Les années 2010 : la voltige française tient son nouveau roi
mercredi 30 décembre 2020

Lambert Leclezio (à gauche), avec son longeur François Athimon lors des JEM de Tryon, en 2018
Lambert Leclezio (à gauche), avec son longeur François Athimon lors des JEM de Tryon, en 2018 © Eric Knoll

Pour l’avant-dernier rendez-vous de notre rétrospective de la dernière décennie, focus sur la voltige, une discipline qui apporte régulièrement à l’Hexagone son lot de médailles. Suite à la retraite sportive de Nicolas Andréani et Jacques Ferrari, la France cherchait sa nouvelle étoile. C’est alors que Lambert Leclezio est arrivé.

Nation forte de la voltige, la France était de presque tous les podiums au début des années 2010. Deux Tricolores font d’ailleurs partie des têtes d’affiche de l’époque : Nicolas Andréani et Jacques Ferrari. Le premier arbore un palmarès impressionnant composé de huit titres de champion de France, un titre de champion du monde, un titre de champion d’Europe, deux victoires consécutives en finale Coupe du monde, pour ne citer que les plus prestigieux. En 2014, il est battu aux Jeux équestres mondiaux par son compatriote Jacques Ferrari, qui s’empare de l’or et laisse l’argent à Andréani. Ces deux voltigeurs sont réputés pour leur totale maîtrise technique des mouvements, mais aussi et surtout pour leur talent artistique sans pareil. 

De petit prince à roi

Les JEM de Caen en 2014 marquent également l’arrivée d’un petit nouveau dans la voltige de haut niveau, Lambert Leclezio. À seulement 17 ans, il termine sixième de l’épreuve individuelle et court sous les couleurs de l’Ile Maurice, où il est né. Détenteur de la double nationalité mauricienne et française, il est repéré par Jacques Ferrari, qui le prendra sous son aile. Une aide financière exceptionnelle accordée par la FEI permet au jeune homme de déménager en France et de s’installer à l’école de voltige du Mans. Sacré champion du monde en 2016, il demande à changer de nationalité cette même année et intègre le Pôle France de Saumur. En ligne de mire, les Jeux équestres mondiaux de Tryon en 2018.
C’est d’ailleurs sur cet évènement mondial que Lambert Leclezio va entrer dans une autre dimension avec Poivre Vert, déjà couronné avec Jacques Ferrari quatre ans plus tôt. Au milieu d’une concurrence de très haut niveau, le Français livre trois premières prestations remarquables et conclut la compétition en beauté grâce à un dernier test libre époustouflant (vidéo ci-dessous), où il récolte la note astronomique de 9.262, portant ainsi sa moyenne finale à 8.744. L’année suivante, il réitère sa performance aux championnats d’Europe d’Ermelo, cette fois-ci sur Aroc CH, et bat son propre record en obtenant une moyenne de 9.001 points. 

Si 2020 a été pour lui une année totalement morte quant aux compétitions, elle lui a permis de préparer tranquillement sa nouvelle monture, Estado*IFCE, comme il nous l’expliquait dans une interview accordée le mois dernier