Hunter : quatre champions sacrés et une participation en hausse
mardi 07 septembre 2021

Goubet d’Arvor*GFE, gagnant des 5 ans en hunter
Chez les 5 ans, Goubet d’Arvor*GFE et Tony Cadet se sont très largement imposés en réalisant un parcours digne d'une véritable démonstration © Jean-Louis Perrier

L’édition 2021 du championnat de France Hunter Style a rassemblé un total de 51 partants, soit 17 de plus qu’en 2020. Une augmentation notable en particulier dans les trois classes d’âge chez les chevaux, qui étaient cette année au nombre de 42 alors qu’ils n’étaient que 15 en 2020. Les poneys, eux, affichent une baisse notoire avec seulement 9 participants, contre 19 l’année dernière.

Si Fontainebleau accueillait les finales des Cycles libres et Cycles classiques de saut d'obstacles ces derniers jours, il y avait également du hunter lors de la Grande semaine. Chez les poneys les plus jeunes, âgés de quatre ans, la ponette Français de Selle Helice of Noub (Very Star Kerveyer et Nouba du Donjon par Qredo de Paulstra) remporte le titre avec une note finale de 15.07/20, soit la mention "Excellent", notamment grâce au pilotage de Julia Raynaud. Chez les cinq ans, avec une jolie note de 15.88/20, c’est Gatsby de la Selune, PFS par Neicop d’Argent et Luby de la Seulles par Tarig des Chouans, qui s’impose sous la selle d’Amélie Berthault. La cavalière obtient également la meilleure note de ce cru 2021 avec le PSF de six ans Flashback Belebat, fils de All Star de Belebat et Naya de l’Egray par Linaro : 17/20, et donc la mention "Élite".

Chayenne Z, championne des quatre ans

Chez les chevaux, dans le lot des quatre ans, douze couples étaient au départ. Et la victoire revient à Chayenne Z, fille de Cicero Z et Amana de Liebri Z par Air Jordan Z, qui obtient la mention "Élite" grâce à une moyenne de 16.375/20, sous la selle de Stéphane Lafouge, cavalier de niveau international en saut d’obstacles et champion de France Pro Élite en 2008. « J’ai obtenu une qualification avec une autre jument de quatre ans, mais comme Chayenne était également retenue et que l’on m’a dit qu’elle était plutôt typée pour du hunter, je l’ai engagée », indique le cavalier. Une discipline qu’il apprécie d’ailleurs particulièrement. « Le hunter est une discipline très formatrice pour les jeunes chevaux. Cela permet de leur montrer beaucoup de choses. Je pense que je serai là l’année prochaine avec un quatre ans qui semble plus correspondre aux attentes des juges », ajoute-t-il. En effet, comme le précise Adeline Wirth Nègre, présidente de la commission hunter auprès de la SHF très au fait des critères établis par les créateurs de la discipline outre-Atlantique, « Chayenne a été magnifiquement présentée par Stéphane Lafouge et est irréprochable sur le plan technique. Mais elle n’a pas tout à fait le modèle que l’on souhaite pour la discipline. »

Melissas Sydney, splendide étalon noir KWPN, fils d’Emerald Van’t Ruytershof et de Quechua de Muze par Mister Blue, bien que gratifié d’une excellente note de 17.5/20 au modèle, doit se contenter du titre de vice-champion avec une note de 16.195 suite à une imprécision sur une distance dans une ligne, avec pourtant Grégoire Hercelin comme pilote. Le podium est complété, avec une moyenne de 15.355/20 (mention "Excellent"), par High Hopes Leone, fille de Diamant de Semilly et Noble Conquête par Hélios de la Cour II, sous la selle de Jérémie Rolland, pilote pour l’occasion de cette jument en pension dans ses écuries de Pirou (50). « High Hopes était double sans-faute dans les quatre ans en CSO en début de semaine et, comme elle avait déjà eu deux premières primes à Saint-Lô, nous en avons profité pour participer aux épreuves de hunter également. Dans la mesure où elle n’est pas à vendre, nous en profitons pour parfaire sa formation », indiquait-il. Céline Marche, chargée de la formation auprès de la FFE, très impliquée dans la discipline et qui officiait en tant que juge lors de ce championnat, saluait un très bon lot de quatre ans, et constatait avec plaisir une homogénéité croissante vers le meilleur au fil des éditions de ce championnat. « Jusqu’ici, nous avions soit des chevaux qui ne correspondaient pas à la discipline, évalués à 12/20, soit des chevaux notés à 16 ou 17/20, et, entre les deux, une sorte de vide. Aujourd’hui, les très bons se détachent toujours, mais presque tous les chevaux s’approchent de la deuxième prime, attribuée à partir de 14/20. On se rend compte que réaliser parfaitement les choses simples reste très compliqué », analyse la juge.

