Escudo I, l'un des étalons phares du Hanovre, s'est éteint
vendredi 10 juillet 2020

Escudo I
Escudo I © DR/Hengstd Jahres

L’étalon Escudo I s’est endormi dans son pré le 26 juin dernier à l’âge de 29 ans, une triste nouvelle pour le Haras d’Etat de Celle qui perd un digne représentant de la lignée « E » du Hanovre.

Le digne fils d'Esprit

Espri, le père d’Escudo I, est né en 1981 chez Rolf Deecke. C’était "l'étalon des superlatifs" selon de Haras d’Etat de Celle, il avait une forte personnalité, il était sûr de lui et plein d’énergie. L’étalon alezan est devenu le chef de race de la lignée « A / E » du Hanovre et le meilleur fils d’ Eiger I. 

Eiger I, né en 1975, présentait lui aussi beaucoup de qualité. S'il a d'abord été prédestiné au dressage (il a d'ailleurs produit d’excellents chevaux dans cette discipline), certains de ses descendants ont montré une bonne aptitude au saut d’obstacles à l’instar d’Esprit FRH, médaillé d’or par équipe lors des JEM de Rome en 1998 et des JO à Sydney en 2000. Eiger I a transmis cette double vocation à son fils Espri. Celui-ci est le père d’E.T. (mère par Garibaldi II) qui a été l'un des meilleurs chevaux de saut d’obstacles avec Hugo Simon dans les années 90, mais aussi d'Elvis VA (mère par Garibaldi II), lui aussi médaillé d'or par équipe lors des JEM d'Aix-la-Chapelle en 2006 et des JO à Hong-Kong en 2008 mais en dressage ! 

Il est remarquable que ces trois générations d'étalons aient été tous élus « Etalon Hanovrien de l'année » : Espri en 1995, Eiger I en 1999 et Escudo I en 2009.

Une souche maternelle déjà très performante

La mère d’Escudo I était une jument primée d’état nommée Athene. Née en 1985, elle avait été achetée par Allmer Knoop à l’âge de 2 ans. Elle a toujours été très bien notée lors des présentations de modèles et allures. Descendant côté père d’Arkansas, elle est une petite fille du Trakehner Absatz. La lignée de son père de mère, Woermann de Wöhler, transmet de bons aplombs et de belles allures. Woermann est entre autre le père de World Cup I qui a produit Weltmeyer. 

Croisée avec Espri, Athene a également produit en 1992 Escudo II, champion suprême lors du concours d’approbation du Hanovre à Verden en 1994. Il a été stationné au Haras d’Etat de Celle de 1996 jusqu’à 2006. C'était un étalon doté d’une grande gentillesse, il était au passage doué pour le dressage en liberté. En 2006, Escudo II a été vendu à « Rainbow Equus Meadows » en Californie où il a été très demandé comme reproducteur. Il est décédé en juillet 2014. Erik 18, le propre frère d’Escudo I et II, a évolué en compétition de saut d'obstacles jusqu’à 1m50. Leurs sœurs Escada et Erle, juments primées d’état, ont été poulinières. 

Une carrière sportive courte mais quasi-parfaite

Escudo I a donc grandit chez Heinz Katt dans la région de Brême, au nord de l’Allemagne. C’est lui qui a présenté Escudo I au concours d’approbation à Verden fin octobre 1993. Une fois le sésame en poche, le jeune étalon noir a rejoint le Haras d’Etat de Celle.

Il a ensuite impressionné lors de son test de performance de 300 jours fin 1994 à Adelheidsdorf où il est reconnu comme le meilleur étalon du testage après une 1ere place à l’atelier de saut d’obstacles et une 8ème au dressage. Escudo I plaisait d’abord par ses qualités intrinsèques mais aussi par sa volonté de réussir, il avait une prestance naturelle.

En 1996, il devient champion du Hanovre des 5 ans et obtient la médaille d’argent lors de la finale des 5 ans lors des Bundeschampionate à Warendorf. Jusqu'à ses six ans, il a gagné quasiment toutes les épreuves de saut d’obstacles auxquelles il a participé sous la selle de Joachim Winter.

A 8 ans, il commence avec les Grands Prix nationaux en allant jusqu’au niveau S* (1m40) puis il est retiré des terrains de concours à 12 ans pour mieux se consacrer à la reproduction parce que sa descendance s’est relevée exceptionnellement performante. Comme Dr. Axel Brockmann, directeur du Haras d’Etat de Celle, explique : « Escudo I produit des chevaux avec un gros potentiel pour le saut d’obstacles, il leur transmet aussi la volonté de gagner et de se battre. » 

Embassy II, meilleur représentant d'une descendance remarquable

Selon la FN allemande, Escudo I compte 989 descendants inscrits comme chevaux de sport. 130 sortent en CSO/CSI de niveau Grand Prix, quelques-uns réussissent en dressage et en attelage. 33 de ses fils ont été approuvés et 88 de ses filles ont reçu la prime d’état. 

Au milieu de tous les descendants d’Escudo I, Embassy II sort du lot. Sous la selle de Hans-Dieter Dreher, il a mené une carrière sportive internationale extraordinaire au plus haut niveau avec d’excellents classements en CSI 3-5* et cumule plus d'un million d’euros de gains. Il fut entre autre le vainqueur de l'étape Coupe du Monde de Stuttgart en 2013 et du Grand Prix CSI 3* de Donaueschingen en 2018. En novembre 2019, Embassy II a pris sa retraite sportive pour se consacrer à la reproduction chez son propriétaire, l’étalonnier Tobias Galmbacher. 

Plusieurs fils d'Escudo I ont fait la monte au Haras d’Etat de Celle, à commencer par les propres frères d'Embassy II : Embassy I (né en 1997), père de la jument Escada FRH, grande gagnante en internationaux sous la selle d’Ingrid Klimke ainsi que de Entebbe de Hus, le regretté champion olympique de Rio avec Karim Laghouag, et Embassy III (né en 2002) ensuite exporté au Canada comme cheval de dressage, mais aussi El Bundy (né en 1998 d'une mère par Rebell Z), meilleur étalon lors de son testage, et Earl (né en 1999 d'une mère par Lanthan), dont bon nombre de descendants tournent en compétition de CSO et de dressage au niveau Grand Prix. 

Parmi les très nombreux produits d’Escudo I sortis en compétition, on peut aussi citer : Esperanto 27 (hongre né en 2006, mère par For Feeling) gagnant en CSI 2* avec Tino Bode et champion régional du Saxe-Anhalt, Enorm 17 (hongre né en 1997, mère par Calypso II) sorti en CSI 5* avec Ludger Beerbaum ainsi que El Paso 148 (hongre né en 1998, mère par Werther) vainqueur de la finale des 5 ans en saut d’obstacles lors des Bundeschampionate à Warendorf en 2003 associé à Jessica Kürten.