Jessica Michel-Botton : « Les conditions à Verden seront plus faciles qu’au Mans »
mardi 20 octobre 2020

Jessica Michel-Botton et Djembé de Hus, sélectionnés pour les championnats du monde de Verden
Jessica Michel-Botton et Djembé de Hus, sélectionnés pour les championnats du monde de Verden © Bouleries Jump/Les Garennes

En parallèle du CDI 3*, le Boulerie Jump du Mans accueillait les sélections pour les championnats du monde Jeunes Chevaux qui se tiendront à Verden, en Allemagne, du 9 au 13 décembre. Avec deux chevaux sélectionnés dans les 5 ans, Djembe de Hus et Zouzo Majishan, et un réserviste, Golden Romance Malleret PS, Jessica Michel-Botton, qui cumule désormais une vingtaine de sélections pour les championnats du monde, revient sur ces deux jours d’observation.

Comment s’est passée cette sélection organisée au Boulerie Jump au Mans ? 

La première reprise s’est globalement très bien passée même s’il y a toujours des petites choses à corriger. Compte tenu de la situation et du fait que les finales de Fontainebleau se tenaient juste avant, j’étais quand même très contente des trois chevaux dans la Préliminaire. Le classement de la sélection, avec Djembe en tête, Zouzo deuxième et Golden en premier réserviste, respecte le classement de la finale de Fontainebleau mais cela respecte aussi le niveau de dressage de chaque cheval aujourd’hui. Pour moi qui monte les trois chevaux cela reste logique. Je suis aussi très contente que Golden soit sélectionné comme premier réserviste car cela m’offre une certaine liberté si jamais il passe un cap d’ici aux championnats du monde, il est toujours possible de changer. 

Comme vous l’avez souligné, les finales de Fontainebleau et les sélections pour Verden se sont très vite enchainées. Comment avez-vous géré cette courte période ? 

J’ai trouvé ça très dur d’enchainer Fontainebleau puis quasiment deux semaines et demie après les sélections au Mans. Un championnat demande quand même de la préparation et habituellement les chevaux ont du repos directement après. Là, nous n’avons pas eu le temps de le faire et pour des chevaux de 5 ans, qui sont encore des bébés, j’ai trouvé cela difficile d’enchainer deux échéances rapprochées. Les trois chevaux ont eu une semaine plus tranquille en rentrant de la Grande Semaine mais j’étais quand même sur leur dos. Si je ne les ai pas sentis fatigués j’ai quand même l’habitude de monter des jeunes chevaux et je savais que cela allait être difficile de dérouler deux reprises au Mans. Le transport, le changement de box, le nouvel environnement, les nouvelles pistes, tout cela joue sur les chevaux, surtout à 5 ans. De plus, nous savions que nous allions dérouler dans le grand manège donc il allait y avoir de la fatigue mentale par-dessus tout le reste. Et à cela se sont aussi ajoutés des horaires tardifs. Sur la deuxième épreuve ils étaient globalement fatigués.

« En tant que Français nous devons nous concentrer sur la Préliminaire »

Organiser ces sélections en indoor était une volonté de la part de la SHF afin de préparer les chevaux aux conditions qu’ils vont rencontrer à Verden en décembre… 

Oui, mais il est certain qu’il y a quand même différents types d’indoor et que le Grand Hall du Mans n’est vraiment pas facile. Il y a toujours beaucoup de mouvements de personnes notamment dans le couloir derrière les juges en C, ce qui n’est pas facile à gérer avec des jeunes chevaux. La détente est aussi difficile avec les gradins en hauteur, les gens qui montent et descendent les escaliers, ceux qui marchent dans le passage très sombre entre les deux pistes, les applaudissements… Ce n’est pas une gestion si facile que cela en tant que cavalier. Sur la piste en elle-même, il y avait des citrouilles avec des têtes méchantes en A (rires), juste à l’endroit où l’on demande les départs au galop, la lice, même si très jolie, n’était pas la même partout, la moquette sous les lettres, le bateau pirate, le gros violon en sortant de piste, cela fait partie de leur apprentissage mais ce n’est pas si facile de tout gérer, cela leur donne de l’émotion ce qui les fatigue aussi. A Verden, les conditions seront difficiles mais moins qu’au Mans car il n’y aura pas autant de mouvement. Si le concours a lieu et qu’il y a du public, les gens seront assis et la détente sera plus loin que la piste donc les chevaux n’entendront pas les applaudissements. 

L’autre volonté de la SHF est de désormais sélectionner les chevaux pour les championnats du monde à l’issue d’une épreuve d’observation, comme cela a été le cas au Mans. Qu’en pensez-vous ?

Je trouve que ce n’est pas une mauvaise idée, c’est toujours bien de faire évoluer les choses et c’était un bon essai. Pour autant, il y a toujours des choses à améliorer et je ne suis pas vraiment pour dérouler deux reprises deux jours de suite. Je trouve que le modèle allemand, en faisant revenir les chevaux une deuxième fois deux semaines ou un mois après, n’est pas mal. Alors il est évident que d’habitude les chevaux n’ont pas à enchainer les Finales et la sélection dans un laps de temps si court, mais je reste persuadée que la sélection devrait se faire principalement sur la Préliminaire. En tant que Français, le but est déjà de nous qualifier pour la Finale et cela n’est possible qu’en déroulant une très bonne Préliminaire. C’est la même chose que chez les Séniors, s’ils ne déroulent pas un bon Grand Prix ils ne se qualifient pas pour le Spécial ! Quand on sera sûr que la majorité des jeunes chevaux se qualifient pour la Finale alors on pourra se permettre de faire la sélection définitive sur cette épreuve. Mais pour le moment, nous devons répondre présents le premier jour, et donc sur la Préliminaire.

« Zouzo a déjà changé son équilibre »

Si habituellement vos jeunes chevaux profitent d’un peu de repos ou travaillent sur le niveau supérieur à cette période de l’année, comment allez-vous gérer le mois et demi restant avant le départ pour Verden ? 

Je vais adapter la gestion par rapport à chaque cheval mais ce qui est certain c’est que pour le moment ils ne vont faire que du paddock pour manger de l’herbe ! Je vais mettre en place un rétro planning pour calculer le nombre de semaines qu’il me reste jusqu’aux championnats du monde, que les chevaux arrivent sur place à leur pic de forme. De plus, Verden est la ville dans laquelle habite mon entraineur, Hans Heinrich Meyer Zu Strohen, je vais donc partir en avance, faire une étape sur la route car il y a beaucoup de kilomètres, notamment pour des jeunes chevaux, et passer une semaine à m’entrainer avec lui avant le début des épreuves.

Une période qui va aussi vous permettre de faire encore plus ample connaissance avec Zouzo Majishan, qui est arrivé dans vos écuries une semaine avant la Grande Semaine…

Je pense que les gens qui l’ont vu à Fontainebleau et à nouveau au Mans ont pu apprécier que le cheval a déjà changé son équilibre, qu’il est plus portant. Il a vraiment passé un cap entre ces deux évènements mais il est encore un peu fatigué du changement de cavalière. Je pense que d’ici à Verden il aura continué à progresser physiquement, à prendre plus de force. C’est un cheval qui est toujours content, il est travailleur de nature, il prend tout très bien mais il est encore un peu fatigué physiquement. Après avoir profité de petites vacances, comme les autres, je pense qu’il aura plus de forme physique pour préparer Verden.