Un marché à deux vitesses
mardi 04 novembre 2003

Fences-n°66
Etoile d'Elle (Type d'Elle et Lady d'Elle), et sa fille Native du Reverdy - Ph. P. Costabadie

On peut considérer que le marché Fences se déroule en deux temps. Tout d’abord les ventes de services du vendredi, qui permettent à de grands élevages (l’élevage des Etisses, du Paulois, du Murier et des Hauts de France) de diminuer leurs effectifs

« On ne peut mettre cette première journée de ventes de services sur le même plan que les deux autres jours. Il est évident que lorsqu’on présente une trentaine de chevaux d’un élevage, la sélection est moins rigoureuse », affirme Arnaud Evain, l’un des six associés organisateurs de ce marché. L’ambiance de la journée de vendredi était assez morose avec, sur la centaine de chevaux présentés, pas moins de 39 rachats. Les prix d’adjudications se sont échelonnés de 1500 à 20 500 euros (pour Myrtille Paulois par Dollar du Murier). Certains éleveurs ont déploré le fait d’avoir vendu des trois ans à un prix inférieur au coût de la saillie… de quoi franchement désespérer. M. Grosz, du Haras du Paulois (en cessation d’activité), s’estime quant à lui satisfait : vec 24 chevaux, il présentait la totalité de son effectif et a vendu 19 chevaux « à un prix moyen de10 000 euros, ce à quoi je m’attendais, même si je déplore bien sûr la morosité du marché ». Arnaud Evain estime qu’ « environ 20 % des vendeurs ont vendu très en-dessous de ce qu’ils espéraient, pendant que 20 % ont vendu nettement au-dessus. C’est ce qui a permis d’équilibrer les résultat de ces ventes ». Un constat qui semble s’appliquer à la totalité du week-end .

Les ventes de service du vendredi mises à part, le chiffre d’affaire global est en hausse de 13%. Le nombre de chevaux vendus au marteau est en hausse lui aussi, avec 64 % contre 61 % en 2002. Le prix moyen des chevaux vendus est de 9 700 euros, contre 10 300 l’an passé.(davantage de transaction se sont effectuées à des prix situés entre 5 000 et 6 000 euros). Une baisse que l’on perçoit notamment chez les 3 ans, avec un prix médian* évalué à 8 100 euros (contre 10 700 euros en 2002). Cependant, la proportion de 3 ans vendus est en hausse, avec 78 % contre 67 % l’an passé. « Davantage de vendeurs ont accepté une offre basse plutôt que de racheter leurs chevaux », explique Arnaud Evain. Sur les 109 trois ans présents, 32 ont tout de même été rachetés par leur propriétaire.Du côté des foals, 51 % ont été vendus, contre 56 % l’an passé, pour un prix médian de 6900 euros contre 7700 l’an dernier. « On est finalement en présence d’un marché à deux vitesses. Les très bons chevaux bien préparés se vendent bien (135 000 euros pour Neo Daunou, 2 ans, né chez Jacques Levallois (61), par Kannan (KWPN) et Dirka du Revel par Papillon Rouge). Les autres ont du mal à trouver acquéreurs. Concernant les chevaux de trois ans, les acheteurs étaient ce week-end surtout des professionnels, qui calculent combien le cheval leur coûtera avant qu’ils puissent le revendre dans un an ou plus. Il est temps de trouver un moyen de réconcilier l’amateur et le cheval de trois ans ».

*(la moyenne des prix, en ne tenant pas compte des prix les plus élevés et les plus bas)

Photo d'archive