Bundeschampionate : quelles sont les futures stars du dressage allemand ?
vendredi 09 octobre 2020

Va'Pensiero
Va'Pensiero, champion des 3 ans, sous la selle de Hanna Laser © Kiki Beelitz

Cette année, les Bundeschampionate, les championnats nationaux allemands pour jeunes chevaux et poneys dans les trois disciplines olympiques, ont eu lieu sous une nouvelle formule adaptée aux exigences de la crise sanitaire et qui a nécessité beaucoup de réflexion. Focus sur le championnat de dressage, qui a révélé de vraies pépites.

Pour assurer leur tenue, l’ensemble du circuit a été repensé. Les boxes ont été construits dans l’optique de garantir la distanciation et les carrière de détente de dressage ont été agrandies. Markus Scharmann, responsable de l’organisation des compétitions, est soulagé : « Tout c’est bien passé. On a pu mettre en place toutes les mesures sanitaires. Mon plus grand regret est pourtant qu’il n’y ait eu ni spectateurs, ni éleveurs, ni propriétaires de chevaux. » Il ajoute : « Financièrement, c’était un casse tête. Sans les recettes de billetterie, il nous fallait faire des économies sans pénaliser les cavaliers. » 

Un lot de 3 ans très qualiteux

Chez les juments et hongres de 3 ans, l’hongre hanovrien Rock Festival (Rock Forever I x Fürstenball) a pris immédiatement la tête avec une note finale de 9,5 - dont un 10 pour le trot et le galop ! - pour la grande joie de son éleveuse, propriétaire et cavalière, Joline Durand
Chez les étalons, le hanovrien Va’Pensiero (Vitalis x Fürstenball), déjà en tête lors de la qualification, a encore amélioré ses notes dans la finale (9,5). L’étalon approuvé, qui est déjà champion des étalons 3 ans du Hanovre, a été très bien présenté par Hannah Laser, avec un niveau de formation noté à 10. Le titre de vice-champion est attribué à Rockabye (Revolution x Belstaff), propriété de Helgstrand Dressage tandis que Macchiato 27 (Morricone I x Just Perfect) s’accapare le troisième rang. 

La famille Wendeln à l’honneur chez les 4 ans

Grâce à Casey 39, la famille Wendeln prouve une fois de plus la qualité de leur poulinière C’est Bon (Fürst Heinrich x Rubinstein I x Inschallah AA), surtout lorsqu’elle est associée à Sir Donnerhall I. Cinq descendants de leur poulinière C’est Bon, née en 2002 (Fürst Heinrich x Rubinstein I x Inschallah AA), ont gagné une médaille d’or lors des Bundeschampionate : Candy OLD, Cindy OLD, Caty OLD, Sir Heinrich OLD et maintenant Casey. En août dernier, cette dernière a été déclarée « OL-Siegerstute » lors du championnat des juments oldenbourg 3 et 4 ans. Sir Heinrich OLD est quant à lui stationné comme reproducteur au Haras d’Etat Landgestüt Warendorf, tandis que Candy OLD évolue depuis deux ans sous la selle de Helen Langehanenberg et vient de gagner sa première épreuve St. George à l’âge de 7 ans. Une suite de carrière logique quand on sait qu’elle a terminé troisième des championnats du Monde d’Ermelo à 5 ans, sous la selle d’Eva Möller.
Ces éleveurs passionnés, qui ont fait fortune dans la boulangerie industrielle, font naître depuis plus de cinquante ans des chevaux sur la base de deux lignées maternelles : Cinderella et Juliane III. En 1975, Paul Wendeln avait trouvé Cinderella chez un marchand de bestiaux en Allemagne. Cinderella (Armand x Camillo), née en 1968 aux Pays-Bas, avait des origines Oldenbourg. Depuis, environ soixante-dix juments de l’élevage Wendeln ont été primées, trente étalons ont reçu l’approbation et de très nombreux chevaux poursuivent une carrière sportive en dressage et en saut d’obstacles. Si Paul Wendeln, maintenant âgé de 83 ans, garde toujours un oeil sur l’élevage familial, son fils Peter a repris depuis 2015 la gestion des chevaux destinés au saut d’obstacles. 

Chez les mâles, dont le lot s’est avéré exceptionnel, Fynch Hatton OLD (Formel Eins x Sir Donnerhall I), sous la selle de Sina Aringer, s’impose devant deux concurrents que les juges ont été incapables de départager : le oldenbourg Global Player (Grand Galaxy Win x Don Schufro) et le hanovrien Damaschino (Danone I x Fidertanz). 

Les favoris en haut de l’affiche

Dans la cour des plus grands, quelques belles surprises sont venus déjouer les pronostics, même si globalement, les meilleurs figurent à leur place. Du côté des 5 ans, la jument oldenbourg Sommernacht 7 (Rocco Granata x San Remo), née chez l’étalonnier Ingo Pape, a plu aux juges par sa perméabilité, son élasticité et ses foulées très régulières. Sous la selle de Greta Heemsoth, elle a réalisé une reprise exemplaire. D’ailleurs, elles ont gagné toutes les épreuves auxquelles elles ont participé cette année. Pas étonnant donc qu’elles remportent également le championnat.

Dans l’épreuve des 6 ans, il en est un qui n’a pas failli à sa réputation et qui s’est adjugé l’or, un an après son titre de vice-champion des 5 ans : Secret 13 (Sezuan x St. Moritz). Jessica Lynn Thomas, sa cavalière, le connaît par coeur et se souvient des débuts : « Secret me semblait trop grand, mais en fait, il est le cheval le plus gentil que je puisse m’imaginer. Nous nous sommes tout de suite bien entendus. Il est un peu timide, mais il me fait confiance. Avant ce championnat, nous ne sommes sortis en concours qu’une fois, c’était un peu risqué. » L’étalon a surpassé la concurrence avec un trot très impressionnant noté à 9,5 et un galop puissant qui lui a valu un 10 ! De quoi convaincre encore davantage d’éleveurs de l’utiliser sur leurs juments, lui qui en a déjà séduit beaucoup et dont les premiers produits semblent prometteurs. À titre d’exemple, Pendragon de la Morandière de Secret a été le 2e meilleur foal mâle lors des Finales France Dressage cette année. 

La grande surprise de ce lot, c’est l’hongre westphalien Senor Charming (Stanford x Fürst Piccolo) qui s’est couvert d’argent. Alors qu’il n’était que 32e lors de la qualification et a dû passer par la petite finale, il a montré une reprise parfaite et pleine d’harmonie avec Kira Laura Soddemann. La cavalière s’est d’ailleurs spécialisée dans la formation de jeunes chevaux après avoir travaillé chez Michael Klimke.