Victoire sans bavure pour Goubet d’Arvor*GFE dans les cinq ans

Sur les vingt-quatre chevaux de cinq ans au départ en hunter lors de cette Grande semaine de l’élevage, quatre décrochent une mention pour une prestation notée à 14/20 et plus, combinée avec la note de modèle. Le titre de champion 2021 revient sans conteste à l’étalon Goubet d’Arvor*GFE, fils de Baloubet du Rouet et Swansea Tame par Quidam de Revel, confié par son propriétaire, le Groupe France Élevage, à l’expérimenté Tony Cadet. Le splendide alezan, vice-champion de France des étalons Selle Français à 3 ans, obtient une note de 16.82/20 et donc la mention "Élite" suite à une véritable démonstration, largement facilitée par son cavalier, qui aura fait preuve tout au long des deux parcours de finesse et de discrétion dans ses actions, rectifiant imperceptiblement l’équilibre ou la cadence par un très léger retrait du haut du corps ou une simple pression de doigts sur les rênes. Le tout, le plus loin possible de l’obstacle, pour laisser toute la liberté à son cheval d’exprimer au mieux son talent. Tony Cadet, aux commandes de ce champion depuis l’âge de quatre ans, explique que Goubet d’Arvor « était qualifié pour la finale de CSO, mais nous avons pensé qu’il avait toutes les qualités pour le championnat hunter, que nous avons donc privilégié. C’est un vrai Selle Français, avec un caractère typique de cette race. Il est adorable et se laisse bien faire, ce qui plaît beaucoup aux Américains. » Si la suite reste encore à écrire pour le champion 2021, après cette belle victoire, le téléphone du cavalier ne cesse de sonner, comme il le confiait en souriant.

En deuxième position avec une moyenne de 15.44 (Excellent), Guapa de Liam, OC, fille de Dayton Sitte et Jaina du Lavillon par Battant du Bost, née chez Amélie Quéguiner, spécialiste de la discipline installée en Aquitaine, et montée par Edouard Chauvet. La troisième place, avec une note de 15/20 en raison d’une faute aux obstacles, revient à Gangster, mâle gris né chez Daniel Cadoret du croisement de Cornet Obolensky et Wabresse M par Quidam de Revel, et confié à Margaux Rocuet.

Fedora Jo l’emporte chez les six ans

Aucun des quatorze prétendants de six ans au titre 2021 n’aura obtenu la mention "Excellent", à l'exception de Fedora Jo. Avec une note de 15.01/20, cette fille de Kannan et Miss Elite du Plessis par Quidam de Revel, née au Haras de la Morsanglière et montée par Camille Hélin, décroche donc la victoire. Fall’In Love, produit de Mylord Carthago et Malakite de Mai par Bouton d’Or, est sacré vice-champion avec une note de 14.57/20 (mention "Très Bon"), sous la selle de Dimitri Duboeuf, tandis que la troisième place, avec 14.41/20, est pour Frou Frou Vidi Gavot, produit de Kannan et Diams du Grasset, confié à la cavalière Emma Coullou. Concernant cette classe d’âge, alors qu’aux commentaires le coach et cavalier Ronan Hémon saluait chez les meilleurs « une belle régularité, du relâchement, une parfaite maîtrise technique ou une éducation aboutie », Céline Marche a, elle aussi, livré son analyse. « Les chevaux de quatre et cinq ans sont montés par des cavaliers professionnels, tandis que la génération des six ans a changé de mains pour être vendue à des amateurs. Au lieu de s’élancer sur la finale de CSO, ils poursuivent leur cursus de formation en hunter, mais on observe quelques imperfections techniques de la part des cavaliers. Chez les six ans, on note cette année des chevaux parfois perturbés par l’approximation technique de leurs pilotes. En parallèle, on observe des chevaux avec parfois un peu moins de qualités ou tardifs montés par des professionnels, ce qui rend l’épreuve difficile à juger car nous enregistrons deux types de fautes, situées dans des registres différents. C’est pourquoi les notes sont très proches les unes des autres », analysait-elle.

À l’heure du bilan de cette édition 2021, Adeline Wirth Nègre soulignait que « si actuellement la participation au championnat de hunter ne donne pas de point pour la finale de CSO, un tour noté à 14 ou 16 au cours de la saison en hunter compte comme un parcours sans faute en CSO, ce qui facilite la qualification pour la finale. » Voilà pourquoi certains chevaux participaient aux deux circuits. Espérons que ces mesures incitatives appliquées par la SHF contribuent à augmenter encore les effectifs dans les années à venir.

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