Endurance : de l'élevage à la performance
lundi 23 septembre 2019

Spirit de Crouz et sa fille Idhabi de Givarlais
Spirit de Crouz et sa fille Idhabi de Givarlais, présentée par Julien Montenon et sacrée championne de France de sa catégorie © Delphine Henocque - Elevage de Givarlais

En parallèle de la CEI 3* 160km de Florac-Ispagnac, se tenait la finale du concours d’élevage de chevaux d’endurance, organisée par l’Assocation du cheval arabe (A.C.A). 42 poulains sélectionnés de 1, 2 et 3 ans ont été présentés à un jury composé d’experts, à l’instar de la juge Ecaho Sport (spécialiste du show et de l’endurance), Bérengère Fayt (Belgique), Christian Quet et le Docteur Jack Bégaud. L’occasion était idéale pour rencontrer Stéphan Chazel, président de l’A.C.A. Entretien.

Six catégories étaient représentées : 3 ans (femelles + mâles & hongres), 2 ans (femelles + mâles & hongres) et pour la 1ère fois, 1 an (femelles + mâles & hongres). Ce concours de Modèles & Allures à orientation endurance, ouvert aux pur-sang et demi-sang arabes, ainsi qu’aux anglo-arabes, est un rendez-vous important, la France étant un pays de référence en la matière. L’aura de Spirit de Crouz a plané sur tout ce week-end. Non seulement, il remporte la CEI 3*, mais sa fille de 1 an, Idhabi de Givarlais (Spirit de Crouz (Shagya) x Gladys Ibn Tazratt (DSA) x Tazratt (DSA)) a quant à elle été sacrée Championne de France dans sa catégorie, avec 87,08 pts, meilleure note du concours.

Présenter des poulains de 1 an est une nouveauté, pourquoi ce choix ?

Pour un cheval d’endurance, il faut du temps pour obtenir un retour sur la performance. Il faut attendre 6, 7, 8 ans. A 1 an, on juge le modèle et cela rentre dans la politique de l’A.C.A de détecter de jeunes reproducteurs. On repère les meilleurs chevaux à venir et on donne aussi une chance aux élevages, qui ont parfois 20 – 25 poulains. 

Quel est votre avis sur la qualité des chevaux présentés ?

La limite était de 50 poulains, afin d’avoir les meilleurs sujets sélectionnés dans toute la France. 2019 est un bon cru, mais je suis un peu déçu par l’état moyen de certains chevaux présentés. Il y a de l’amélioration à apporter car il y avait un gros écart entre des chevaux avec de l’embonpoint et les autres. 

Certains vous rétorqueront qu’il est difficile de garder des poulains en état !

Ces poulains sont sélectionnés pour une finale nationale. La difficulté de ce concours est qu’il y a ceux qui préparent pour les Modèles & Allures et ceux qui sortent du pré.
Mais il existe une relation entre la qualité des modèles et la performance : ceux qui réussissent en modèles, seront ensuite performants. Il n’y a plus de hasard ! Regardez la pouliche qui est Championne des 1 an: c’est une fille de Spirit de Crouz ! 

Quels sont les objectifs de ce concours ?

Il y en a trois. Le premier est de permettre aux éleveurs de se comparer : c’est formateur. Le deuxième est plus pour le jugement : il permet d’étalonner les qualités des futurs reproducteurs. Enfin, cette finale est la vitrine de l’élevage français ! C’est pour ça que les éleveurs doivent donc apporter un minimum de soins aux poulains présentés. 

Vous dîtes que plus tôt les reproducteurs sont détectés, mieux c’est. Prenons le cas des juments. Comme les mâles, elles commencent leur carrière tard (par rapport à d’autres disciplines), et il peut donc être plus compliqué de reproduire après leur carrière sportive. Est-ce à dire, qu’une jument devrait avoir un poulain avant de commencer de courir ?

Absolument ! Leur carrière sportive débutent vers 5 – 6 ans. Je suis convaincu qu’avoir un poulain a un impact positif sur une jument. Prenez Varoussia, Georgat et Yamamah : elles ont toutes les trois été championnes du monde et ont eu un poulain avant de courir. 

Le transfert d’embryons est de plus en plus pratiqué pour que les juments puissent continuer de courir. Y avait-il des poulains nés par transfert pendant cette finale ?

Pas cette année. Mais le matin de la 160km de Florac, à 2h30 est né un poulain de Taïga d’Argane qui a terminé 4ème de cette course ! Taïga, qui a d’ailleurs des origines de show, est donc mère et compétitrice !

Et quel est votre avis sur cette technique ?

Je crois beaucoup au transfert d’embryon quand il est fait de manière correcte et naturelle. Je fais faire les transferts de mes juments par Marion Lamorinière, de l’Elevage de la Fichade (ndlr : L’Eperon présentera prochainement cet élevage), car elle respecte les cycles naturels des juments. La production d’hormones n’est pas poussée de manière artificielle.
Mais il faut utiliser la jeune génétique et la croiser avec des juments contemporaines, pour apporter des améliorations. Les fils de Djin Lotois, Persicko sont souvent meilleurs que leur père quand ils sont bien travaillés.

Fontainebleau a sa semaine de l’élevage pour le saut d’obstacles, Pompadour pour le concours complet ; et l’endurance ?

Pour 2020, un gros projet est à l’étude sur Uzès, afin d’avoir une véritable Semaine de L’Elevage. L’endurance est l’enfant pauvre des sports équestres et c’est pourquoi nous voudrions avoir de vraies épreuves à part entière, avec toute la filiale, à Uzès, pendant le Championnat de France des Jeunes Chevaux : une journée pour les 1, 2 et 3 ans, une autre pour les 4 et 5 ans et une autre pour les 6 ans.

Retrouvez tous les résultats de la finale d'élevage ICI