Michel Gabillot s’en est allé
vendredi 12 juin 2020

Michel Gabillot
Michel Gabillot © Valérie Thevenot

Avec la disparition de Michel Gabillot, c'est l'une des grandes figures de l'élevage franc-comtois qui s'est éteinte en ce début de mois de juin.

Avant-hier, nos confrères du Journal Le Cheval ont annoncé la mort de Michel Gabillot. Il s'est éteint des suites d'une maladie à Luxeuil-les-Bains, la commune où il vivait depuis toujours et où il avait même été élu maire de 1995 à 2008. En plus de ses engagements politiques, Michel Gabillot était également vétérinaire et le fondateur de l'élevage du Banney. Cet élevage franc-comtois a connu de belles heures avec Isba (Tanael), Osco (Jalisco B, gagnant en puissances et Grands Prix avec Thierry Pomel), Totoche (Grand Veneur, qui a tourné avec Thierry Pomel, Eric Navet et Frédéric Delforge avant de connaître un joli succès en tant que reproducteur), sa fille Douchka (ISO 161, performante sous la selle de Nicolas Delmotte) et Gadget du Banney (Reve d'Elle, présent aux JEM de Jerez de la Frontera en 2002 avec René Lopez). 

Cette passion pour les chevaux ne datait pas d'hier. Né en 1940 de parents agriculteurs, Michel Gabillot les a toujours côtoyés. "Mon père Louis qui élevait des vaches charolaises a toujours aimé les chevaux et même s'il n'en faisait pas élevage, il y a toujours eu des chevaux à la maison pour le travail et les déplacements en Tilbury", confiait-il dans le portrait qui lui était dédié dans le numéro 176 de l'Eperon. Au début des années 60, Michel, qui est devenu un bon compétiteur, obtient son diplôme de vétérinaire. Il se marie également avec Erika avec laquelle il aura deux enfants, Frédéric en 1964 et Sophie deux ans plus tard. L'élevage équin prend ensuite de plus en plus de place jusqu'à devenir son activité principale. "J'ai mis toutes les vaches de mon père dehors, petit à petit, en toute connivence d'ailleurs, et nous avons commencé à arpenter la Normandie pour acheter des pouliches et amener des juments à la saillie car, ne l'oublions pas, à cette époque l'insémination artificielle n'existait pas et il fallait faire encore 700 et 800 km pour amener les juments, souvent suitées, aux meilleurs étalons. Nous faisons sept ou huit fois par an le trajet Luxeuil-Normandie (...) Bien sûr, c'était une autre époque mais c'est à cela que le Haras du Banney doit sa réussite actuelle !

Au fil de ses aller-retours, Michel s'est constitué une solide base d'élevage. Tombé amoureux d'Uriel, il a logiquement commencé avec l'une de ses filles : Etoile de Juin. Cette propre soeur de Derby VI et fille d'Une Belle (souche de Qu'en D'Ira T'On et Nobel V) a été achetée suitée d'Isba, qui sera la première à porter l'affixe du Banney. Cette dernière fera une bonne carrière en concours avec Jean-Louis Roudaut : elle a gagné le Grand Prix de Jouy en Josas, elle fut même pré-sélectionnée pour les JO de remplacement à Rotterdam. Bien d'autres suivront et contribueront à la réussite de l'élevage du Banney. En 2008, Sophie, la fille de Michel, et son époux, Frédéric Delforge, rachètent l'élevage et y apportent leur touche. Leur fils, Paul, se joindra à l'entreprise et portera leurs couleurs sur la scène internationale et notamment lors des championnats d'Europe Jeunes Cavaliers avec Terre du Banney (Crown Z). Âgé de vingt-trois ans, le jeune homme aborde doucement le haut-niveau avec les produits de l'élevage familial. Il y a donc fort à parier que l'héritage de Michel Gabillot continue de briller pour de longues années... 

La rédaction de l'Eperon adresse ses plus sincères condoléances à la famille de Michel Gabillot ainsi qu'à son entourage.