Espoirs du complet : le titre pour Indiane Tonick
samedi 23 octobre 2021

Indiane Tonick, vainqueur de l'édition 2021 des Espoirs du complet
Indiane Tonick, vainqueur de l'édition 2021 des Espoirs du complet © Selle Français

Dix-sept chevaux de trois ans appartenant aux stud-books Selle Français ou Anglo-arabe participaient à cette nouvelle édition des Espoirs du complet. Ce vendredi soir, sur la carrière Le Pontet, c’est à Indiane Tonick que les membres du jury ont remis l’écharpe du vainqueur.

Il y avait du monde autour de la carrière Le Pontet le vendredi en cette fin d’après-midi sur le site du Mondial du Lion. Des éleveurs bien entendu, des cavaliers français également, mais aussi des cavaliers internationaux en quête de leur futur pépite. Aux Espoirs du complet, championnat des chevaux de trois ans destinés à la discipline du concours complet, on cherche le crack de demain. Et si c’était Indiane Tonick ? Cette jument Selle Français, issue du croisement du Holstein Casall et d’une mère Anglo-arabe, Popy d’Or (Roseau d’Or), a séduit le jury et remporté l’édition 2021 des Espoirs du complet avec une moyenne de 17,48. Elle est talonnée par Iciela de Leyssins (17,45), jument Anglo-arabe née chez Jean-Pierre Lascaux, dans le Tarn-et-Garonne, fille d’Upsilon (AA) et de Apriori du Py (AA), par Olala de Buissy (SF). La troisième place revient à Iota des Loges, par Cornet Obolensky (bwp) et la Selle Français Vermeil des Loges, par Quartz du Chanu (SF). Elle aussi fait partie des trois finalistes qui totalisent une moyenne supérieure à 17, avec 17,11. 

« Tout semble facile avec Indiane »

pour le plus grand bonheur des naisseurs Anne, Yannick et Simon Robichon, installés à Montmorillon dans la Vienne (86), qui en sont toujours propriétaires. « La mère est une Anglo-arabe de courses, elle était très chic, avec beaucoup d’influx, confie Simon Robichon. On a toujours essayé de faire des croisements pour amener de la force, de la taille et de la locomotion, tout en gardant le sang. » Précédemment croisée à Canturo (holst), Popy d’Or a produit Gin Fizz Tonick, elle aussi récompensée aux Espoirs du complet puisqu’elle terminait troisième de l’édition 2019. C’est un choix de coeur qui a poussé l’éleveur à jeter son dévolu sur Casall, l’ancien crack du Suédois Rolf Göran Bengtsson. « J’aimais beaucoup cet étalon, donc je me suis dit qu’il fallait essayer ce croisement. » 

Au Lion d’Angers, les juges ont particulièrement apprécié la qualité de saut d’Indiane Tonick, qui récoltait les notes de 18 aussi bien en liberté que montée. C’est d’ailleurs la meilleure note sur ce dernier atelier du saut monté. Ses allures, observées sous la selle de son cavalier, ont fait l’objet d’un 17,75, tandis qu’elle obtenait la moyenne de 16,6 au modèle. « J’aimerai qu’elle ait plus de taille, reconnait son éleveur, mais côté qualités, elle bouge très bien, on est très bien dessus, elle a un super équilibre et tout semble facile avec elle. » Forcément ravi du résultat, Simon Robichon a également tenu à souligner le comportement de sa protégée, qu’il estime exemplaire. « Nous sommes arrivés en pleine tempête (la tempête Aurore, qui a entrainé des vents violents dans la soirée de mercredi dernier et la nuit de mercredi à jeudi, ndlr), mais ça ne l’a pas perturbée tant que ça. » Convaincu des qualité intrinsèques de sa jument, lui avait des appréhensions quant à son comportement « dans un lieu où il allait y avoir beaucoup de monde, pas aussi confidentiel que les concours locaux. » Finalement, rien n’a perturbé la fille de Casall, très sérieuse au fur et à mesure des ateliers. Elle qui « n’avait jamais vu un manège de sa vie » a gardé tout son sérieux lors du saut en liberté. Si son éleveur reconnait que « l’atelier monté commençait à être long pour elle, elle avait encore du sang. Elle n’était pas du tout émotive, aussi bien sur les obstacles que l’environnement. » 

Rendez-vous dans trois ans ?

Le concours complet, c’est le coeur de cible de l’élevage de la famille Robichon, qui présente régulièrement ses produits sur les Espoirs du complet. En 2019, outre la troisième place de Gin Fizz Tonick, ils avaient également terminé quatrièmes avec Get Vingt Sept Tonick, un autre produit de Canturo, mais associé cette fois à l’Anglo-arabe Hawaï des Pesquies, par Gaverlys du Cercle (AA). « Tous les ans, on produit pour le concours complet. J’ai eu la chance d’avoir deux chevaux qualifiés par an pour les Espoirs du complet les deux années précédentes. Cette année, nous n’avions que Indiane Tonick, souligne Simon. J’affectionne ce circuit des Espoirs, qui permet une bonne médiatisation. C’est aussi très motivant, quand on élève pour du complet, d’avoir un évènement qui est vraiment spécialisé dans la discipline. » Jusqu’ici, il faisait naître deux produits par an. Malheureusement, l’éleveur a récemment perdu ses deux poulinières. Il compte désormais sur Indiane Tonick pour « remonter l’élevage ‘cheval’ à l’avenir », lui qui produit aussi des poneys et qui devrait continuer dans cette voie pour l’instant. Simon Robichon entend d’abord « faire du sport avec Indiane » avant de la mettre à la reproduction à l’issue de sa carrière sportive. Le transfert d’embryon, il y a bien sûr pensé, mais cette technique est pour l’heure trop coûteuse financièrement. « Je vais continuer de la monter moi-même. Elle commencera les Cycles classiques l’année prochaine avec les quatre ans, aussi bien en concours complet qu’en saut d’obstacles », affirme-t-il. Et lorsqu’on évoque la possibilité de voir Indiane Tonick dans trois ans, au Mondial du Lion, il répond avec un sourire aux lèvres : « Ça serait vraiment bien ! ». Affaire à suivre…

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