GSD : Cycles libres, quelques très belles reprises
samedi 26 septembre 2020

Nadine Cochenet
Nadine Cochenet © Béatrice Fletcher

Les finales des jeunes chevaux de dressage de la Société Hippique Française, traditionnellement organisées à Saumur, se tiennent exceptionnellement au Grand Parquet de Fontainebleau, en lieu et place des finales de cycle libre de CSO, annulées en raison de la crise sanitaire. Répartis en quatre classes d’âge, les 67 candidats de 4, 5 et 6 ans au titre national de champion de France dans la catégorie Cycle Libre, étaient en piste depuis ce matin dès 8h sur les carrières des Princes et O’Delant.

En cette année si particulière, il suffisait aux jeunes espoirs de la discipline, confiés aux rênes de cavaliers amateurs, d’avoir effectué une seule sortie en compétition pour décrocher leur qualification pour cette grande semaine. Pour la plupart, la difficulté ne tenait donc pas tant au texte de la reprise préliminaire du jour, composée de mouvements de base aux trois allures, mais plutôt à un manque de compétition dans un environnement inhabituel que d’aucuns ont trouvé fort intimidant. Malgré ces circonstances inhabituelles, quelques chevaux ont affiché une véritable maîtrise de la situation, et exprimé tout leur potentiel. Se sont particulièrement illustrés Falcone du Hans (5ans 1ère année), aux commandes de Lisa Kloninger Chachaty, (81,80%), Kinai du Rêve 1, (5ans 2ème année) sous la selle de Diane Sabathe (80.600 %), ainsi que les deux 4 ans Finest Brand/Julie Texier (84.200 %), et Sunschein Jung/Fleur Maugras (80.600 %). 

L’œil de l’expert 

Tout comme leurs camarades de saut d’obstacles de quatre et cinq ans, les jeunes espoirs de la discipline bénéficiaient de l’œil expert d’un panel de juges qui, au-delà de leur attribuer une note, prenaient le temps de commenter leur prestation et de leur conseiller quelques pistes de progression. Parmi eux, Nadine Cochenet, qui aura su se montrer à la fois juste et bienveillante sans pour autant manquer de souligner les points importants à améliorer. 

Vos attentes sont-elles identiques en cycle libre et en cycle classique ?

Dans l’absolu, on attend la même chose, à savoir des chevaux travaillés dans l’esprit de l’échelle de progression, en suivant exactement les mêmes étapes. Dans le cycle classique, ce sont pour la plupart des chevaux d’avenir montés par des professionnels, dont on espère qu’ils atteindront le haut niveau par la suite. Nous sommes moins exigeants avec les chevaux du cycle libre, mais sur le principe nous cherchons l’équilibre, la flexibilité, la souplesse, le bon contact avec la main du cavalier, et des chevaux qui se portent d’eux-mêmes pour envisager le rassembler plus tard. Nous veillons particulièrement dans cette catégorie à la pratique d’une équitation juste, à l’accord et au dosage des aides, au fait que l’impulsion vienne de l’avant main, passe par le dos, la nuque et le garrot puis revienne à la main qui rend quand le cheval cède, de sorte que le cheval se porte de lui-même. Nous bannissons totalement les effets de force pour emboutir les chevaux et les retraits de la main. Pour obtenir une prime (accordée à 72% et plus, ndla) les chevaux doivent évoluer dans cet esprit-là. 

Quel est le degré de responsabilité du cavalier dans la présentation ? 

Parfois nous notons des problèmes techniques de la part du cavalier. Nous avons observé chez certains chevaux un manque de connexion entre l’arrière et l’avant main, un défaut d’activité et d’impulsion, car le cavalier est un peu dépassé ou que ses actions de mains sont trop fermes, des chevaux trop ouverts qui écrasent leur garrot, d’autres qui viennent buter sur la main et ne peuvent pas fonctionner normalement. Notre rôle est de faire comprendre aux cavaliers qu’ils ne doivent pas les présenter dans ces conditions, sans pour autant les décourager. Certains chevaux ne sont pas suffisamment préparés, même si les cavaliers font tout pour bien faire, il nous appartient de leur donner envie de progresser, sans nous substituer au coach, même si nous savons ce qu’il faudrait faire. 

Quelle évolution avez-vous observée au fil des années en cycle libre ?

Je juge depuis 1992, après avoir interrompu ma carrière en Grand Prix. Dans cette catégorie, on a pu observer une vraie évolution des chevaux et des cavaliers.  Il fut une époque où nous jugions des couples qui n’étaient absolument pas préparés, ce qui est devenu extrêmement rare. 

Quel est votre conseil aux cavaliers amateurs ?

Je leur conseille essentiellement de prendre conscience du fait que les problèmes sont en général dus au cavalier, et non au cheval, et de se remettre en question. Au départ, je suis absolument convaincue que tous les chevaux sont gentils et pleins de bonne volonté. Il appartient au cavalier de s’assurer qu’il s’y prend bien, qu’il explique les choses clairement, et que son cheval est physiquement capable de réaliser le mouvement demandé. Ce n’est jamais la faute du cheval. En général je suis plutôt bienveillante. En revanche je deviens féroce quand les cavaliers font preuve de brutalité. 

A partir de 10h, les jeunes poneys entrent en scène, de même que les chevaux courant pour la 3ème année, tandis que les 5 ans (1ère année) et les 6 ans (2ème année) disputeront leurs finales respectives. 

Résultats complets : ICI.