AG de la SHF : faire face à la baisse des aides de l’Etat
vendredi 23 mars 2012

damians-portrait
Marc Damians © www.scoopdyga.com

La Société hippique française (SHF) tenait jeudi 22 mars sa première assemblée générale depuis l’AG élective du 17 mars 2011 qui avait clôturé le processus de sa transformation officielle en société-mère des jeunes chevaux et poneys de sport.

Une AG en apparence « de routine », pourrait-on dire. Marc Damians et son directeur Bruno Mellet ont d’abord fait l’état des lieux annuel : il est bon, mais fragile. Le nombre de partants en 2011, chevaux et poneys, était une fois de plus en augmentation par rapport à l’année précédente : + 4,6 %. Elle fut de + 5,45 % pour épreuves chevaux de saut d’obstacles, toujours aussi hégémoniques (101 576 partants, soit 80,5 % sur un total de 126 180, toutes disciplines chevaux et poneys confondus).
Baisse de 39 % des aides aux dotations du Ministère de l’Agriculture
Côté finances, le budget prévisionnel est à l’équilibre, malgré une nouvelle baisse de 39 % des aides aux dotations de l’Etat (les aides au fonctionnement, elles, n’existent plus depuis 2011). Les dégâts sont limités, notamment grâce à la section 2 de l’aide apportée par le Fonds Eperon. Au final, le montant de l’ensemble des primes et dotations des circuits d’élevage (valorisation et élevage) distribuées sera de 6 323 000 euros, contre 7 200 000 en 2011 (baisse de 12,2 %). Dans les circuits SHF, la baisse devrait se faire sentir plus en saison que pour les finales.
Pour ce qui concerne l’aide du Fonds Eperon, son président Alain Dassonville a rappelé que si la section 1 a été mise en place par arrêté, la section 2, créée l’an dernier, « est un geste des sociétés de courses, qui peuvent donc décider du jour au lendemain de la stopper ».
Yves Chauvin, président de la commission élevage de la SHF, a quant à lui fait part de l’avancée des travaux concernant la refonte des aides à l’élevage. La prime PACE (Prime d’aptitude à la compétition équestre), attribuée aux poulinières, devrait être attribuée à l’avenir dans des conditions plus restrictives (une jument pourra en bénéficier six fois maximum dans sa carrière, elle ne sera plus payée qu’à partir d’un nombre de points minimum, encore à déterminer …). Mais surtout, elle pourrait être en fait plus ou moins rapidement remplacée par une nouvelle sorte de prime aux naisseurs, qui pourrait alors permettre à un quart des meilleurs 5 et 6 ans, toutes disciplines confondues, soit environ 1000 chevaux, d’obtenir une récompense de l’ordre de 2 000 euros par cheval ! L’architecture de la mise en place de cette prime a été avalisée en commission élevage de la SHF, elle doit encore l’être par le conseil d’administration de la SHF, et devra surtout obtenir le soutien du Fonds Eperon pour pouvoir atteindre ces montants.
Passage de relais… Ou pas.
Enfin, la question de l’éventuel passage de relais de Marc Damians, actuel président ayant œuvré à cette transformation de la SHF, à Yves Chauvin (actuel président de l’ANSF, association nationale du Selle Français) n’est pas tranchée. Petit retour en arrière : un communiqué de l’ANSF indiquait, à l’issue des élections 2011, que Marc Damians cèderait sa place à Yves Chauvin, vice-président de la SHF, à la fin du printemps 2012. Si tel doit être le cas, l’enjeu est d’importance, notamment parce que Yves Chauvin a exprimé son souhait de fermer les épreuves SHF aux jeunes chevaux de races étrangères, alors que Marc Damians a toujours joué la carte de l’ouverture. Au regard de ces enjeux, si elle doit avoir lieu Arnaud Evain a appelé à ce que « cette éventuelle transition » ne se fasse pas « en catimini au sein du Comité » mais « s’envisage dans la plus grande transparence vis-à-vis de tous les sociétaires », notamment grâce à la publication d’une « profession de foi individuelle ». Mais, ce jeudi, en réponse les deux personnes concernées sont restées muettes sur toute confirmation ou infirmation de ce « deal » et de son échéance.

Photo d'archive

Commentaires


PHILIPPE P | 27/03/2012 19:06
extrait d'"info jac déchainé" de Jacques Grandchamps des Raux (mais peut-être a-t-il mal entendu ou mal compris ou qu'Arnaud EVAIN plaisantait -humour normand-, ou qu'il a changé d'avis !

"Mon cher Arnaud,

Dimanche 26 février, au salon des étalons de Poitiers, tu m’as demandé mon avis sur le principe de n’ouvrir le cycle classique des jeunes chevaux qu’aux stud-books français.

Tu m’as donc transmis ta lettre de pétition, en m’éclairant sur les conséquences désastreuses de ce projet sur les ventes Fences, allant même jusqu’à me préciser, qu’elles pourraient te conduire à les déplacer à Lanaken... "

tout va si vite sur internet...on ne peut plus rien dire !

Ph.POPPE

 | 27/03/2012 10:39
Précision : contacté suite à l'allusion de Philippe P à une éventuelle délocalisation de "la plus performante des agences françaises de ventes de jeunes chevaux", Arnaud Evain "dément totalement" que l'agence Fences, dont il est le directeur, envisage un tel projet, qui "n'est à l'ordre du jour d'aucun conseil d'adminstration de l'agence".

PHILIPPE P | 25/03/2012 11:53
La mission de la maison mère SHF est de rassembler tous les éleveurs de chevaux et de poneys de sport pour le meilleur résultat sportif et le meilleur prix de vente de la production qui en découle.
Monsieur CHAUVIN qui prétend vouloir exclure du bénéfice de l'action publique tous les contribuables qui ne paient pas leur cotisation à son association de race n'est pas dans une action de rassemblement mais dans une tentative de domination.
Le problème c'est que pour dominer il faut être fort et surtout fort de ses résultats plutôt que de la rente de situation que confère une situation de monopole.
Et, au niveau des résultats, le compte n'y est pas. Les jeunes chevaux ne se vendent pas , le travail même coûteux n'est pas toujours synonyme de valeur ajoutée et la plus performante des agences française de vente de jeunes chevaux parle de délocalisation!
La génétique promue par l'ANSF est du même tonneau. Le clientélisme préside à toutes les manifestations, Tout apport de sang étranger est le bienvenu surtout accompagné d'un chèque, un étalon peut être admis à la monte publique sans souche maternelle et les protocoles de santé sont illisibles . Il est impossible, à lère de la traçabilité, de savoir à quelles déficiences et à quelles pathologies correspondent précisément les étoiles du CIRALE, encore moins si ces déficiences risquent ou non d'être transmissibles.
Donner à Mr CHAUVIN les rènes de la SHF reviendrait à privilégier le partisan sur le collectif.
Tenez bon Mr DAMIANS

Ph.POPPE