Fandi, un début de saison prometteur
jeudi 13 mai 2021

Fandi et Clément Marnier
Fandi et Clément Marnier lors de la finale des 5 ans à Fontainebleau en 2020 © PSV/SHF

Lors de la finale SHF des jeunes chevaux de Fontainebleau 2020, Fandi, fille de Windows VH Costerveld (alias Cornet Obolensky) et de Balubetta, fille de Baloubet du Rouet, décrochait la mention Elite, réservée aux cinq meilleurs de leur génération sous la selle de Clément Mernier. Le couple a débuté sa saison SHF à l’occasion du concours de Fontainebleau, l’occasion pour nous de faire le point avec son naisseur.

Bernard Schotsmans, ancien cavalier international spécialisé depuis des décennies dans le commerce des chevaux de sport à Larchant (Seine-et-Marne), a choisi depuis une douzaine d’années d’ajouter une corde à son arc, l’élevage. Ne disposant pas sur place des infrastructures nécessaires, il confie la gestion de ses huit poulinières à Marius Huchin, au Haras des Princes (Pas-de-Calais). Comme l’explique Bernard Schotsmans, il avait acheté Balubetta à Alexander Onyshchenko, le sulfureux milliardaire ukrainien. « Ces dernières années, j’ai manqué de chance avec cette jument » raconte-t-il. « La propre sœur de Fandi, Ginna, est morte en 2016, de même que son demi-frère par Eldorado van de Zeshoek en 2019.  Heureusement, j’ai actuellement une fille de Contendro de trois ans, Isahia, qui semble prometteuse. »

Une lignée internationale

Si en France la lignée maternelle de Fandi n’est pas connue, elle l’est Outre-Rhin. Sa mère Balubetta enregistrée au stud-book OS et propriété à l’époque de Paul Schöckemöhle, a également produit l’étalon Charon, Old (Chacco-Blue, Old) qui évolua en CSI5* avec Antonio Maurer (MEX) avant de rejoindre l’Argentine, son propre-frère Tailormade Chabalou, Old, CSI4* avec Soren Pedersen (DEN), et Nimrod II, Old (Nintender, KWPN) CCI4* avec Francis Whittington (GBR). La sœur utérine de Balubetta, Baronara, Old (Balou du Rouet, Old) a produit de son côté Staronara, alias Shangri La, Old (Stakkatol, Old), CSI4* avec Marc Bettinger (GER). Leur grand-mère Baronaika, Old (Domino, Han) est aussi celle de Baldino Du’Rouet, Old (Baloubet du Rouet, SF), CSI4* avec McLain Ward (USA). La génétique est donc bien là !

Une formation progressive

A trois ans, Fandi, comme le reste des jeunes chevaux de cette génération chez Bernard Schotsmans, est rentrée du Haras des Princes pour être débourrée, puis a retrouvé les pâtures jusqu’à l’automne précédant son quatrième anniversaire. « Comme les autres », indique Clément Mernier, le cavalier maison, « elle a fait trois tours, pour découvrir le camion et d’autres terrains. Ensuite, soit on continue à les entretenir un peu, soit ils retournent au pré, mais dans tous les cas ils ne font pas toute la saison de quatre ans. » L’année suivante, Fandi rejoignit directement les cinq ans A, et termina Elite après avoir commis une seule faute sur seize parcours. « C’est toujours plus facile avec des bons chevaux », sourit le cavalier. « Elle est inarrêtable, elle possède de gros moyens et elle est respectueuse, elle ne pose aucun problème ni aux écuries, ni dans les transports, ni au paddock, ni en piste. »  « Elle a du sang, elle est très moderne, et elle a un excellent tempérament », ajoute Bernard. « Elle est assez grande (1,70m) et plutôt longiligne, et correspond tout à fait au type de modèle que j’apprécie. Elle était un peu sensible, comme beaucoup de produits de Cornet Obolensky, mais entre temps elle a mûri, elle semble plus simple en ce début de saison. »

Pour Fandi, la période hivernale a été mise à profit pour résoudre un petit problème de vertèbres grâce à une légère intervention dont visiblement elle s’est parfaitement remise, puisqu’elle a signé avec beaucoup d’aisance deux jolis tours sans faute lors du concours de Fontainebleau des 4 et 5 mai, un retour en compétition concluant suite à un long break depuis le mois d’octobre 2020. A terme, comme les cinquante chevaux de l’écurie, Fandi est destinée à être commercialisée, y compris pourquoi pas en cours de saison de six ans. « Nous allons lui laisser tout le temps nécessaire pour se remettre de son intervention », conclut l’éleveur-propriétaire, dont le fils aîné Joffrey et son épouse Charlotte ont récemment créé « Horse Schotsmans Fontainebleau », une structure dédiée au commerce de chevaux de sport destinée à perpétuer le savoir-faire familial et à répondre à l’évolution du marché.