Louer un cheval
vendredi 16 mars 2001

louer un cheval
Ph.: Virginie Pelagalli © V. Pelagalli

Être un cavalier sans monture et avoir l’esprit d’aventure ne sont pas incompatibles. Louer un cheval se révèle presque toujours possible, à condition d’accepter quelques contraintes. Inutile d’imaginer un catalogue de “locations saisonnières” consacré au cheval. Parvenir à louer une monture pour ses loisirs estivaux est une quête plutôt confidentielle. Et il y a tout lieu de s’en réjouir. Brutes épaisses, néophytes présomptueux...

Nos montures bien-aimées ne sont pas à mettre entre toutes les jambes. Il en va de la sécurité de tous. Pour arriver à ses fins, le cavalier devra montrer patte blanche !

La plupart des loueurs interrogés disent ne confier leurs chevaux qu’à des habitués, qui leur offrent toutes les garanties, aussi bien équestres que morales. Les rares qui s’autorisent une location a priori “à l’aveuglette” se prémunissent tout de même en s’assurant des compétences réelles du postulant, à commencer par un niveau équestre minimum (niveau Galop 4 conseillé). Et de pousser les recrues dans la carrière pour une évaluation au peigne fin. Être à l’aise aux trois allures, prudent et responsable suffit en général à calmer les inquiétudes. De la sortie pique-nique à la journée au circuit organisé, l’éventail des prestations est assez restreint. Il faut compter de 250 à 320 francs (38,11 à 48,78 euros) par jour pour la location du cheval (comprenant parfois, sur les circuits organisés, la nourriture et hébergement du cheval à l’étape). Certains fonctionnent à la façon “roulotte” avec un circuit et des étapes préétablis en gîtes ou chambres d’hôtes. Une garantie pour l’hébergement du cheval et une assistance efficace à tout moment. D’autres proposent des sorties en autonomie mais seulement à la journée, et lorsque des inconnus passent le seuil de l’écurie, ils sont d’office confiés à la surveillance des habitués. Rares sont donc les loueurs qui laissent aux cavaliers le soin d’organiser leur propre circuit en toute liberté.

Il existe quatre catégories dans le classement des professionnels de l’équitation, établi par la Fédération française d’équitation. La quatrième a été créée pour les établissements ne possédant pas de moniteur d’État (BEES), comme les loueurs d’équidés. Selon l’arrêté du 9 mai 1974, ces derniers n’ont pas le droit de dispenser de formation équestre ni même d’accompagner des clients lors d’une randonnée. Attention de ne pas confondre le statut de loueur d’équidés et le métier d’accompagnateur de tourisme équestre, qui implique une formation à part entière. La location des chevaux est sujette à de nombreux conflits. Le statut juridique du loueur peut avoir des conséquences que le cavalier a tendance à n’envisager que lorsque le problème survient. L’activité du loueur obéit aux règles du louage de biens immobiliers et du bail à cheptel. Il a avant tout l’obligation de fournir une monture exempte de vices et un harnachement en bon état. Mais, surtout, il loue son cheval à quelqu’un qui est censé le maîtriser. Il ne saurait être tenu pour responsable des dommages que pourraient entraîner l’incompétence ou les erreurs de son client. Vis-à-vis des tiers, la garde et donc la responsabilité des chevaux qu’il loue sont transférées à ceux qui les utilisent. Le cavalier qui commet sciemment une imprudence sera reconnu responsable de son propre dommage. D’où l’obligation d’être assuré en responsabilité civile (RC), mais aussi en individuelle accident.Difficile de faire la part des choses entre l’obligation de sécurité du loueur et la part de responsabilité du client. À qui la faute lorsqu’un cheval s’emballe : à un animal retors ou à un piètre cavalier ? Afin de limiter les risques, il est donc indispensable d’évaluer les compétences de chacune des parties. Le loueur est tenu de confier un cheval adapté à son client et le cavalier a intérêt à n’accepter que le cheval avec lequel il se sent véritablement en confiance. À la décharge des loueurs, il n’est nullement dans leur intérêt de mettre à disposition des montures qui n’auraient pas fait leurs preuves. Une trentaine de “loueurs d’équidés”, répartis sur vingt départements, sont répertoriés dans ce guide. Mais cette liste n’est en aucun cas exhaustive, car certains organisateurs de randonnée acceptent le cas échéant de confier des chevaux à leurs habitués. Cet été donc, soignez votre image et faites-vous connaître. L’année prochaine, votre nom figurera peut-être sur la liste des clients de confiance !