Théo Gardiès : « Je voulais être fier de mon trio, et c’est chose faite »
mardi 07 septembre 2021

Théo Gardies et Ultrachic*HDC lors des championnats du monde Senior de voltige
Théo Gardies et Ultrachic*HDC, longé par Sébastien, ont décroché une très belle médaille de bronze à Budapest, lors des championnats du monde Seniors © FEI/Lukasz Kowalski

Budapest accueillait le week-end dernier les championnats du monde Seniors de voltige, lors desquels les meilleurs voltigeurs mondiaux se sont affrontés. Pour sa première participation dans cette catégorie, le Tricolore Théo Gardiès s’est offert une médaille de bronze aussi belle qu'inattendue aux côtés d'Ultrachic*HDC, longé par Sébastien Langlois. Le jeune voltigeur revient sur sa préparation, la manière dont il a vécu ces championnats et présente ses projets pour la suite de sa carrière.

Comment vous êtes-vous préparé pour ces championnats du monde Seniors, qui étaient les premiers auxquels vous participiez dans cette catégorie ? 

La préparation a commencé après ma seconde place au championnat de France du Mans quelques semaines auparavant, où nous avions déjà réalisé trois programmes parfaits. Cette régularité m’a donné confiance en moi avant les championnats du monde. Nous avons eu à peu près trois semaines de préparation, durant lesquelles nous avons perfectionné chaque détail. Cela m’a permis de partir avec beaucoup de sérénité. Mon cheval allait bien et notre duo fonctionnait, malgré le fait que nous n'ayons pas beaucoup tourné en compétition cette saison. Je n’avais initialement pas de prétention de médaille, mais uniquement l’envie de faire quatre reprises parfaites. Je voulais être fier de mon trio, et c’est chose faite. Le premier jour, nous avons laissé Ultrachic*HDC découvrir les lieux afin de ne pas le brusquer et lui permettre de se remettre du transport, qui a duré trois jours. De notre côté, nous faisions régulièrement des réveils musculaires, afin de ne pas rester engourdis. Le lendemain, mardi, nous avons découvert la piste avec le cheval et effectué quelques reprises de voltige en douceur. Le mercredi, nous avions l'entraînement non-officiel sur piste. Le cheval a été excellent, il n’a pas eu peur et était serein. Même si nous sommes habitués à son attitude toujours très calme et posée, nous étions rassurés de voir qu’il n’avait aucune appréhension. Et malgré le petit caractère qu’il peut parfois avoir à la maison, il ne nous a jamais fait faux bond en compétition. Quant à moi, j’étais assez stressé. Mais le cheval a été là pour moi et tout s’est déroulé correctement. Le jeudi, nous avions les épreuves imposées, le vendredi, une première épreuve libre, le samedi, l'épreuve technique et la finale libre le dimanche. La chance nous a souri et chaque épreuve a été un véritable bonheur. Je tiens d'ailleurs évidemment à remercier mon longeur et tous les membres du staff qui m’ont accompagné, ainsi que mes entraîneurs, Bamdad Memarian et Jacques Ferrari.

Comment appréhende-t-on la compétition lorsque l’on se trouve dans le trio de tête, face au triple champion du monde Lambert Leclezio ?

J’étais classé quatrième durant les premières épreuves. Quentin a malheureusement eu quelques soucis dans son épreuve libre et ses fautes lui ont coûté assez cher. C'est à ce moment-là que la pression a commencé à monter pour moi puisque, après son passage, je me suis retrouvé à la troisième place au classement provisoire. Quand on est quatrième, on peut se permettre de tout tenter, car nous n’avons pas grand-chose à perdre. Mais quand on est troisième, les choses sont différentes. C’est à cet instant de la compétition que mon regard sur le championnat à changé. Je savais que j’avais parfaitement mes programmes dans les pieds, je connaissais mes mouvements par cœur. Et j’ai une entière confiance en mon cheval et en mon longeur. J’avais initialement un saut à réaliser lors de ma reprise, mais j’ai préféré ne pas prendre de risque pour éviter de tomber, car il fallait que je fasse quelque chose de propre, sans trop en faire pour être certain de conserver cette troisième place. Avant la compétition, nous savions tous que Lambert avait de grandes chances de gagner et, Quentin et moi, nous savions que nous avions quelque chose à jouer pour être juste derrière lui. Mais comme très peu de personnes nous avaient vus durant la saison à cause du manque de compétitions, nous devions commencer par observer comment les juges nous regardaient. Après les épreuves imposées, je pensais que cela allait être compliqué de décrocher une médaille car les concurrents avaient de l’avance sur nous en matière de reconnaissance : tous sont bien connus des juges et se sont déjà fait un nom dans le milieu de la voltige. Alors cette médaille de bronze reste une excellente et magnifique surprise, et nous en sommes tous extrêmement fiers.

Vous êtes médaillé de bronze lors des championnats du monde de voltige Seniors à seulement 21 ans. Quel a été votre parcours pour en arriver là ?

J’ai commencé à monter à cheval à Paris, où je pratiquais l’équitation classique et je me suis ensuite dirigé vers la voltige. Premièrement, je me suis dit que la voltige serait un bon moyen pour progresser en équitation. Je voyais cette discipline comme un moyen de me perfectionner, mais pas comme un sport à part entière. J’ai commencé à l’âge de neuf ans, au village équestre de Conches, en Normandie. J’ai directement accroché et troqué l’équitation pour la voltige. Jusqu’en 2016, j’étais dans un haras qui n’avait pas les moyens de me faire atteindre le haut niveau dans cette discipline, même si le club m’a toujours accompagné du mieux qu’il pouvait. Alors je suis rentré à l’école de voltige du Mans, en sport études, dès 2017. Puis j’ai été repéré pour intégrer l’équipe de France, et j'ai participé à mes premiers championnats du monde Juniors en 2018, où j’ai été classé septième en individuel. Cette année, j’ai décroché mon DEJEPS et j’entre à l’université d’Angers en septembre pour commencer des études en biologie. Je n’arrête pas la voltige mais je serai désormais moins présent car, aujourd’hui, j’ai de bonnes bases dans ce milieu qui me permettent d’être plus serein pour l’avenir.