Lys de Darmen, pour l’amour du Lys (part. 2)
lundi 03 octobre 2022

Lys de Darmen
Lys de Darmen © Coll.

Voilà un étalon français qui n’a eu aucun produit né en France et qui n’est pas à proprement parlé un "étalon star". Et pourtant, son sang est synonyme de performances au plus haut niveau mondial et de prix records dans les ventes aux enchères les plus prestigieuses. Découverte d’une généalogie et d’une descendance très actuelle, marquée par l’histoire de l’Anglo-Arabe, du Selle Français et du Bwp.

Basé à Kieldrecht dans les Flandres, Louis Lenaerts est un personnage incontournable de l’élevage belge des années 1980 et 1990. C’est un self made man, parti de rien, un "fermier étalonnier" qui a découvert Lys de Darmen, mais aussi le grand étalon Heartbreaker (Nimmerdor, KWPN), grâce à un oeil avisé. À cette époque, il n’y pas de gros étalonnier en Belgique, mais plutôt de petits fermiers qui battent la campagne avec leur camion, allant de ferme en ferme avec leur étalon. Toutes les saillies s'effectuent en monte en main sans suivi gynécologique. Lys de Darmen a réalisé la majorité de sa carrière ainsi, dans le camion.

Louis Lenaerts découvre Lys en Belgique durant l’hiver 1979/1980 et l’achète. Le jeune étalon français a tout juste trois ans. Ses origines ne sont pas particulièrement connues en Flandre, mais sa présence et ses qualités athlétiques poussent son nouveau propriétaire à le préparer pour les sélections étalons du Bwp en mars 1980. Lys réussit les sélections et obtient ainsi son approbation au stud-book Bwp. Fraîchement approuvé, il sillonne la campagne belge au printemps 1980 pour réaliser sa première saison de monte et ses premiers poulains naissent un an plus tard. En parallèle, Lys sort en compétition à un niveau international honorable avec Wim Smet, mais la reproduction reste la priorité. Assez vite, l’étalon connaît un certain succès auprès des éleveurs belges, entraînant ainsi le développement de l’activité d’étalonnier de Louis Lenaerts, qu’il ne faut pas limiter à Lys de Darmen puisqu’il est aussi le découvreur de Heartbreaker ! Si Henk Nijhof, célèbre étalonnier néerlandais, a bien acheté Heartbreaker lorsqu’il était foal, les deux belges Louis Lenaerts et Hubert Hamerlinck ont acquis des parts du célèbre reproducteur lorsqu’il avait trois ans. Louis Lenaerts accueille Heartbreaker à quatre ans au sein de son haras à Kieldrecht, où débute sa carrière sportive. L’homme mettra tout en oeuvre pour promouvoir le fils de Nimmerdor.

L’étalonnier est resté attaché à ses deux origines favorites, Lys de Darmen et Heartbreaker, qui se retrouvent dans les pedigrees des étalons qui se sont succédés au haras de Kieldrecht. Celui-ci perdure encore, via Luc Tilleman, son célèbre étalon Toulon (Heartbreaker, KWPN) et son important catalogue d’étalons à l’affixe T & L.

La suite de cet article est à découvrir dans le numéro 437 de L'Eperon Hebdo (paru le 28 septembre 2022), disponible sur notre boutique en ligne.