Le titre dans les six ans pour Jin Xin du Montroyer
lundi 20 septembre 2021

Jin Xin du Montroyer et Victor Brua remportent le titre de champion des six ans
Jin Xin du Montroyer et Victor Brua remportent le titre de champion des six ans © SHF/Les Garennes

Les plus expérimentés de cette édition 2021, âgés de six ans, au nombre de vingt deux, se présentaient devant les juges pour leur reprise préliminaire le vendredi. Parmi les quinze meilleurs, Jin Xin du Montroyer s’adjuge la victoire sous la selle de Victor Brua.

Lors de la reprise préliminaire du vendredi, Djembé de Hus (Damon Hill) champion incontesté des quatre ans en 2019 avec 89.098% et des cinq ans avec une moyenne de 92%, s’imposait sans grande surprise sous la selle de Jessica Michel Botton avec un score de 89.200%. Il était suivi par Jin Xin du Montroyer (Belantis), jument belge confiée aux rênes de Victor Brua, qui obtient 87.600%, et par Forever de Lauture (Joeris) avec 86.200% sous la selle de sa naisseuse Claire Gosselin, tandis que Petunia Van Blommerschot (Finest) et Elodie Muller pointaient au pied de ce podium provisoire, avec une belle moyenne de 83.200%.

La belle histoire du jour

Lors de la reprise finale du dimanche après-midi, les spectateurs s’attendaient à un dénouement presque joué d’avance avec un triplé dans ce circuit SHF du splendide alezan qui avait dominé les deux générations précédentes. Coup de théâtre sur la carrière du Petit Parquet, lorsque Djembé de Hus s’est montré contracté, perturbé selon sa cavalière Jessica Michel Botton par les moucherons qui virevoltaient autour des chevaux sur ce site niché au cœur de la forêt, au point de se mettre debout au cours de la reprise lors des figures à exécuter au pas. Les juges sans doute interloqués, malgré une note de 9.4 au trot, et des « moments de génie » selon Jean Michel Roudier, ont été contraints de descendre les notes de disponibilité. Bilan : 79.20% de moyenne, et un champion qui rétrogradait à la quatrième place. Jin Xin du Montroyer, qui avait déroulé juste avant une reprise notée à 84.20% se voit donc sacrée championne 2021. Les juges ont notamment salué une très jolie cadence au trot (8.3), son élasticité générale, un pas « splendide doublé d’une capacité à se rassembler » noté à 9, et un galop jugé à 8.5. À l’annonce des notes, l’émotion était à son comble dans le clan de Victor Brua. « Ce n'était pas gagné, la jument est très grande, bourrée de qualités, les changements de pieds lors du CIR de Vierzon début juillet passaient encore en deux temps, depuis nous avons réussi à régler le problème, elle commence à mieux se synchroniser, confiait-il. Je la monte depuis qu’elle a trois ans, depuis le début tout le monde s’accorde à dire qu’elle sera bien à partir de sept ans, mais je suis convaincu qu’il s'agit d’une jument d’avenir car elle a déjà une capacité à piaffer fantastique à la maison. » Au comble de l’émotion, Victor remercie les éleveurs de Xin Jin, Lionel et Catherine Guenin, avec lesquels il collabore depuis quatre ans. « Au début, c’est elle qui nous a réuni. C’est la jument de ma vie. Sans eux, sans mon entraîneur Rémy Issartel, sans mes parents et sans mon épouse Clémence, je ne suis qu’un simple piéton », reconnaissait le cavalier. L’éleveur basé à Villars-Santenoge (51), également très ému que l’un de ses produits décroche une victoire dans une finale SHF, tient pour sa part à rendre hommage à son épouse qui l’a toujours accompagné dans ses projets, et au docteur Patrick Collard qui l’a toujours conseillé avec une grande pertinence, et a inséminé Minelli du Montroyer, la mère de la championne, qui a également donné naissance à Kandinsky Montroyer, propre frère de Xin Jin qui évolue sous la selle de Sabine Mottet, tandis que Gauguin Montroyer (San Amour) fait ses armes dans les épreuves Amateur avec bonheur. Si Victor Brua a démontré lors de ces finales la qualité de son équitation, il met également ses compétences de préparateur au service de cavaliers de saut d’obstacles, à l’instar de Max Thirouin, qui lui rend un vibrant hommage pour avoir travaillé sur le plat ses meilleurs chevaux, parmi lesquels Jewel de Kwakenbeek, exporté aux Etats Unis, ou Utopie Villelongue, performante au plus haut niveau. « Jamais je n’aurais pu atteindre ce niveau avec mes chevaux sans l’aide de Victor », assure le cavalier, qui était par ailleurs son témoin lors de sa toute récente union avec Clémence. 

