Projet public-privé au haras de Compiègne.
mercredi 18 mars 2015

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Voiture hippomobile des Haras Nationaux © Béatrice Fletcher

Le Ministère de la Culture lance un appel à mécènes pour le musée des transports qui devrait s’installer dans les écuries du roi, occupées par le haras de Compiègne.

L'objectif est d'ouvrir en 2018 un premier espace d’exposition au rez-de-chaussée (20 millions).
Menacé de disparition en 2008, le haras de Compiègne se cherche une nouvelle vocation à côtés des objectifs officiels liés à sa fonction. Les bâtiments dits « des écuries du roi  Louis XV» pourraient abriter les collections de voitures hippomobiles et automobiles installées au palais impérial. Ce projet, souvent annoncé, toujours reporté, vient de franchir une étape décisive avec l’appel à mécènes, lancé par le ministère de la Culture. En même temps, Emmanuel Starcky, directeur des musées de Compiègne relance une étude pour l’aménagement des lieux.

Il s’agit d’exposer des voitures hippomobiles et automobiles, traîneaux, cycles et bagages, pour illustrer la période charnière du passage de l’hippomobile aux moteurs à vapeur, électriques et à essence : « la France, tout au long du XIXè et du XXè siècles, a été l’un des pays les plus inventifs au monde dans le domaine de la locomotion, précise Fleur Pellerin, ministre de la Culture. Nous avons la chance d’avoir un musée national qui raconte l’histoire de ce passage... » L’aventure conjugue des expériences techniques et esthétiques. Leur installation dans les grandes écuries du roi leur donnera un cadre en adéquation avec leur importance.» Le futur musée des transports est classé dans les grands projets de son ministère.

En effet les carrossiers français étaient parmi les plus innovants, les plus raffinés aussi, comme le démontrent certains joyaux de la collection, la berline de Napoléon III (conçue par Ehrler en 1867) ou la voiture de gala du président de la République, une Mulhbacher de 1895. En fait le palais recèle 100 véhicules hippomobiles et 30 voitures à essence offertes par les carrossiers et les constructeurs, plus des cycles, des accessoires et des œuvres d’art donnés par les équipementiers et fabricants de bagages.Le tout est actuellement stocké au palais impérial et interdit au public pour des raisons de sécurité.

Le projet au haras, financé par le ministère de la Culture avec la communauté d’agglomération et le conseil général, associera des mécènes pour boucler la première tranche, évaluée à 20 millions. L’ensemble des surfaces disponibles s’étend sur 9 200m2, sur deux étages et nécessite de gros travaux de restauration, d’isolation et d’aménagement muséographique.
« Le mécénat peur être financier et/ou en nature ou de compétence, en fonction du choix de l’entreprise ou les souhaits du donateur. » Il peut être global ou attaché à une salle ou à un thème spécial, les dons peuvent s’échelonner dans le temps, mais le plancher est fixé à 100 000 €.
La seconde tranche de travaux est évaluée à 18/20 millions également.
Les bâtiments du haras appartenant au ministère de l’Agriculture, l’IFCE en garderait une partie et se verrait confier l’animation pédagogique et la mise en valeur des métiers liés à l’hippomobile et aux chevaux.
L’IFCE attend que le tour de table soit bouclé avant de se positionner, tout en étant très ouvert à cette proposition qui redonnerait du lustre à ses bâtiments en pierre de taille pratiquement vides aujourd’hui.