La SHF a une nouvelle directrice
lundi 12 juillet 2021

Emilie Morichon
Emilie Morichon a été élue nouvelle directrice de la SHF © Coll.

Le changement de cap avait déjà été amorcé avec l’arrivée de Michel Guiot à la tête de la SHF en février dernier. Il se poursuit désormais avec Emilie Morichon, qui vient de prendre la direction de la société mère des chevaux et poneys de sport en France. 

Outre les quelques trotteurs que possédait son père, Emilie Morichon n’a pas baigné dans le milieu équestre. Pourtant, la cavalière de 37 ans pose un regard lucide sur l’histoire de la SHF, ses objectifs et les changements à entreprendre. Son arrivée au poste de directrice s’inscrit dans le mouvement que souhaite impulser Michel Guiot, président. Emilie a une formation en comptabilité et ressources humaines. C’est au service des ressources humaines de la société Legrand qu’elle fait ses classes et s’épanouit. Mais quand la société envisage une réduction de ses effectifs, la jeune femme rejoint un cabinet d’experts-comptables, et développe un pôle social en son sein. Elle réalise alors notamment des audits. Lorsque son conjoint lui partage son envie de reprendre l’entreprise familiale de menuiserie et lui demande de le rejoindre, la jeune femme quitte ses fonctions au sein du cabinet. Elle s’aperçoit cependant qu’elle ne sera pas occupée à plein temps.

Une mission de 10 ans auprès de la FPPCF

« Je me suis alors installée à mon compte, en tant que prestataire de service », indique Emilie Morichon. C’est alors que Patrick Daneels, président de la Fédération des poneys et petits chevaux de France, sollicite Emilie pour l’aider à définir une stratégie de regroupement. « L’idée était de rassembler différents stud-books afin de les faire peser et s’exprimer d’une seule et même voix, notamment auprès de la SHF, souligne-t-elle. La mission n’était pas une tâche facile, car certains stud-books comptabilisaient une dizaine de naissances par an, a contrario d’autres, comme le Poney français de selle, qui en a beaucoup plus ! » C’est ainsi que la jeune femme met le pied à l’étrier et pénètre au sein de la filière cheval. Elle détecte les points communs de chaque stud-book, définit des actions transversales et porte les projets auprès des institutions. Sa mission dure pas moins de dix ans ! « Je crois que mes anciennes responsabilités au sein du service des ressources humaines m’ont été d’une grande aide dans le cadre de cette mission. »

« Ne pas changer de cap trop brusquement »

Durant ces dix années, elle réalise également des missions pour le compte de la SHF, en tant que prestataire de services. « J’ai notamment œuvré sur une demande de subvention ministérielle », indique Emilie. C’est ainsi qu’elle fait la connaissance de Michel Guiot, avec lequel le courant passe bien. « Je n’avais pas prévu à court terme de changer de mission, mais le challenge m’a plu. La FPPCF est la maison mère des poneys, et a vocation à aider les éleveurs. Je vois la SHF dans la même optique, mais avec une ampleur plus grande. Ce n’est pas exactement le même segment, mais la vocation est la même : accompagner et soutenir l’élevage équin. » L’arrivée de Michel Guiot a donné le coup d’envoi de certains changements et, pour commencer, un questionnaire a été envoyé aux adhérents afin qu’ils puissent exprimer précisément leurs attentes. « Dans un premier temps, j’observerai. La SHF, c’est un peu comme un paquebot : on ne peut pas brusquement changer son cap sous peine de la déséquilibrer. Mais elle doit s’adapter aux nouvelles problématiques de la filière et des éleveurs », souligne Emilie Morichon. L’un des premiers dossiers dont elle se saisira est l’optimisation des ressources humaines. Un sujet qu’elle connaît bien ! « Aujourd’hui, je suis face à un “puzzle” avec de très bons profils. Il faut les mettre dans les meilleurs périmètres et optimiser ainsi nos actions. Ce travail se fera d’abord en interne. J’ai la chance aujourd’hui de connaître une bonne partie de l’équipe. »

 

Des stratégies définies en fonction des besoins

Et puis, dans quelques semaines, la trentenaire vivra ses premières Grandes Semaines au poste de directrice de la SHF. « En raison de la pandémie, les deux dernières années ont été particulières pour les éleveurs, propriétaires et cavaliers. Ma volonté, c’est que tout se déroule au mieux et aller à la rencontre de nos adhérents. » À l’issue des finales d’élevage, les élus de la SHF, sous la houlette de Michel Guiot, et Emilie Morichon éplucheront les résultats des questionnaires envoyés aux éleveurs en début d’année. « Nous pourrons ensuite définir notre stratégie et nos priorités. Notre volonté, c’est de préserver l’héritage de la SHF et de la conforter dans sa place de maison mère, notamment suite au désengagement de l’État. Mais il faut qu’elle évolue et qu’elle soit véritablement au service de l’élevage. Cela passe, par exemple, par le fait de mettre à disposition de chaque éleveur, quel que soit l’endroit où il réside en France, des outils de formation et de valorisation de ses jeunes chevaux. Nous allons examiner les besoins et proposer le meilleur accompagnement en fonction de ce que nous observerons. »

Vers les championnats du Monde d’attelage à un poney

Emilie Morichon, qui réside entre Fécamp et Dieppe, prend donc régulièrement la route de Paris et des compétitions Jeunes chevaux pour son travail. Alors qu’elle œuvrait pour la FPPCF, elle a commencé à élever quelques poneys. « J’ai longtemps été cavalière de loisir et je me suis mise à l’attelage. J’ai commencé la compétition à poney en 2010 et j'y ai pris goût. Je me suis entraînée et j’ai sportivement évolué. J’espère participer aux prochains championnats du Monde qui se dérouleront en France. »