Michel Guiot : "On retrouve la Grande Semaine d'il y a dix ans"
mardi 07 septembre 2021

Michel Guiot
Michel Guiot, président de la SHF, se félicite du succès de la Grande Semaine de Fontainebleau 2021, et pense déjà à certaines améliorations pour 2022. © Ph. Coll SHF

Clap de fin pour la Grande Semaine de l'élevage à Fontainebleau qui s'est, comme à son habitude, tenue sur une dizaine de jours avec les Cycles libres pour commencer, les Cycles classiques et le Hunter. Après une édition en demi-teinte l'an dernier - en raison de la crise sanitaire, qui n'avait pas permis à tous les chevaux de faire une saison pleine, et du mauvais temps -, la Grande Semaine 2021 a fait carton plein en termes de fréquentation, engagés dans les épreuves et public, et en termes de commerce. Clients français et étrangers se sont pressés aux abords et aux sorties de piste, ainsi qu'aux soirées Fences où, outre les impressionnants Top prices, les foals et 3 ans ont souvent dépassé la barre des 50000 euros. L'édition de cette Grande Semaine était particulière à d'autres titres : le Grand Parquet avait fait peau neuve, et la Carrière des Princes, agrandie, fait désormais office de centre névralgique du lieu. Autre nouveauté, il s'agissait de la première Grande Semaine de l'élevage de Michel Guiot, élu président de la SHF en début d'année 2021. Il fait le point sur cette édition et réfléchit déjà aux modifications à y apporter l'année prochaine.

L'Eperon : quel bilan tirez-vous de cette édition 2021 de la Grande Semaine ? 

Michel Guiot : Je retiens beaucoup de monde, d'engouement, de convivialité et une météo qui nous a facilité la vie ! Les gens avaient plaisir à se retrouver, et nous avons fait une belle Grande Semaine, à la fois pour les chevaux, les cavaliers, les éleveurs, mais aussi pour les commerçants et nos partenaires. On retrouve un peu l'ambiance d'il y a une dizaine d'années et c'est vraiment satisfaisant.  

L'Eperon : Il y a eu énormément d'engagés cette année et certaines épreuves de qualification ont duré trois voire quatre heures. N'est-ce pas trop ? 

Michel Guiot : Oui, il y a eu une participation très forte et certaines personnes nous ont d'ailleurs demandé si nous avions baissé les barres de qualification. Mais pas du tout, nous avons repris les mêmes conditions de participation qu'en 2018 et 2019. Cette année, les gens avaient tellement envie de venir que nous n'avons pas eu de désistement. D'habitude, il y a toujours des cavaliers et des éleveurs qui choisissent de ne pas venir. Mais, cette année, on s'est retrouvés avec énormément de monde et les désagréments que cela a créé. Nous avons dû mettre en place une série de boxes supplémentaires et bouger le lieu de stationnement des petits camions... Et puis cela a engendré des épreuves trop longues. Il faudra que nous rectifions le tir l'année prochaine. Notre volonté est d'avoir à l'avenir autant de boxes en dur que de chevaux sur le site pour pouvoir bien accueillir tout le monde.

L'Eperon : Désormais, pour la qualification des chevaux en finale, le classement Top 100, qui prend en compte les performances sur la saison, entre en jeu. Ce qui fait que certains chevaux se retrouvent avec des scores négatifs durant le championnat. N'est-ce pas trop difficile à comprendre pour le public ? 

Michel Guiot : C'est un sujet dont on a beaucoup parlé cette semaine et que nous allons continuer à travailler dans les semaines et les mois à venir. Nous avons d'ailleurs un séminaire au mois de novembre, et la question sera mise sur la table. J'admets que cela manque de lisibilité pour les gens de l'extérieur, mais aussi pour les gens qui connaissent le règlement car les calculs deviennent de plus en plus compliqués, notamment avec les chiffres négatifs qui viennent s'ajouter. Cela manque de simplicité et complexifie la logique du championnat. Nous en sommes conscients et il y a un travail de clarification à apporter pour que tout le monde s'y retrouve un peu plus facilement. 

L'Eperon : Vous êtes déjà en réflexion pour la Grande Semaine 2022 ? 

Michel Guiot : Tout à fait, et nous allons sans doute modifier des petites choses après validation en conseil d'administration. Nous allons travailler avec la commission CSO et toutes les modifications seront connues en début d'année. Avec Emilie Morichon, directrice, nous avons listé un tas de petites corrections à apporter à l'événement afin de l'optimiser. 

L'Eperon : Dans les années à venir, serait-il possible de voir les Grandes Semaines de CSO, de dressage et de CCE réunies à Fontainebleau ? 

Michel Guiot : Déjà, le dressage est revenu à Fontainebleau l'année passée, mais il n'est pas en 2021 accolé à la Grande Semaine de CSO car le Grand Parquet accueille un autre événement. Nous allons aller d'abord à Pompadour et revenir ensuite à Fontainebleau. Pour l'année prochaine, nous avons d'ores et déjà prévu de coller le dressage aux cycles classiques de CSO. Pompadour tient cependant fortement à garder ses finales, ce qu'on peut comprendre. Je m'apprête donc à me rendre à Pompadour pour mes premières finales de CCE. Mais nous avons déjà deux disciplines à Fontainebleau, où nous sommes très bien accueillis. J'ai rencontré de nombreux élus, qui ont fait beaucoup pour transformer le site. Le Grand Parquet évolue, peut-être pas à la vitesse que nous souhaiterions, mais ça évolue. L'élément qui pêche encore est le réseau et je voudrais qu'il soit optimisé davantage : quand il y a du monde sur le site, on ne peut pas envoyer de vidéos, on ne peut pas s'appeler et c'est quelque chose qu'il faudrait corriger au plus vite. Nous sommes dans un monde moderne, il faut vendre des chevaux, c'est dans la quasi instantanéité... On ne peut pas attendre de rentrer chez soi pour communiquer...