Union des Polos de France : bilan positif
dimanche 10 décembre 2000

Philippe Perrier UPF salon
Philippe Perrier, Dir. Tech. Union des Polos de France

Philippe Perrier, Directeur Technique de l’Union des Polos de France, nous l’a confirmé. Le polo français va bien, merci. Et ce n’est que le début.

J.-P. Perrier a débuté jeune, aux alentours de 16 ans. A l’époque, il travaille chez J. Sarrazin, dans l’Ain, en compagnie notamment de Michel Robert et Denis Morand. A la mort de M. Sarrazin, il choisit de continuer pendant quelque temps puis décide de partir s’installer avec D. Morand non loin de là. Un élevage voit le jour, près de Bully dans le Rhône, consacré aux Selle Français. Philippe a d’ailleurs le bonheur d’y héberger Galoubet A. On sait maintenant sa carrière extraordinaire. Puis vient alors le temps de l’élevage de chevaux de course, orientés steeple. Progressivement obligé d’arrêter de monter, il fait naître de grands champions. Le chemin est alors tout tracé.

Rien ne l’y prédestinait. Philippe décide un jour d’arrêter la production de Pur-Sang pour se consacrer au polo. Très vite passionné, il organise des compétitions, notamment de paddock polo. Cette variante, aux règles originales propose de jouer avec une balle gonflée sur un terrain plus petit qu’à l’accoutumé. Mieux adapté à une pratique plus amateur, ce sport s’est tellement développé qu’il lui permet d’organiser un championnat de France. Avec l’aide de l’UPF et de la Fédération des Sports Equestres, ces manifestations connaissent un franc succès. Philippe Perrier écume la France, le public est enthousiaste. Couronnement de ces efforts, la présence de 10.000 personnes à Lyon lors de la finale. Un beau jour, Patrick Guerrau Hermès le contacte pour lui soumettre un projet : monter une écurie de polo au cœur du pays de Chantilly. Très vite séduit, Philippe saute le pas. C’est devenu aujourd’hui la plus grosse écurie de polo de France avec en moyenne 80 pratiquants.

Ramenée d’Asie par les anglais, puis exportée en Argentine, cette discipline connaît de grands changements depuis une dizaine d’année. D’ordinaire confinée à une partie de la population plutôt favorisée, elle s’ouvre progressivement et propose une alternative aux autres sports équestres traditionnels. Par l’adaptation des règles originales aux enfants, la Grande-Bretagne a joué un rôle indéniable pour son développement. L’UPF participe activement en France à la démocratisation du polo et l’a fait en tout cas sortir des « cours des châteaux », s’amuse M. Perrier. De plus, grâce au concours du Poney-Club de France, le polo à poney a pris un essor considérable. Par des règles élaborées en commun, calquées sur ce qu’avaient écrit les anglais, la France parvient à réunir en 2000, 24 équipes aux championnats de France poney à Lamotte-Beuvron. Un exploit !

C’est la réputation du polo. Mais c’est un peu une légende. « On a l’impression que le polo coûte cher, mais en fait se sont simplement les gens qui le pratiquaient qui étaient riches », précise M. Perrier. En fait, le polo de compétition, au niveau national ou international, coûte, il est vrai assez cher. Cela est du majoritairement à la nécessité de disposer de plusieurs chevaux pour un seul et même match, chevaux qu’il faut entretenir le reste du temps. Or, les nouvelles règles, notamment le poney polo, permettent de limiter ces frais. Une seule monture suffit à jouer des compétitions de petit niveau. Bien souvent, le club met à disposition un cheval et un maillet. Le cavalier n’a plus qu’à acquérir une bombe et des genouillères. Des dépenses somme toute limitées, peut-être plus qu’en équitation classique.

Les essais de collaboration avec la Fédération Française d’Equitation n’ont jusqu’à présent jamais rien donné. L’UPF n’avait pas les mêmes envies ni la même mentalité. L’ouverture se fait progressivement. Le credo de Philippe Perrier : « les gens doivent s’amuser ». Mais la discipline représente aussi un marché important tant au niveau des pratiquants que de l’économie des chevaux. C’est pourquoi il est important de développer la présence de la France sur les terrains des compétitions internationales majeures. Ce ne sera pas pour 2001, puisque l’équipe tricolore est arrivée dernière des éliminatoires de la zone Europe. Seules l’Espagne et la Grande-Bretagne participeront aux championnats du monde en Australie en avril prochain. En attendant, l’UPF a déposé un dossier afin de postuler pour l’organisation de ces mêmes championnats en 2004. Espérons que cette fois, ce sera la bonne.