Le cheval : un combat de femmes
samedi 04 décembre 2004

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ph : cavadeos.com

Qu’elles soient jockey, vétérinaire, guide de tourisme équestre, épouse ou mère de professionnel du cheval, gestionnaires… les femmes sont de plus en plus nombreuses dans la filière. L’Association « Cheval : Passion de femmes » était présente au Salon du Cheval...

...le Samedi 4 décembre, l’occasion de présenter leurs actions.

« Cheval : Passion de femmes » c’est cette association qui est à l’origine du débat « cheval au féminin » du 18 juin 2004 à l’Assemblée Nationale dont l’objectif était de diriger les projecteurs sur la population féminine de la filière qui représenterait 38% de la filière équine d’après Michel Grente, chargé de mission pour l’association. « L’univers du cheval a été construit par des hommes et pour des hommes » explique Martine Della Fasquelle, présidente de l’association créée en 1999 et qui compte aujourd’hui plus de 1000 adhérents.« Il ne prend pas en compte les spécificités des femmes travaillant dans le secteur». Or, si cet univers est encore très masculin, il tend à se féminiser. D’où le combat de ces femmes pour la reconnaissance de leurs droits.

Christine Leeders raconte : « Je suis femme d’entraîneur de chevaux de course, j’ai épousé un passionné. Nous avons commencé avec trois chevaux, nous en avons maintenant une centaine. Il a fallu beaucoup de travail : pour ma part, les relations publiques, la comptabilité, l’administratif. Il faut aussi s’occuper des jeunes travaillant dans l’établissement. Pas de fiches de paie alors que l’on travaille 12 heures par jour et tous les jours de la semaine». La situation a évolué en 1999 puisque ces « femmes de » bénéficient depuis 1999 du statut de conjoint collaborateur avec pour conséquence de nouveau droits : droits en terme de retraite, de succession...

Véronique Peschard, guide de tourisme équestre depuis 15 ans témoigne : « J’ai ouvert mon établissement en 1989, il accueille aujourd’hui plus de 100 chevaux et propose des randonnées dans toute la France. Ce métier est très physique : il nous arrive de quitter le foyer pour 5, 10 ou même 15 jours. Il faut tenir le coup, or la couverture « santé » n’est pas assez importante ».

Autre problème emblématique de la situation : la maternité.

«Quand je suis tombée enceinte, j’ai demandé une aide parce que je ne pouvais pas monter à cheval jusqu’à mes 7 mois et demi de grossesse. On m’a répondu que je ne pouvais pas arrêter de travailler avant le délai légal et d’essayer d’obtenir un congé maladie. Sauf que les médecins me disaient que je n’étais pas malade, juste enceinte. Donc pas d’arrêt maladie ». Et Véronique de conclure « Une maternité coûte cher dans ce secteur puisque l’établissement doit continuer à tourner. J’ai dû embaucher quelqu’un à mes frais pendant les six derniers mois de ma grossesse».

« Travailler dans le milieu du cheval, c’est un véritable sacerdoce » confirme Martine Della Fasquelle.

Le débat suscité à l’Assemblée Nationale aura cependant permis d’ouvrir plusieurs dossiers : celui du statut conjugal, de la santé des femmes travaillant dans le secteur notamment. Michel Grente s'enthousiasme : « La population féminine dans la filière Cheval est un formidable atout pour l’avenir d’un secteur agricole en pleine expansion ».