Helios de la Cour, disparition d'un grand champion
samedi 20 juillet 2019

Helios de la Cour et Alexis Gautier Fontainebleau 2006
Double champion de France sous la selle d'Alexis Gautier, Helios de la Cour aurait mérité que les éleveurs s'intéressent plus à sa génétique et à sa reproduction © Eric Knoll

Triste nouvelle du côté du Haras de la Cour à Moyon (50) où Michel Couétil et son épouse avaient fait naître Helios de la Cour, fils de Papillon Rouge double champion de France sous la selle d'Alexis Gautier (2010, 2011) et excellent gagnant international. Performance exceptionnelle pour un beau représentant du stud-book Selle Français dont la production perdure.

Si Hélios de la Cour II disparaît à 24 ans sa production reste dans l'actualité récente notamment avec l'émergence de la jument Selle Français Urhelia Lutterbach (ISO 158/18) active depuis quelques temps sous la selle de Kévin Staut. On doit aussi à cet étalon plutôt typé Papillon Rouge -tête carrée mais expressive, bon coup de pattes, caractère affirmé, équilibre parfois un peu bas...- une pléiade de bons chevaux (708 enregistrés au total, 480 indicés en âge de l'être). C'est à l'obstacle que se distinguent ses produits à l'instar de Pommeau du Heup (ISO 172/15), champion des 3 ans à St Lô puis exporté vers la Belgique où il a fait une bonne carrière internationale avec Niels Bruynseels ; Parenthèse Tame (ISO 165/13), qui a tourné en CSI avec Reynald Angot ; Par Trois (ISO 168/13) qui a sauté les Grands Prix du Global Champions Tour sous selle irlandaise ; Quinette du Quesnoy (ISO 164/14) excellente gagnante avec Laurent Goffinet, Qadillac du Heup (ISO 167/16) qui prit part au CHIO d'Aix la Chapelle avec Bernard Briand Chevalier... Pour ne citer qu'eux. 

Helios de la Cour II, joli bai au physique trapu, était l'unique produit de l'alezane Sissi de la Cour (Uriel), ISO 170/92, performante en CSI avec Eric Levallois. Petite déception pour les Couétil qui auraient tant aimé exploiter ce beau papier Selle Français originel. Mais l'affixe normand qui s'est aujourd'hui diversifié avec la passion des trotteurs (Jag de Bellouet, Prix d'Amérique) avait précédemment bien exploité la production de Lady de la Cour (Starter x Ascot DS), mère de Sissi, à l'origine de Réjane de la Cour d'où le national Elan de la Cour, l'étalon Ténor de la Cour (Grand Veneur) ISO 160/92 avec Christian Hermon, Idane de la Cour (Calypso d'Herbiers), ISO 152/04. 

Bien croisé avec des mères bourrées de sang de respect et d'énergie, presque quasi électriques, Helios restait une valeur sûre pour l'élevage Selle Français avec la garantie d'un papier historiquement bien ancré dans le terroir normand. En presque vingt ans de carrière de reproducteur les spécialistes ne se sont pas rués sur la semence de l'ex-champion des 3 ans qui jouissait pourtant d'une belle côte d'amour quand on le voyait avec Alexis Gautier. Peut-être parce qu'il produisait un peu épais? Mais la qualité intrinsèque était sans doute là. Il fallait les attendre comme les fils de Papillon qui nécessitent du temps et du travail alors que la tendance se porte davantage depuis une décennie sur des chevaux légers et explosifs. Hélios était un bon étalon, il aurait mérité que les éleveurs lui fassent plus confiance.