Vice championne de cette édition 2021, Petunia van Blommerschot, sous la selle de sa propriétaire Elodie Muller, s’est vue évaluée par les juges à 81.80% grâce à un trot élastique doté d’une belle cadence (8.4), à un très beau pas noté à 8.3 et à un galop évalué à 8.0 par des juges séduits par un joli contact, malgré un léger manque de rassembler mis sur le compte de la jeunesse de "Pops" comme la surnomme son entourage. Surprise et ravie, la cavalière, dont l’objectif était d’intégrer la finale, sortait du rectangle avec le sentiment que sa ravissante jument s’était montré un peu moins facile et disponible que sur la préliminaire, incontestablement la meilleure des quatre reprises de la saison (83.20%). « Elle était moins délicate aujourd’hui à la détente, mais assez sensible, raconte-t-elle. Elle rate un changement de pied, pourtant l’un de ses points forts, j’ai senti que parfois je ne pouvais pas trop utiliser ma jambe gauche. En revanche elle a réussi les appuyers qui sont parfois difficiles. » Petunia, propriété de sa cavalière depuis l’âge de quatre ans, qui faisait ses armes lors de deux sorties en Amateur 2 à cinq ans « s’est révélée cette année » commente Elodie, basée chez Claudia Chauchard à Grosrouvre (78) « grâce notamment au travail trois fois par semaine avec Bertrand Liégard et à Jessica Michel Botton, chez qui nous avons passé cinq semaines cette année. » Elodie rend hommage à ce trio de professionnels qui l’entoure, la conseille sur les attentes des juges, les subtilités de la présentation, tout en gardant en ligne de mire une évolution vers le haut niveau. 

En troisième position, avec une moyenne de 80%, on retrouve Kayden (Desperado), piloté par Christelle Marie, basée au Pin en Mauges (49) où elle loue une dizaine de boxes dans les ex-installations familiales de ses parents Françoise et Bernard. La cavalière expliquait que Kayden lui est confié par son propriétaire François Delsaux, qui avait acquis le ravissant bai après sa troisième place lors de la finale des quatre ans classique avec Jessica Michel Botton, et qui prévoit de le monter ultérieurement dans des épreuves Amateur. « Il est volontaire dans le travail, indique Christelle. Adorable, il cherche à bien faire, mais est parfois un peu émotif. » Au programme 2022 pour le couple, le circuit fédéral des sept ans avec demi-pirouettes, lignes de changements de pied et appuyers au galop.

Bilan de l’édition 2021

À l’heure du bilan de ce championnat, Jean Michel Roudier et Marietta Almasy regrettaient l’hyper sensibilité de Djembé de Hus aux insectes et saluaient la très belle équitation du trio de tête « dans la  légèreté avec une véritable capacité vers le rassembler, comme l’exige le texte à ce niveau. Le vainqueur a déroulé une reprise d’une fluidité parfaite. Sur l’ensemble de concours, nous avons jugé de très bons chevaux avec un réel potentiel. Parmi eux, nous avons privilégié la qualité de l’équitation, qui illustre la qualité de l’entraînement dont dépend l’avenir des chevaux. » Caroline Rioche, présidente de la commission dressage au sein de la SHF, indique pour sa part que le site de Fontainebleau, théâtre de ces finales pour la seconde année consécutive, et plébiscité par les cavaliers, accueillera à nouveau l’événement en 2022. « Le Grand Parquet est aujourd’hui un vrai stade sportif, à la hauteur des exigences de la discipline. » Côté participation, afin d’accroître le nombre de partants sur les épreuves fédérales qui se déroulaient en parallèle des épreuves SHF pour la première fois, on prévoit la mise en place de nouvelles épreuves et animations qui devrait permettre de donner à ce lieu et ce championnat l’envergure qu’ils méritent, à savoir des ventes, un CDI et une présentation d’étalons, comme le souhaite notamment la nouvelle équipe de la SHF, composée du président Michel Guiot et de la directrice Emilie Morichon. Rendez-vous est d’ores et déjà pris pour 2022, immédiatement après la Grande Semaine de saut d’obstacles, du 7 au 11 septembre, un calendrier qui permettra de conserver les aménagements mis en place. « Cet emplacement aux portes de Paris, fabuleux, accessible et central nous promet de très belles grandes semaines », conclut Caroline Rioche. 

Au registre des bémols pour cette édition 2021, la vision tronquée des spectateurs, d’ailleurs trop peu nombreux, dont la vue sur le Petit Parquet était perturbée par les trois cabines de jury placées en face des gradins. Explication : les cycles classiques devaient se tenir sur la carrière des Princes, mais les cavaliers ont demandé à ce qu’ils soient délocalisés sur le Petit Parquet, moins exposé et plus confidentiel pour les jeunes chevaux, déjà émus par ce contexte. L’organisation, n’ayant pas disposé du temps nécessaire à l’installation de la carrière en parallèle avec les gradins, et surtout du câblage électrique des cabines de jury, a du se résoudre à priver le public d’une vision complète des présentations. En 2022, la SHF a déjà prévu de rectifier cet inconvénient, en plaçant la carrière centrale sur les Princes, parallèlement aux gradins, tandis que les deux carrières réservées aux cycles libres et aux épreuves fédérales seront installées sur le Petit Parquet. 

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