AG Selle Français 2021 : le stud-book sur la bonne voie
lundi 26 avril 2021

AG Selle Français 2021
AG Selle Français 2021 © DR

Jeudi 22 avril, dix jours après la SHF, le stud-book Selle Français tenait sa toute première assemblée générale 100% digitale. Présidée par Pascal Cadiou, celle-ci n’a pas soulevé de questions cruciales, si ce n’est la survie économique à la fois des éleveurs et de l’association elle-même. Il y aura néanmoins d’importants changements dans le déroulement des championnats étalons qui retrouveront peu ou prou leur format antérieur.

Avec 62 participants essentiellement membres, cette assemblée rondement menée s’est ouverte sur les traditionnels hommages. Aux déjà honorés par la SHF Jean Muris, Michel Pélissier et Henry Blanc, se sont ajoutés Jean Brohier (naisseur de Narcos II, Mazarin V, l’un des piliers du stud-book SF), le Dr Michel Gabillot (élevage du Banney), et le regretté Paul Dubos, pilier de notre rédaction et éleveur avisé (lire ici). 

Après l’approbation du procès verbal de l’AG 2020 (à l’unanimité), Pascal Cadiou a déroulé le rapport moral (disponible ici). Il a notamment évoqué un « juste retour aux naisseurs sur les gains en compétitions nationales et internationales pour s’inscrire comme un droit de suite à la production » à l’instar de ce qui se fait depuis des décennies dans les courses. Ce qui nécessiterait – et ce fut d’ailleurs le point suivant – un transfert automatique des performances internationales des chevaux SF. Un projet colossal mais ô combien primordial pour la survie du système de l’élevage français de chevaux de sport.

La situation sanitaire a bien évidemment servi de décor imposé à cette AG 2021. Comme l’a souligné Pascal Cadiou, « le statut agricole des éleveurs les a protégés du pire face à la pandémie ». En effet, la production et la valorisation ont été globalement épargnées, non sans l’investissement de certaines personnes clés, à commencer par Emmanuèle Perron-Pette et Guillaume Blanc, chaudement remerciés à l’occasion.

L’autre volet abordé fut la commercialisation. Visiblement prudent sur les termes employés, le président a néanmoins insisté sur le fait que les petits et jeunes éleveurs ne maîtrisaient parfois pas totalement le processus de vente. Le stud-book a ainsi organisé des ventes lors de ses principaux rassemblements et réfléchit à d’autres moyens d’accompagner ses éleveurs sans pour autant concurrencer les agences de vente comme NASH ou Fences, focalisées sur le haut-de-gamme. 

Finances : les ressources propres en hausse

L’indépendance financière, thème de l’année ? Après plus d’un an de pandémie, et alors que les tutelles réduisaient déjà progressivement leur contribution, la pérennité du stud-book est plus que jamais au cœur des préoccupations du conseil d’administration du SF. Ce fut d’ailleurs le sujet le plus abordé, à la fois par le président et par le trésorier Gilbert Galliot. Face à la baisse des subventions de l’IFCE et du Fonds Eperon, le SF s’en sort bien avec une hausse significative de sa trésorerie (+289K€) et des capitaux propres s’élevant à 366K€, « nécessaires pour faire face aux besoins de financement du début d’année » dixit Gilbert Galliot. Autrement dit, les ressources internes augmentent pendant les ressources externes baissent. Comme à la SHF, d’importantes économies ont été réalisées grâce aux efforts de compression des dépenses, mais aussi à la baisse du nombre d’événements. « Il s’agit de la troisième année avec un résultat net positif » a précisé Gilbert Galliot. Cela grâce aussi à un maintien des adhésions et à une légère hausse des recettes zootechniques. « A l’avenir, il ne faudra plus compter sur les subventions » a martelé Pascal Cadiou, à raison. Il a par ailleurs tenu à ajouter qu’en 2021, le Selle Français sera l’une des rares associations d’éleveurs à bénéficier d’une aide du Ministère de l’Agriculture. Seul petit bémol à ce bilan financier... un problème technique qui empêcha le commissaire aux comptes d’être audible (ce qui entraîna une abstention de 8 % lors de l’approbation des comptes).

Circuit étalons : retour à la case départ

Après deux vraies saisons d’essai, le circuit de sélection des mâles de 2 et 3 ans revient à un format plus compact dans le temps. Les qualificatives seront désormais toutes concentrées en novembre avec un testage des 3 ans début décembre et une finale à suivre pour les 2 ans. L’objectif étant de suivre ce schéma durant trois à quatre ans pour une meilleure visibilité et compréhension. Au sujet des bonifications attribuées lors du Championnat des Etalons de 3 ans aux cinq meilleurs sujets sur le principe du « fait en père », Pascal Cadiou est resté évasif. « Il s’agit de points donnés par les membres de la commission d’approbation, des éleveurs réputés » a-t-il indiqué « il est important qu’ils puissent donner leur avis ». Et de nous renvoyer au règlement du stud-book sans autre explication. Rappelons que ce « bonus » permet de départager les candidats-étalons au terme du championnat et ce, bien que chaque cheval ait été noté par les mêmes juges selon les mêmes critères et avec le même objectif : identifier les futurs meilleurs reproducteurs. Davantage de pédagogie et de pragmatisme seraient bienvenus si l’on veut susciter l’adhésion totale des éleveurs.

Le calendrier 2021 pour les mâles SF a été établi comme suit :

Qualificatives étalons 2/3 ans SF

Lamotte-Beuvron le 2 novembre

Strazeele le 4 novembre

Chazey-sur-Ain le 9 novembre

Rosières-aux-Salines le 11 novembre

Saint Etienne de Tulmont le 16 novembre

Lamballe le 18 novembre

Saint-Lô les 23 et 24 novembre

Testage 3 ans du 6 au 14 décembre

Championnat des 2 ans le 15 décembre

Le circuit des Espoirs du Complet a également été revu. Une présentation au galop sera ajoutée, suivant le règlement du circuit SHF 4 ans (200m à 450m/min). La finale se déroulera comme chaque année pendant le Mondial du Lion, les 21 et 22 octobre. Il y aura par ailleurs un quota de places à la finale réservées pour les Anglo-arabes parmi seulement 20 candidats possibles.