L'élevage savoyard vise les sommets (part. 2)
lundi 01 août 2022

Quittoudouble Boisy et Gérard Turrettini
Quittoudouble Boisy et Gérard Turrettini © Jean-Louis Perrier

Dans cette seconde partie de notre panorama de l’élevage savoyard, il n'est pas étonnant de faire quelques détours par la Suisse. Mais, plus surprenant, l’horizon s’élargit pour rencontrer, près d’Annecy, une des plus belles souches de l’élevage breton. Et plus insolite encore, entre le Rhône et le mont Salève, un peu de couleurs avec des juments venues de l’Est !

Voisine de la métropole genevoise, la Haute-Savoie en tire profit pour l'élevage du cheval de sport avec l’implantation, côté français, d’amateurs passionnés. L’élevage de Boisy à Ballaison, tout près de la frontière à l’Est de Genève, en est un bel exemple. Gérard Turrettini, dont l’arrière grand-père, le Colonel Poudret, aïeul également de notre confrère Alban Poudret, a révolutionné l’équitation suisse en prônant la position en avant à l’obstacle, est un passionné de longue date. « J’ai acheté ma première poulinière en 1968, sur les conseils de Colette Ducornet (qui a fait naître l’illustre Galoubet, ndlr). J’ai pu avoir Toska de l'Isle, une des dernières filles de Furioso. Elle a très bien produit, notamment Gadget de Boisy (Raa), ISO 156 en 1981, qui avait passé un mur à deux mètres avec Jérôme Chabrol, mais aussi Utrillo de Boisy (Edgard), ISO 147 en 1994, qui commençait une belle carrière mais a été victime de coliques… », raconte l’éleveur. « Au départ, l’idée était de produire des chevaux pour moi et mes frères, qui ont aussi monté en concours. Et puis, de trois poulinières au début de l’aventure, le troupeau s’est élargi ! J’ai été l’un des premiers éleveurs à aller vers Galoubet, dont j’ai vendu un poulain à six mois, Quivient de Boisy, un produit de Toska. Je l’ai revu quelques années plus tard à Fontainebleau, monté par Jacques Bonnet avec qui il est troisième du Critérium des six ans. C’est comme ça que j’ai fait connaissance avec Jacques, avec qui je travaille désormais depuis plus de trente ans. Notre collaboration a démarré avec Aurore de Boisy (Jeroboab), ISO 146 en 1996. » Cette solide baie brune était une fille de la grande performer avec Eric Navet Doris I (Nykio) qui, avant d’arriver à Boisy, avait produit avec Jalisco B deux excellents gagnants sous couleurs portugaises, Uxmall Rouge et Surcouf de Revel. Elle a fait souche sur les hauteurs du Léman, notamment avec Kedwige de Boisy (Apache d’Adriers), ISO 150 en 2010, qui a été monté par son gendre Nicolas Tayol. À vingt-quatre ans, elle est suitée d’une très jolie pouliche de Cooper vd Heff inck, Holst, et a déjà donné plusieurs performers dont Défi de Boisy (Lando, DWB), qui signait en mai dernier une neuvième place dans le Grand Prix du CSI2* de Bourg-en-Bresse sous la selle de Philippe Bernard, cavalier de l’Ain avec qui Gérard Turrettini travaille depuis une vingtaine d’années. « L’élevage, c’est une aventure humaine et d’équipe. Je suis fidèle à mes cavaliers et j’apprécie qu’ils sachent travailler ensemble. Défi a un gros potentiel mais il est très délicat, et après l’avoir testé, Jacques m’a conseillé de le confier à Philippe », explique l’éleveur. Philippe Bernard avait sorti en compétition Jalousie de Boisy (Apache d’Adriers), montée ensuite par Alexandra, la fille de Gérard, qui a aussi trouvé sa place parmi les poulinières de Boisy, toutes bien indicées en compétition, comme Quittoudouble Boisy, une Anglo-arabe par Jaguar Mail, ISO 144 en 2014, qui a fait sa carrière avec Nicolas Tayol. L’élevage de Boisy dispose de soixante-dix hectares, ce qui lui permet d’être autonome en foin, mais d’autres passionnés frontaliers ne sont pas si bien lotis. Face au manque de foncier, Johanne de Coulon travaille en association avec le Normand Claude Charnay pour faire naître sous l’affixe Saint Clair.

La suite de cet article est à découvrir dans le numéro 428 de L'Eperon Hebdo (paru le 27 juillet 2022), disponible sur notre boutique en ligne.