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L'élevage d'Auge, artisan de champions
jeudi 12 mai 2022

Julien Epaillard et Safari d'Auge, ici lors du CSI5* de Bruxelles en 2016
Julien Epaillard et Safari d'Auge, ici lors du CSI5* de Bruxelles en 2016 © Scoopdyga

Julien Epaillard, actuellement meilleur cavalier français et douzième au classement mondial, réputé comme étant le pilote le plus rapide du circuit, nous fait découvrir l’élevage qu’il gère aux côtés de son épouse Susana, au Pré d’Auge, dans le numéro 417 de L'Eperon Hebdo.

Julien Epaillard, qui fêtera ses quarante-cinq ans le 24 juillet prochain, célébrait sa première victoire en catégorie Cadets en 1989 avec Petite Fleur, puis s’adjugeait le titre chez les Jeunes cavaliers aux commandes de Si Tu Viens*HN (Uriel). Au fil des saisons, les performances se sont succédées, avec un total de soixante-et-une victoires internationales en 2021, et un début de saison 2022 en fanfare avec pas moins de onze victoires sur la seule tournée espagnole d’Oliva en janvier. Entre 2017 et 2019, outre les Grands Prix 5* de Bordeaux et Londres avec Quatrin de la Roque (Quick Star) et Toupie de la Roque (Kannan, KWPN), il s‘adjugeait notamment le Longines Global Champions Tour de Paris en 2017 et de Doha en 2019 avec Usual Suspect d’Auge (Jarnac), un produit maison. Julien Epaillard l’explique, l’élevage à l’affixe "d’Auge" a débuté voilà une vingtaine d’années lorsque son épouse espagnole Susana Garcia Cereceda, cavalière de haut niveau, a fait l’acquisition des cinquante-quatre hectares du futur haras de la Bosquetterie dans le petit village du Pré d’Auge (14), à dix minutes de Lisieux, au cœur du triangle d’or de l’élevage français, grâce à quelques juments qu’elle avait achetées et d’autres qu’elle montait elle-même en compétition. Julien en convient, « c’est un élevage relativement récent, même si nous sommes assez contents des premiers résultats. Nous avons déjà produit deux gagnants en Grand Prix 5*, Usual Suspect d’Auge (ISO 173/21) et Tecla d’Auge, rebaptisée Asathir (Diamant de Semilly , ISO 174/18), qui remportait le Grand Prix Coupe du monde d'Helsinki en 2018 et le championnat d’Allemagne en 2019 sous la selle de Philipp Weishaupt. » Parmi les produits phares qui se sont déjà illustrés au meilleur niveau, Safari d’Auge (Diamant de Semilly), ISO 167/18, vainqueur jusqu'en Grand Prix 3*, ou encore Cheyenne d’Auge (Guarana Champeix), ISO 155/21.

Laisser leur chance aux chevaux

Pas de risque pour les produits d’Auge d’être surexploités dès leur plus jeune âge. « Susana et moi n’avons jamais recours à des transferts, nous ne vendons jamais les foals, et ne procédons à aucune sélection tant qu’ils n’ont pas sauté montés. Nous exploitons les juments en concours, et ensuite elles deviennent poulinières. Nous ne sommes pas dans l’esprit de produire en nombre et à tout prix. C’est avant tout un plaisir, même si nous aimerions bien sûr avoir des retours avec de bons produits. Nous n’avons pas véritablement d’objectif de commercialisation avec les jeunes chevaux, et nous ne courons pas après les résultats. Nous ne rentrons pas dans le système du circuit qui leur est réservé, ce qui n’est en aucun cas une critique, mais nous sommes davantage dans l’optique de les faire vieillir car nous préférons leur laisser leur chance », indique le cavalier qui partage son temps entre Madrid, où réside son épouse et leur fils Luis, onze ans, et ses très nombreux déplacements en compétition.

La suite de cet article est à découvrir dans le numéro 417 de L'Eperon Hebdo (paru le 11 mai 2022), disponible sur notre boutique en ligne.