Assemblée générale de l’ANSF à Paris: Bilan et projets
vendredi 20 avril 2012

AG ANSF
AG ANSF © Claude Bigeon

L’assemblée générale annuelle de l’Association nationale du Selle français s’est déroulée le jeudi 19 avril à Paris. L’occasion pour le président Yves Chauvin et son équipe de présenter le bilan de l’année et les perspectives. Ecoutez son interview!

Parmi l’ordre du jour et ses classiques résolutions, qui ont toutes été adoptées, comme l’approbation du PV de l’A.G. précédente, les comptes de l’exercice 2011, le rapport d’activité 2011, on notera l’affectation du résultat de  l’exercice de 23 274euros au compte Report à nouveau et le maintien des cotisations pour 2013 au même niveau qu’en 2012, c’est-à-dire pour le collège 1 éleveur naisseurs 40euros par adhérent, collège 2 propriétaire d’étalons 55 euros par adhérent,collège 3 associations d’utilisateurs 230 euros par association puis collège 5supporters du SF 25 euros par adhérents.

Avec un chiffre d’affaires de deux millions d’euros, l’ANSF a multiplié son activité, pourtant, elle est toujours dans une attente de subventions et Yves Chauvin est inquiet pour l’avenir car le budget d’encouragement à l’élevage a fortement baissé en deux ans.

Le rapport d’activité de l’ANSF rappelle les résultats non négligeables du Selle français lors des compétitions internationales. Ainsi, le stud-book Selle français est classé n° 1 mondial dans le complet, 3emondial pour le CSO. Baloubet du Rouet est deuxième mondial au classement WBFSH des étalons. Du côté de l’élevage, 12 098 juments SF ont été saillies en 2011(baisse de 6,6%) qui ont donné 7 379 naissances (poulains déclarés vivants) ce qui équivaut à une augmentation de 4% à relativiser par rapport aux deux années de baisse précédentes. Une baisse est aussi enregistrée dans le nombre d’élevages 7 126 en 2011 contre 7 576 en 2010.

Cette assemblée a permis aussi de rappeler notamment les différents événements de l’année et leur fréquentation, l’évolution du processus de sélection de la génétique mâle (testage des étalons), la valorisation des femelles, la formation des juges, la mise en place de délégués régionaux, le programme à l’international, les actions de commercialisation(association pour la deuxième année avec les ventes Nash, rapprochement des centres équestres).

Un chantier prioritaire pour l’évolution de la race semble les indices sur performances. L’organisation des concours d’élevage qui est associé à un site internet dédié depuis quatre ans est soutenue pour la dernière année par le Fonds Eperon.

Mais, un des problèmes actuels, un problème majeur auquel sont confrontés les éleveurs de Selle français (sauf ceux de top niveau) de base est bien celui de la commercialisation face à une offre de chevaux étrangers sans doute plus clés en main. Il y a là un vrai problème de corrélation entre le prix et les coûts de « fabrication ». Petit tacle aussi pour l’UNIC accusée de manquer de transparence et de clarté.« Le Selle français est une marque mais notre premier problème c’est la commercialisation, martèle Yves Chauvin. Notre problème, est que nous n’avons même pas de directeur commercial ou marketing (ndla : contrairement à ce que l’on voit dans des races allemandes ou hollandaises). » L’aide à l’élevage a aussi été évoquée par Bernard Lecourtois qui a parlé du projet avec la SHF de redonner des primes aux naissances. Il a aussi évoqué la volonté de mettre en valeur la voie femelle avec la mise en place de qualificatives femelles dans les régions.

On le voit le Selle français se trouve dans un contexte qui évolue où il va devoir trouver la juste voie pour préserver son avenir. Cette assemblée a été l’occasion une nouvelle fois d’évoquer les problèmes.

Commentaires


PHILIPPE P | 21/04/2012 10:48
Combien de SF "pur jus" à la finale de la coupe du monde de s'Hertogenbosh ? 0 ou presque.
Combien de cavaliers US (1ers consommateurs du monde de chevaux de sport) remontés avec des SF ? : 0 ou presque

Une place de 3ème sur 4 vrais pays d'élevage dans une compétition qui oppose la production d'un pays aussi vaste que la France avec la production de régions ou d'autres pays à peine plus grands que la Normandie n'a rien de glorieux.
Si on veut y voir plus clair il faudrait rapporter les résultats des 1000 meilleurs chevaux du monde au nombre de naissances à vocation obstacle de chaque stud book . En Hollande un cheval sur 2 est élevé pour le dressage.

Mais veut-on y voir clair ?

Assurément non. Mr CHAUVIN préfère trouver des boucs émissaires : l'état qui donne moins de subventions, mais ces subventions n'existent pas en Belgique, en Hollande ou dans le Holstein .

L'étranger, responsable éternel de tous les malheurs de l'humanité serait aussi responsable de la mévente du SF. Non il est seulement révélateur de nos faiblesses

J'allais oublier l'UNIC.
Mais l' UNIC ne peut vendre que ce qu'on lui propose et de toute évidence le marché des chevaux beaux, faciles d'emploi par des cavalières amateur (parce que bien dressés sur le plat), performants, avec des prix clairement affichés sans cascade de commissions, n'est pas celui du SF.

Le vrai combat est ailleurs Mr CHAUVIN :
- récupérer les recettes de l'émission des livrets signalétiques.
- améliorer la qualité du dressage des jeunes chevaux en agissant sur la formation des cavaliers et sur le temps qui leur manque actuellement ( 5 jours de concours par semaine 6 mois par an).
- diminuer les coûts de production en évitant les rassemblements inutiles (2 ans) et en profitant des compétitions existantes le week-end pour y inclure des épreuves jeunes chevaux.
- proposer aux éleveurs une expertise de leur élevage, une sélection de leurs poulinières, des conseils de croisement.

C'est surement plus long et plus difficile mais cela vaut peut-être mieux que d'interdire en France un sang étranger sans lequel nos deux seuls représentants en finale de coupe du monde n'auraient jamais existé.

Ph. POPPE