Le manège enchanté
dimanche 10 décembre 2000

G. Cotrait au salon
Georges Cotrait

Non, il ne s’agit pas de l’histoire d’un chien à qui l’on fait manger des sucres. C’est plutôt celle d’un homme, Georges Cotrait, celui qui a fait découvrir la voltige à près de 70 000 enfants, en 25 ans de Salon. Un psychologue hors pair pour une approche différente de l’équitation.

Vingt cinq ans. Cela fait 25 ans que Georges Cotrait « hante » les halls du Salon du Cheval. Accompagné de ses poneys Haflingers fétiches, il a permis à plus de 70.000 enfants de découvrir l’équitation… en moins de dix minutes. « J’arrive à mettre en confiance n’importe quel enfant », nous explique-t-il. Tous dressés par ses soins, ses poneys d’instruction répondent à la voix de leur maître. Ils s’occupent ainsi du « patron » et moins du cavalier qui parfois a des réactions et des gestes inattendus. G. Cotrait applique le principe du cirque. Sur une piste circulaire de 13,5 m (la taille réglementaire d’une piste de cirque), « le cheval se sent en sécurité. Si on entre dans sa sphère de sécurité, il a forcément peur », précise-t-il. Placés entre un « métronome » - le cheval de tête – et un « sert-file », les jeunes chevaux se sentent plus rassurés.

« Ce qui fait rêver les enfants, c’est le galop », lance-t-il. Oui mais c’est aussi leur plus grande peur. Combien de fois n’a-t-on pas entendu pleurer un petit frère ou petit cousin embarqué sur son poney ? « Le problème, c’est que nous sommes face à une génération de jouisseurs. Ils veulent tout, tout de suite. » Or, apprendre à monter prend du temps. C’est pourquoi G. Cotrait a eu l’idée géniale de permettre à nos petites têtes blondes de découvrir pas, trot, galop en 7 ou 8 minutes. Pari un peu fou mais ô combien réussi. Grâce à ses poneys menés à la voix, il libère le cavaliers de l’appréhension de sa monture. Il dispose ainsi de tous ses moyens pour se mettre en confiance. « Je les rassure aussi beaucoup en leur parlant. Je me souviens qu’à Vérone, en Italie, ne parlant pas italien, une personne traduisait mes propos. Mais ça coupait ma relation avec les enfants. Alors on a arrêté la traduction et je leur ai tout expliqué par les gestes. » Le langage de l’équitation est donc universel.

Pourtant, au Poney Club de George Cotrait, à Firfol (près de Deauville), on retrouve trois dominantes : la voltige (comme au Salon du Cheval), la randonnée (une discipline à part entière) et le polo. Ce sport, réputé violent et réservé à une élite, s’est progressivement installé dans la vie de G. Cotrait. Les règles ancestrales interdisaient sa pratique par des enfants. Il fallait au bas mot six chevaux changés toutes les six minute trente. Impensable ! Les Anglais ont alors inventé un nouveau règlement où seul un bon poney était requis. Après des stages chez des spécialistes en la matière, la famille Macaire, il a adapté les techniques habituellement observées chez les professionnels. Résultat : près de 80 pratiquants rien que dans son club. Aboutissement de cette « nouvelle » discipline, la création d’un championnat de France en 1995 par Serge Leconte, président de la DNEP, où furent repris les principes de catégories d’âge et de taille de poney. Un vrai petit manège enchanté au cœur du pays d’Auge, que vous pouvez retrouver au Salon du Cheval jusqu’au 10 décembre (hall 5.1).