Bo Ranch, une première magistrale
lundi 16 septembre 2019

Bastien Bourgeois
Bastien Bourgeois rendait hommage à Bo Ranch pour la qualité de ses installations et de l’accueil réservé aux chevaux et cavaliers © Hautmann Photo

Du 10 au 15 septembre, Bo Ranch, le tout nouvel établissement de La Chapelle-la-Reine dédié au reining proposait, à l’occasion de son inauguration, sa première rencontre internationale.

En 2012, Grégory Morat, entrepreneur et mordu de sports mécaniques, découvre une nouvelle passion, le reining. Sept ans plus tard, après quatre ans de travaux, il inaugurait aux côtés de son épouse Claire l’une des plus impressionnantes installations d’Europe dédiées à la discipline, baptisée Bo Ranch.

Avec deux manèges, de 100 x 50 et de 75 x 33, près de 130 boxes, dont une écurie « VIP », avec douche chaude pour les chevaux et solarium, et un club house de 750m², Gregory et Claire n’ont pas lésiné sur les moyens pour accueillir les 130 Quarter Horses venus de neuf pays d’Europe ce week-end. Au programme des réjouissances, une compétition réservée aux chevaux de 6 ans et plus (Maturity), dotée de 55 000$ grâce notamment à Elemanta, Horse Stop, Kilpfel et Lisec, Châteaux Partners et Guidolin Wafer fioc.

Si les épreuves ont débuté dès le mercredi, l’un des moments marquants de cette première manifestation d’envergure restera la soirée d’inauguration mémorable du samedi soir, lors de laquelle près de 1000 repas ont été servis.

Tout sourire, Gregory se disait ravi des retours positifs de ses hôtes : « Les gens ont l’air très contents de découvrir ce nouvel endroit, ça a l’air de fonctionner ». Déjà tourné vers l’avenir, il le soulignait : « Lors de la soirée d’inauguration, les voitures étaient garées jusqu’au centre de La Chapelle-la-Reine, pour la prochaine fois, il va falloir que je revoie les choses en termes d’infrastructures. Huit personnes étaient chargées de la sécurité, mais heureusement, les gens se sont très bien comportés, et pourtant le reining est une discipline confidentielle. Je suis ravi car j’adore Fontainebleau qui est considérée comme la capitale du cheval, et Bo Ranch permet de proposer une activité équestre supplémentaire et un sport incroyable, à condition de le pratiquer correctement. Nous avons eu la chance d’avoir des cavaliers du plus haut niveau mondial (à l’image de Bernard Fonck, champion du monde à Tryon en 2018, ndlr) qui ont trouvé l’endroit magique, et m’ont confié n’avoir jamais vu de telles installations, ni en Europe, ni aux Etats-Unis. C’est un grand plaisir et une grande fierté de permettre à des gens de découvrir cette discipline ».

Gregory le précise, les installations sont réservées aux propriétaires de chevaux de reining qui bénéficient du coaching de Stefano Ferri, champion du monde Intermediate 2017 lorsqu’il n’est pas en concours, et de constituer une équipe d’amateurs (non Pro selon les catégories NRHA), d’autant qu’il est spécialiste en débourrage des jeunes chevaux.

Sur le plan sportif, dans la catégorie « Maturity Open » réservée aux professionnels, le Belge champion du monde en titre Bernard Fonck affirme sa domination en level 4 - la plus haute catégorie - aux commandes de Shiners Voodoo, tandis que le Français Bastien Bourgeois, 2ème en level 4, remporte les level 2 et 3 en selle sur ARH Trashy Surprise. Basé à Bellengreville près de Dieppe dans ses écuries baptisées Blue Barn, il accueille une trentaine de Quarter Horses d’élevage et au travail. Le cavalier assume également depuis un an-et-demi la fonction de président de NRHA France, organisme fondateur du Reining en 1966 aux Etats-Unis, sous l’égide de laquelle se déroulait cette compétition.

Bastien le précise, ce circuit est différent de celui proposé par la FEI qui se contente d’organiser les championnats d’Europe et les Jeux Mondiaux, mais ne met pas en place suffisamment de compétitions. A noter, l’ambiance n’est pas au beau fixe entre la FEI, qui en 2018 annonçait supprimer son agrément à l’American Quarter Horse Association (AQHA) et la National Reining Horse Association (NRHA), pour ne pas avoir respecté les consignes imposées en termes de lutte anti- dopage, d‘âge des chevaux engagés, ni les exigences fixées aux officiels de compétition. Les discussions sont en cours pour tenter de renouer les liens entre les deux entités.

Bastien Bourgeois le précise, « cette discipline reste confidentielle avec 300 membres en France, car il faut dès le départ un cheval avec un excellent mental et un dressage très avancé, car les « patterns » (enchaînements à exécuter, ndlr) sont les mêmes pour tous les niveaux, contrairement au CSO par exemple qui propose de toutes petites épreuves pour les cavaliers en formation. Ces chevaux-là sont rares et chers.  De plus, il faut un sol particulier et les structures susceptibles de nous accueillir sont très peu nombreuses en dehors du petit Far West au Pin en Seine-et-Marne et Quarter Farm à Mosslargue dans le Haut-Rhin ». Le cavalier rendait hommage à Bo Ranch pour la qualité de ses installations et de l’accueil réservé aux chevaux comme aux cavaliers, et pour avoir réussi à attirer du public autour de l’événement.

Les résultats complets : ICI.