Gorille Doral, le prometteur étalon noir
lundi 24 mai 2021

Gorille Doral
Gorille Doral lors de la précédente Grande Semaine de Fontainebleau d'où il est reparti avec la mention "Excellent" de la finale des 4 ans © PSV

Parmi les quatre ans qui attiraient l’œil des observateurs par son look, son aisance, son style et sa puissance lors de la finale de Fontainebleau à l’automne 2020, et confirment leur qualité en ce début de saison 2021, le bel étalon noir Gorille Doral, SF (Galopin du Biolay, SF), propriété de ses éleveurs Edouard et Valérie Elie, et de son cavalier Max Thirouin.

Un croisement évident

En 2001, Valérie (Lamathe) et Edouard Elie, tous deux agents des Haras Nationaux, se rencontrent à l'école du Haras national du Pin. Tout en exerçant respectivement à Pau-Gélos et Compiègne, ils élèvent à Sames (40) des chevaux à l’affixe « Doral » en collaboration avec Denis Ozoir, qui oblique vers les courses en 2010. En 2011, lorsque l’IFCE met fin à son activité de reproduction, le couple décide de démissionner de l’institution. « Les nouvelles perspectives de travail ne nous passionnaient pas » confie Valérie. Edouard, BTSA de production animale, licence d’inséminateur et diplôme de chef de centre d’insémination en poche, s’installe comme agriculteur et reprend l'activité du Haras de Sames, dont le centre d’insémination, et développe en parallèle le site d’Orthevielle (40), soit une superficie totale d’une vingtaine d’hectares. De son côté, Virginie, titulaire d’une licence d’inséminateur, œuvre à temps plein aux côtés de son époux durant les quatre mois de la saison d’élevage durant laquelle 120 à 150 juments sont inséminées, et  travaille le reste du temps dans un laboratoire d'analyse de semences végétales. Amis de longue date de Dominique et Myriam Abraham, de l’élevage de Favi (62), le couple Elie acquiert en 2013 l’une de leurs meilleures poulinières, Melodie Van Het Lindehof, âgée de 17 ans, fille de K Zostara 56 et de Prima VH Lindehof, petite-fille de Darco, dotée d’un très bon coup de saut pour le plus grand plaisir d’un amateur, et donne naissance à des produits « avec un très bon mental et du sang » souligne Valérie.

La Mélodie du succès

Avant de tirer sa révérence début mai à l’âge de 25 ans, Melodie s’est montrée pour le moins prolixe, avec ses anciens propriétaires dès 2006, puis avec Edouard et Valérie à partir de 2014. A son actif, sauf en 2013,  un poulain chaque année, avec divers étalons tels que L’Amour du Bois (Ionie Doral et Jorah Doral 2018 et 2019), Idem de B’Neville (Higgins Doral, 2017), Miami de Semilly (Fourmi du Doral, 2015), Kalaska de Semilly (Ecureuil du Doral 2014 et Alaska de Favi 2010, ISO 132/2016 sous la selle de Nicolas Delmotte), Number One d’Iso (Carmen de Favi, 2012, ISO 125/2019 et Beezie de Favi, 2011), Apache d’Adriers (Van Het de Favi, 2009, Ukyluc de Favi 2008 et Sierra de Favi, 2006, ISO 126/2015), ou Moustic des Salines (Tosca de Favi, 2007, ISO136/2017). Pour la conception de Gorille Doral, le croisement avec Galopin du Biolay, SF (Butin d’Elle, SF, ISO 171/2007), né chez Bertrand Moissonnier (01), s’est révélé être une évidence pour les éleveurs. Non seulement l’étalon, performeur sous la selle de Jessica Kuerten était stationné dans leur secteur, mais il était également le père de D Day Doral, l’une des poulinières du couple, petite-fille de la célèbre Electre II, SF (Monceaux, PS) et dont la mère Veloce II, SF (Grand Veneur, SF), sœur de Flushing, SF (ISO 173/2004) et Urbain du Monnai, SF (ISO 174/97), a donné naissance à plusieurs produits performers (Anelka Doral, ISO 140/2019, Pitch de Riverland, ISO 126/2015, Nebula, ISO 162/2015, née chez Gaëtan Colantuano tout comme sa propre-sœur Nifty, ISO 127/2009, ou prometteurs à l’image de Karadoc, Jadis, Illustria et Hiphigénie Doral

La rencontre avec Max Thirouin

Né en 2016, Gorille, comme tous les produits de l’élevage Doral qui ne sont pas vendus au sevrage, est confié aux bons soins de Rémi Preuilh, des écuries d’Ankaria à Habas (40). Celui-ci se charge de le débourrer puis de le débuter sur le circuit classique. Après avoir été approuvé comme étalon à l’âge de trois ans, en 2019, puis présenté au testage, où il décroche la mention « très prometteur », Gorille fait ses classes sur les épreuves de quatre ans jusqu’au début du mois d’août. Max Thirouin, à la recherche d’un cheval pour son épouse Daphné, poste une annonce sur les réseaux sociaux. Heureux hasard, Ronan Hélias, ex cavalier reconverti dans le transport routier, coincé à la frontière espagnole, lui signale avoir repéré sur un concours dans la région Edwina de Favi, 7 ans (Rock’n Roll Semilly, SF), basée au Haras de Sames. Le cavalier de Machault contacte alors Valérie et Edouard, qui lui envoient une vidéo de la jument et lui parlent de Gorille Doral, en stage chez Bruno Rocuet avec Rémi Preuilh. Max attend le retour du quatre ans, fait le déplacement en août 2020 dans le sud ouest, confirme son intérêt pour Edwina qu’il acquiert, et essaye le jeune étalon. « Je n’ai jamais eu ce genre de sensations avec aucun cheval auparavant » confie Max, qui rend hommage à Rémi. « Il s’est très bien comporté, il l’a magnifiquement préparé à quatre ans. Gorille aime sauter, quand il voit un obstacle, il se prépare, se met en équilibre, frappe le sol devant l’obstacle, et monte en l’air d’une manière naturelle incroyable. » Un accord est scellé entre les éleveurs et le cavalier, désormais copropriétaires. « Continuer l’aventure en étant toujours propriétaire nous a paru très intéressant » souligne Valérie. Max monte sa nouvelle recrue au CIR de Compiègne, puis à la finale de Fontainebleau 2020 où il est gratifié de la mention « Excellent ». En ce début de saison 2021, après huit parcours dont sept sans fautes sur le circuit SHF 5 ans, Max se dit enchanté de son protégé dans lequel il place de vrais espoirs. « En dehors de son chic et de son super tempérament, il a beaucoup d’énergie, de respect et une forte locomotion. Bien qu’il soit entier, il est très facile à gérer, nous avons une complicité formidable.  Je pense que c’est un crack. » Si la carrière sportive de Gorille est confiée à son cavalier, qui prévoit de compléter le circuit classique en guise de préparation au haut niveau, Valérie, en charge de sa carrière de reproducteur, a déjà inséminé trois de ses juments  pour évaluer ses qualités avant de le commercialiser, en attendant de découvrir les qualités de sa fratrie. Le début d’une belle aventure à quatre mains pour ce jeune espoir qui suscite d’ores et déjà l’intérêt de nombreux éleveurs européens. 

Détails cheval

Gorille Doral, mâle SF, noir, né en 2016, ISO 122/2020

Par Galopin du Biolay, SF (Butin d’Elle, SF) ISO 171/2007 et Melodie Van Het Lindehof, sBs par K Zostara 56 OES et Prima VH Lindenhof, OES par Kimball, Bwp. 

Approuvé Selle Français