper d’Elle s’est avéré être le candidat idéal : il était petit et avait un très bon mental », explique Jean-Claude Lehmuller. De ce croisement est ainsi née Uranie, « une jument avec un potentiel formidable, belle et respectueuse ».

Dès ses débuts, la jument s’annonçait très prometteuse et son cavalier de l’époque, Aurélien Lange, ne tarissait pas d’éloges à son sujet. « Aurélien croyait beaucoup en elle et était certain qu’Uranie prendrait un jour le départ des plus grosses épreuves mondiales », raconte Jean-Claude Lehmuller. Et le cavalier ne s’est pas trompé. Après de beaux classements à ses côtés jusqu’aux épreuves 1,40 m – et notamment une troisième place dans le CSI1* de Wantzenau en 2016 – et deux ans en Italie aux côtés du cavalier Robert Bernasconi, la jument s’illustre désormais sous la selle du numéro 1 mondial, Steve Guerdat. Le couple, formé depuis le mois de juin 2020, s’est d’ailleurs immédiatement montré très performant puisque, lors de leur première compétition dans le Grand Prix de Grimaud ce été, Uranie et Steve ont frôlé la victoire. Malgré un chronomètre exceptionnel qui leur aurait permis d’accéder à la plus haute marche du podium, la barre du dernier obstacle tombe, emportant avec elle l’opportunité d’une belle victoire. Mais le couple a très vite su prendre sa revanche, en remportant par la suite le CSI3* de Riesenbeck et le Grand Prix du CSI2* de Gorla Minore. De quoi assurer prochainement de très belles victoires, auxquelles Jean-Claude Lehmuller souhaite plus que tout assister afin de revoir sa protégée. « J’habite désormais non loin de la Suisse. Cela serait un réel plaisir pour moi de revoir Uranie et d’échanger avec Steve Guerdat. J’espère en avoir un jour l’occasion, lors d’une compétition par exemple »,souligne-t-il. 

Faire perdurer le succès

Compte tenu du potentiel d’Uranie de Belcour, Jean-Claude Lehmuller a choisi, avant que la jument ne soit vendue à une investisseuse italienne il y a trois ans, d’effectuer un prélèvement d’embryons afin de lui assurer une descendance. Associé à Utrillo VD Heffinck (Clinton x Quitana van den Bosrand par Heartbreaker), le premier poulain de l’exceptionnelle jument est donc né en 2017 : Huranos de Belcour. Un étalon prometteur, que son éleveur souhaiterait voir briller autant que sa mère. Pour cela, Jean-Claude Lehmuller souhaiterait également développer une collaboration avec un cavalier installé dans sa région. « Beaucoup de cavaliers professionnels sont en Normandie, loin de la Franche-Comté. J’aimerais réellement trouver quelqu’un dans le secteur qui puisse former mes chevaux et m’aider à les faire accéder au haut-niveau », confie l’éleveur aux très bons produits. De quoi prolonger le rêve de Jean-Claude Lehmuller et, peut-être, revoir son nom dans le carnet des meilleurs chevaux mondiaux.