Michel Guiot succède à Yves Chauvin à la présidence de la SHF
samedi 16 janvier 2021

Michel Guiot
Michel Guiot © DR

Le Conseil d’Administration de la Société Hippique Française, réuni en visioconférence le 15 janvier 2021, a élu hier Michel Guiot au poste de président. Il succède à Yves Chauvin qui avait annoncé sa démission le 11 septembre 2020 lors de l’assemblée générale.

Yves Chauvin, élu à la présidence de la SHF en 2012, puis réélu en 2015 et 2019, l’assure, il fera en sorte d’aider au maximum la nouvelle équipe et de lui faire profiter de son expérience. « A titre personnel, je n’aspire pas particulièrement à assumer de nouvelles fonctions. On ne peut pas être et avoir été. Heureusement, j’ai d’autres passions que les chevaux - sourit Yves Chauvin- j’adore la musique, le théâtre, la montagne et le ski. Depuis dix ans, entre la reprise du Selle Français qui n’était pas dans une situation formidable, et la SHF, dont la confirmation du statut de société mère a pris du temps, j’ai en effet été très occupé. J’ai fait de mon mieux, surtout en 2020 où les circonstances étaient pour le moins délicates. Le circuit élevage et valorisation s’en est plutôt bien sorti grâce au fait que nous avons défendu le statut professionnel des éleveurs et cavaliers, contrairement au pur loisir sportif. Je laisse une association avec des caisses bien pleines, assez peu d’investissements à faire car 90% ont déjà été effectués. La nouvelle équipe a tous les atouts en main pour bien travailler. » Concernant le nouveau président, Yves Chauvin le souligne, Michel Guiot ayant un statut de socio- professionnel, il faudra veiller à ne pas rentrer dans des notions de conflits d’intérêt, mais ajoute que la SHF n’est pas véritablement concernée par ce genre de sujets. « Ce sont davantage les associations nationales de races, le SBSF, l’étalonnage, le système des approbations qui le sont. De toute façon, le conseil d’administration fonctionne plutôt bien, avec un COMEX qui propose et des décisions votées de manière démocratique. Il est rare que les mesures ne remportent pas le consensus. Il ne reste pas énormément de choses à réinventer, nous avons réformé l’endurance, l’attelage, le concours complet, le dressage. Reste à améliorer le système d’organisation pour les concours car la sociologie des organisateurs, la demande des cavaliers et les chevaux ont évolué. »

Michel Guiot, un président très impliqué

Figure emblématique de l’élevage de chevaux de sport, Michel Guiot vient donc d’ajouter une corde supplémentaire à son arc. Vétérinaire équin spécialisé en reproduction, gérant fondateur du Haras de Talma dans les Ardennes, il est vice président du stud-book Selle Français dont il a intégré le Conseil d’administration voilà 13 ans, président de la Commission élevage de la SHF, et co-gérant de France Etalons. Après avoir siégé pendant 20 ans le Conseil d’administration de l’association régionale d’éleveurs des chevaux et poneys de sport de Champagne-Ardenne, il en a assuré la présidence durant sept ans. Dans le programme qu’il exposait en présentant sa candidature, Michel Guiot pointait trois axes prioritaires, recentrer le rôle de la SHF au service des éleveurs (formation des chevaux de 4 à 6 ans, soutien des organisateurs), rechercher des synergies entre les acteurs de la filière (Conseils des chevaux, studbooks, sociétés de courses, SFET), mutualiser certains services, et opérer un rapprochement avec le sport, à savoir la FFE. Michel Guiot préconise également une réforme de la SHF « profonde et progressive », dont la mise en place d’un conseil de surveillance pour contrôler et limiter les conflits d’intérêt. 

Les premières mesures

 Le nouveau président l’annonce, au registre de ses premières actions, suite à la désignation d’un COMEX, prévu le mardi 19 janvier, l’élaboration d’un questionnaire le plus complet et le plus large possible, adapté à toutes les disciplines, à destination de tous les adhérents qui attendent un changement profond au sein de la SHF. « C’est une première mesure nécessaire avant de proposer des réformes. » Côté étalonnage, Michel Guiot le constate, « la France est le pays d’Europe, voire du monde,  qui propose aux éleveurs le catalogue d’étalons et la génétique les plus variés, même si la réussite des éleveurs dépend aussi des lignées maternelles et de la valorisation, des aspects sur lesquels nous travaillons avec le SBSF. Actuellement, près de 80% des meilleurs chevaux naissent chez 20% des meilleurs éleveurs. Mon objectif est que tous les éleveurs, notamment les jeunes, puissent se professionnaliser et vivre plus dignement de leur métier, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Je fais partie de ceux qui ont eu la chance de réussir. Je me sens redevable vis à vis de ceux pour lesquels ce n’est pas forcément le cas. C’est pourquoi je souhaite leur apporter tout mon soutien, et partager mon expérience. »

Michel Guiot envisage de conserver sa mission auprès du SBSF, et discutera de ce sujet avec le président Pascal Cadiou, qu’il compte bien garder dans son équipe à la SHF. Les craintes concernant d’éventuels conflits d’intérêt ou de situations de monopole détenues par les plus grands étalonniers circulent depuis un bon moment sur les réseaux sociaux. Michel Guiot objecte «  Les personnes ayant une vraie connaissance des sujets et prêts à s’investir dans les institutions sont assez peu nombreux, d’autant qu’il s’agit de missions bénévoles qui s’exercent souvent au détriment de la gestion des établissements. Ils sont tous socioprofessionnels, et pour cette raison, on est forcément assez proche du conflit d’intérêt. Un de mes souhaits, comme je l’ai exposé dans ma profession de foi, est de créer un conseil de surveillance indépendant, comparable au CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) du cheval, constitué de membres qui n’ont aucun intérêt personnel dans les sujets que nous abordons, de manière à restaurer la confiance dans notre institution. Il nous appartient d’éviter que certaines lignes soient franchies. En revanche, le fait que les diverses instances soient très proches les unes des autres peut aussi constituer une véritable force de frappe pour contrer les problèmes de traçabilité et de circulation du matériel génétique, ou la concurrence des élevages étrangers par exemple. Nous avons besoin de dirigeants qui ont les mains dans le cambouis. Le fait que la SHF bénéficie des compétences de chefs d’entreprises qui fonctionnent est un atout pour l’ensemble de la filière. Dans tous les cas, les décisions sont prises de manière collégiale à la majorité des votes. Nous avons quatre collèges de neuf personnes, soit 36 personnes qui s’expriment. Les décisions sont proposées en commission, discutés en COMEX et validées ou non par le conseil d’administration. »  

Mardi 19 janvier, la composition de la future équipe sera divulguée par la SHF.