Grande Semaine de Saumur : le formidable doublé de Bellini Jiva
dimanche 02 octobre 2022

Elsa Maulet, en selle sur Bellini Jiva et aux côtés de Louis Jiva, ici lors de la Grande Semaine de Saumur
Elsa Maulet, en selle sur Bellini Jiva et aux côtés de Louis Jiva, ici lors de la Grande Semaine de Saumur © Emilie Dupont

Ils ne sont que très peu à avoir réalisé l'exploit d'être sacré champion de France deux années de suite. Bellini Jiva, lui, l'a fait. Ce dimanche à Saumur, en signant la meilleure reprise du championnat réservé aux chevaux de six ans, le bel hongre alezan brûlé a confirmé qu'il était encore et toujours le meilleur de sa génération et a, en prime, été le seul à décrocher la mention "Élite".

Ce dimanche après-midi, autour de la cour d'honneur de l'Ecole nationale d'équitation, lors de la grande finale du championnat réservé aux chevaux de six ans, Bellini Jiva (Benicio, Hann, et Shikeria, par Scolari, Hann) a démontré qu'il faisait définitivement partie des meilleurs de sa génération. Sous la selle d'Elsa Maulet, celui qui avait été sacré champion de France l'an passé a déroulé la reprise la plus au point techniquement de la journée et a été le seul à franchir la barre symbolique des 80% (81.40%). Les juges ont de nouveau souligné un joli travail au trot, une jolie cadence et de l’élasticité. « Le dernier trot allongé nous a décidé à mettre 8.5 pour cette allure », ont-ils d'ailleurs précisé. Quant au pas, il était « dans un rythme clairement à quatre temps. Nous aurions aimé un peu plus de liberté d’épaules mais ce que nous avons vraiment apprécié c’est que, sans avoir un grand pas, il nous a montré un vrai pas rassemblé », ont ajouté les juges, qui ont attribué la note de 7.8 à cette allure. Le galop, malgré une faute dans une transition et un changement de pied raté, a été noté à 7.9, tandis qu'un 8.2 a été attribué pour la disponibilité. « Nous pensons que c’est un cheval qui a de l’avenir. Il y a encore quelques petites choses à caler mais, dans l’ensemble, nous sommes certains qu’il a un avenir dans le dressage », ont conclu les juges. De cela aussi, Elsa Maulet en est convaincue, bien qu'elle ne s'attendait absolument pas à ce que son protégé soit de nouveau sacré champion de France cette année. « Le niveau des cinq est tout de même assez élevé, mais la finale des six ans est encore plus difficile. Les exercices demandés sont compliqués pour la plupart des chevaux de six ans, et l’enchaînement est très rapide. Il faut avoir des chevaux vraiment très sages, très disponibles, et c’est d’ailleurs ça qu’il faut le plus travailler. Mais Bellini est tellement studieux, tellement posé dans son attitude, j’ai l’impression qu’il n’a jamais le cœur qui se met à battre plus vite. En tant que cavalier, quand on rentre en piste et qu’on sent son cheval comme ça, on sait qu’on peut y aller, ça rassure », confiait la cavalière. Et si certains auraient justement pu avoir la pression d'un titre à conserver, Elsa Maulet, elle, ne l'a absolument pas ressentie. « Le fait que Bellini soit champion des cinq ans l’année dernière ne m’a pas réellement mis de pression. Personne ne me l’a mise en me disant "Il faut qu’il gagne à nouveau cette année". Nous l’avons laissé aller à son rythme dans le travail. Je ne m’étais pas non plus mis de pression concernant le score des autres car je n’ai pas eu le temps de les regarder. Je trouvais qu’il était vraiment bien lors de la détente, et je voulais juste qu’il soit aussi bien en piste », expliquait-elle. Si cette nouvelle victoire était quasiment inattendue, elle n'en a assurément été que plus émouvante. « Je suis tellement heureuse que le travail qu’on a fait ait payé, je me suis fait plaisir, que je ne réalise pas encore cette performance. Plus que le titre, je crois que c’est le fait de m’être fait autant plaisir qui me rend si heureuse », affirmait la cavalière, émue aux larmes. Notons d'ailleurs qu'en plus de son titre de champion de France, l'alezan brûlé a, à l'issue de ce championnat, été le seul de sa génération recevoir la mention "Élite".

