Le TREC, de la simple randonnée à l’exigence sportive
vendredi 12 mars 2021

Trec
Trec © DR

Loin de cette connotation de balade du dimanche, le TREC tend à devenir une discipline sportive à part entière. Comme l’explique Eve Tixador, conseillère technique nationale, le TREC trouve son origine avec les cavaliers qui ont décidé de faire de la randonnée. Cependant, cette discipline, en combinant trois épreuves n’est en rien une balade de santé et demande exigence et rigueur. En effet, le Parcours d'Orientation et de Régularité (POR) se courant pendant quatre heures de moyenne nécessite endurance, le Parcours en Terrain Varié (PTV) demande de l’agilité alors que la Maîtrise des Allures s’apparente à du dressage.

Les chevaux de TREC, de véritables athlètes 

Pour répondre à cette succession d’épreuves, les chevaux de TREC se doivent d’être de véritables athlètes. Pour cela, Eric Soeuvre, cavalier de l’équipe de France depuis de nombreuses années, travaille ses chevaux de façon régulière. « Je suis sur minimum trois séances montées par semaine et je complète avec une séance de longe les autres jours. C’est ce travail régulier qui amène à mon avis suffisamment de fond pour le POR. » Et, afin que les chevaux réagissent au mieux à tous les efforts qui leur sont demandés les cavaliers ont dorénavant recours à des masseurs. C’est notamment le cas de Corentin Gracient, champion du monde 2018, qui fait appel au service de Mathilde Gobin. Celle-ci intervient hebdomadairement sur sa jument de tête. « Ce ne sont pas des gros massages mais plutôt de l’entretien. On ne cherche pas à augmenter sa capacité à engranger encore plus de travail, on cherche à prévenir un trouble musculo-squelettique et à améliorer son confort », nous précise la jeune professionnelle. Ajouté à cette prévention, Mathilde, devrait cette année suivre les juments de Corentin en compétition afin de s’en occuper entre les épreuves pour favoriser la récupération et éviter d’éventuelles courbatures. Niveau musculature, la responsable de Canequ’in massage Equin et canin retrouve avec les juments de Corentin un mixte entre puissance et d’endurance. « On se retrouve avec des muscles qui sont capables d’encaisser de gros efforts et des muscles qui sont capables d’être puissants et rapides. Ils ont vraiment une musculature complète et harmonieuse. » Ajouté à ces soins, les chevaux de TREC sont régulièrement inspectés par des vétérinaires. C’est notamment le cas lors des stages avec l’équipe de France. Outre une condition physique excellente, le TREC demande aux chevaux beaucoup de courage et de ce fait une confiance totale en son cavalier. Cela se travaille mais la relation du couple est primordiale dans une telle discipline. 

Des cavaliers toujours plus sollicités

Si les chevaux de TREC deviennent de véritables sportifs à chouchouter, les cavaliers prennent consciences qu’ils doivent également travailler sur eux. « Je termine un week-end de compétition avec beaucoup de courbatures (rire). Il me faut trois jours pour qu’elles disparaissent », explique Eric Soeuvre. Pour Eve Tixador, un cavalier qui manque de condition peut être moins lucide et manquer un point de contrôle ou une balise. Afin d’éviter de telles erreurs, le staff fédéral demande aux cavaliers tricolores de dorénavant prendre en considération cet aspect. « Quelques cavaliers sont suivis par des coachs sportifs. On verra sur le long terme s’ils sont de plus en plus performants, cela sera un bon indice pour nous et pour les autres », explique la conseillère technique nationale. « Personnellement, je me mets en condition en faisant du VTT. Ne faire que du cheval pendant des années ne permet pas de se mettre en condition pour tenir le rythme », ajoute le cavalier tricolore. De plus, la France étant attendue sur les championnats, une pression peut s’exercer sur les épaules des vestes bleues. « C’est essentiel de faire appel à des préparateurs mentaux. Grâce à eux, nos cavaliers se connaissent de mieux en mieux, ils arrivent à identifier leurs points négatifs », explique Eve Tixador. 

Un niveau en évolution

Longtemps meilleure nation, la France voit son avantage s’estomper au fil des années. « Les nations comme l’Espagne et l’Italie continuent d’évoluer. Il ne faut pas que l’on se repose sur nos lauriers », réagit Eve Tixador. Pour cela, avec les moyens disponibles, l’encadrement de la discipline organise au cours de l’année différents stages. « Nous essayons qu’ils soient de meilleurs cavaliers, à l’écoute de leurs chevaux et avec des positions correctes. » Afin d’assurer cette progression, des intervenants sont conviés à chaque stage. Nous pouvons notamment citer Véronique Bartin, axée sur la méthode Alexander, Jean Pierre Tiffon pour la préparation mentale, Olivier Hénocque axé sur l’endurance ou encore prochainement Pascal Henry pour le CSO. De plus, comme l’explique Eric Soeuvre, les jeunes comme Corentin Gracient et Solène Rolland arrivent avec un excellent niveau d’équitation et avec des chevaux très bien dressés. Pour lui qui fait maintenant partie des anciens de la discipline, le fait d’être associé aux jeunes tire tout le monde vers le haut. Et, depuis maintenant deux ans, la catégorie junior a été mise en place. « C’est vraiment un plus pour nous. Cela nous permet de détecter plus tôt les talents et d’avoir un vivier de cavaliers plus important », s’enthousiasme Eve Tixador.

Pratiqué à un niveau marginal, le TREC semble tourné dans la bonne direction. « C’est l’une des seules disciplines qui met en avant l’aspect nature. Je pense que l’on a notre carte à jouer là-dessus car l’on voit cette volonté de revenir à la nature. Il faut que l’on continue sur le cap que l’on a pris en intégrant davantage l’aspect physique du cavalier et du cheval », concluait Eve Tixador.