Course fangassière...
mardi 01 juillet 2008

fangassier
Ph. F. Chevallier

Il est une tradition attendue chaque année avec impatience par les amateurs du genre et les visiteurs avertis il s'agit de la traditionnelle course fangassière. Cette course se déroule dans la « fange » c'est à dire la boue en provençal.

Elle est organisée lors de la fête du cheval aux Saintes maries de la Mer qui cette année rendait hommage à François Brouzet un éleveur décédé il y a un an.

La course fangassière existe depuis les années 1980 imaginée et conçue à l'époque par Denys Colomb de Daunant au Mas Cacharel. Celui-ci avait pour ambition de montrer le caractère courageux et la rusticité des chevaux de race Camargue travaillant toute l'année dans des conditions souvent difficiles. Elle était alors ouverte à plusieurs candidats qui s’affrontaient en ligne dans des « trous » creusés profondément et dans des conditions très ardues. Pour des raisons de sécurité, mais la course n'en conserve pas moins son caractère spectaculaire, ce sont seulement des groupes de quatre cavaliers à chaque fois, âgés de 18 à 35 ans qui aujourd'hui y participent. Soit une vingtaine de concurrents au total où le premier de chaque groupe concourt à la course finale : des habitants du pays qui travaillent autour du cheval, gardians professionnels ou amateurs et accompagnateurs de tourisme équestre. Le risque de blessure est ainsi fortement diminué sans enlever la combativité des concurrents dans une course très disputée qui fait appel à la force de caractère des cavaliers et de leurs montures. Ceux-ci doivent en effet sur un parcours de 200 m franchir quatre trous en pente (creusés pour la manifestation par des agents de la mairie) profonds de 1 m à 1,20 m, rappelons-nous que le cheval Camargue mesure au garrot entre 1,40 m et 1,55 m. Offrant des images assez incroyables de cavalier et de chevaux au trois quart immergés dans l'eau !

 

Cette année le vainqueur est Norbert Soulier gardian amateur qui a concouru sur Idaho cheval de 12 ans. Il n'en était pas à sa première victoire de l'année puisque celui-ci a déjà gagné une autre course traditionnelle la course de la Taïole .« Le passage le plus délicat reste le premier trou car les chevaux refusent ce passage en courbe, ils essaient de s''y dérober » explique Norbert Soulier. Par contre une fois dans l'eau les chevaux sont portés par l'eau mais en gardant le contact avec le sol et en développant au maximum leurs qualités de compétiteur. Une course à ne pas rater...