Le doublé de Bellini Jiva, mais aussi d'Elsa Maulet

Si Bellini Jiva a ainsi été l'auteur d'un superbe doublé en remportant d'une année sur l'autre deux titres de champion de France, sa cavalière, Elsa Maulet a, elle, été l'auteure d'un autre genre de doublé. En plus d'avoir remporté ce championnat avec l'alezan brûlé, elle y a classé son deuxième cheval, Louis Jiva (Libertad, Hann, et Dolce Vita, par Don Crusador, Hann), troisième. Deux chevaux sur un même podium, en voilà une autre très belle performance ! À l'issue de sa reprise, les juges ont attribué au hongre noir la moyenne de 77.40%, avec les notes de 7.5 au pas, 8.5 au trot, 8 au galop, 7 pour la disponibilité et 7.7 pour les perspectives d'avenir.

Ce podium du championnat des six ans, Elsa Maulet l'a finalement partagé avec Charlotte Chalvignac, deuxième avec son énergique Diamonds Diva Majishan (Diamond Hit, Old, et Rhytmus Dance, par Rockford, Westf). Parmi les qualités de la nouvelle vice-championne de France, les juges ont notamment apprécié son galop, qu'ils ont noté à 8. Le pas à quant à lui été noté à 7.8, le trot à 7.4, la disponibilité à 8.2 et les perspectives à 7.8, pour une moyenne finale de 78.40% et la mention "Excellent".

« Ils étaient les seuls à être prêts techniquement »

Comparés aux résultats de la reprise qualificative, ceux de cette finale peuvent paraître quelque peu étonnants, puisqu'ils n'y ressemblent en rien. Entre les deux journées, le classement s'est vu complètement bouleversé. Il faut dire que, ce dimanche, dans la cour d'honneur de l'Ecole nationale d'équitation, les fautes ont été étonnamment nombreuses lors des quinze reprises. Du moins, bien plus que dans la précédente. S'ils étaient huit à avoir obtenu plus de 75% dans la reprise préliminaire jeudi - dont trois qui ont obtenu des moyennes à plus de 80% -, ils n'étaient que moitié moins dans cette situation ce dimanche. « Il y a eu une assez bonne qualité de six ans mais beaucoup de chevaux étaient énormément contractés aujourd'hui. Je ne pense que ce soit lié à la piste puisqu’ils l’avaient déjà vue, il n’y avait pas de pluie, pas de vent, et pas un public très nombreux. Mais il y a eu beaucoup de problèmes de contraction, notamment dans la ligne du dessus, de contact, ainsi que de changements de pied », pointait Alban Tissot, président du jury. Si, de prime abord, ce dernier a eu du mal à expliquer ces nombreuses erreurs, la piste de l'entraînement et de la préparation a finalement été évoquée. « Je ne sais pas si le podium reflète la meilleure qualité de chevaux ou la meilleure qualité d’équitation. Je dirais quand même qu’il s’agit plus de la qualité de l’équitation et de l’entraînement parce qu’il y avait vraiment de bons chevaux mais nous sommes en fin d’année de six ans et certains ont encore des difficultés à faire des appuyers, des épaules en dedans et des changements de pied. Je pense qu’il y a un problème d’entraînement. J’avoue ne pas avoir d’autre explication concernant toutes ces fautes dans une finale réservée aux chevaux de six ans. Ce ne sont que des erreurs techniques. Les trois qui se sont distingués sont ceux qui en ont fait le moins. Ce ne sont peut-être pas nécessairement les meilleurs en terme de qualité, mais ils étaient les seuls à être prêts techniquement », analysait le juge.

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