Mondial du Lion : Thomas Carlile et Nicolas Touzaint confirment chez les six ans, Kevin McNab toujours en tête chez les sept ans
samedi 23 octobre 2021

Kevin McNab et Cute Girl, en tête chez les sept ans
Kevin McNab et Cute Girl, en tête chez les sept ans © PSV Photos

Avec Thomas Carlile et Nicolas Touzaint sur le podium provisoire après le cross, la France peut encore espérer accrocher un beau podium, voire une victoire, dans l'épreuve des six ans. Si chez les sept ans, les Britanniques occupent huit des dix premiers rangs, Kevin McNab tient toujours la tête. Si les Français sont un peu plus loins dans le classement, il y a quand même beaucoup de positif à tirer de cette journée de cross, où environ 26.000 spectateurs se sont massés tout au long du parcours pour applaudir les futures stars de demain.

Après le cross, qui s’est tenu ce samedi sur l’hippodrome et le parc du Lion d’Angers, pas de changement à signaler sur le podium provisoire du championnat du monde des chevaux de six ans. Anna Lena Schaaf et Lagona 4 (Lavagon) tiennent toujours la tête de l’épreuve avec 25.8 points après avoir signé l’un des vingt-trois parcours maxis sur les quarante-cinq engagés. La cavalière de vingt ans, courant sous les couleurs de l’Allemagne et qui participe pour la première fois au Mondial du Lion, était ravie du comportement de sa jument qui « n’était vraiment pas impressionnée par la foule et est restée concentrée tout au long du parcours ». Pour transformer son essai, le couple devra livrer une prestation impeccable demain sur l’hippique puisqu’il ne compte que 0.7 point d’avance sur Thomas Carlile et Fair Lady des Broucks (Upsilon), confortablement installés en deuxième position. Si Tom avouait hier craindre les réactions de sa partenaire face à l’abondance de public, sa jument s’est détendue au fur et à mesure que les obstacles s’enchainaient. « En partant sur le n°1, elle me demandait si elle pouvait remettre ça à demain, ironisait son cavalier. Je l’ai remise gentiment en ordre et elle s’est bien laissée faire après la première minute, une fois qu’elle est arrivée sur le plateau, où elle a découvert la foule et le soleil. » Sérieuse, appliquée, à l’aise aussi bien sur la technique que la distance et face à l’effort, Fair Lady a fait le bonheur de son pilote, qui affirmait qu’elle « va s’endormir plus maline ce soir. » Même son de cloche du côté de Nicolas Touzaint, toujours troisième avec Fibonacci de Lessac*HDC (Carinjo*HDC) en 26.8 points et qui répète une fois de plus sa confiance en ce cheval et ses capacités pour l’avenir. 

« Faisons Un Rêve est un avion »

Troisième et dernier couple français engagé dans cette épreuve des six ans, Fabrice Saintemarie et Faisons Un Rêve (Adzaro de l’Abbaye), quinzièmes hier à l’issue du dressage, grappillent quelques places grâce à leur maxi et pointent ce soir au onzième rang. C’est avec un grand sourire aux lèvres qu’il a rejoint la zone presse pour qualifier lui-même son cheval « d’avion » en riant. « Je n’ai pas fermé les jambes une seule fois ! Je lui montrais où c’était et il y allait. Il a fallu que je sois très sérieux sur mes entrées de combinaisons, parce qu’elles n’étaient pas si longues que ça et je me suis rendu compte dès le début de tour qu’il avait une action encore plus démesurée que d’habitude, explique le cavalier. Il est toujours très sage, connecté à l’homme. » Face aux nombreuses glissades chez les concurrents lors du retour sur l’hippodrome en fin de parcours, certaines ayant entraîné des chutes, il n’a voulu prendre aucun risque et a pris le temps de repasser au trot dans la descente. « Je ne voulais surtout pas tomber à cet endroit-là, ça aurait été une vraie bêtise. Malgré ça, il a fini tranquillement, il a l’air d’aller très, très bien, donc je suis vraiment content de lui. » 

Les glissades, Julia Krajewski les a aussi évoquées lors de son passage à notre micro. « Chintonic 3 a un peu glissé au niveau de l’obstacle n°20 », lâchait-elle. Actuellement quatrième avec ce fils de Contendro, également le propre frère d’un certain Chipmunk (passé depuis sous la selle de Michael Jung), elle a reconnu avoir été saisie par l’émotion durant le parcours. « Il était vraiment incroyable, racontait-elle. Ce sont des bébés qui n’ont jamais vu quelque chose de semblable et même si j’ai de l’expérience, j’étais un peu nerveuse en partant parce qu’on ne peut pas être sûr de leur réaction. Quand vous avez un cheval qui se comporte comme ça, qui saute tout, ne regarde rien, galope superbement bien, vous avez tout. Il était peut-être un peu impressionné par le public, mais je sentais qu’il demandait à galoper. » Le bai brun possède d’ailleurs quelques similarité avec son frère. « Chintonic est plus petit que Chipmunk, mais ils sont tous les deux très, très intelligents, francs et avec une volonté énorme. Chintonic est un peu plus maniable parce qu’il est plus petit. Ils veulent toujours faire de leur mieux, ils adorent avoir toute l’attention et un maximum de câlins. Ils ont un peu le même état d’esprit, ce qui est sympa. » Avec ses 27.9 points, l’Allemande pourrait tout à fait monter sur le podium si Anna Lena Schaaf, Thomas Carlile ou Nicolas Touzaint venaient à commettre une faute. Un résultat qu’elle ne peut espérer avec son deuxième cheval, Great Twist d’Ive Z (Gemini CL XX), trop loin au classement suite à une contre-performance sur le rectangle hier. « J’avais des incertitudes quant à son envie ou non de jouer aujourd’hui sur le cross, explique sa cavalière. Mais il est sorti de la boite en me faisant sentir qu’il savait ce qu’il faisait. Quand vos chevaux vous donnent des sensations comme ça, ça donne la chair de poule. Je suis vraiment fière de les sentir en si bonne forme », conclut-elle.

Kevin McNab résiste à l’invasion britannique

Chez les sept ans, l’Australien Kevin McNab est parvenu à maintenir l’armée britannique derrière lui, même si Laura Collett, sur Outback (Duke of Hearts), et Selina Milnes, avec Cooley Snapchat (Kannan), respectivement deux et troisième ce soir, se tiennent à moins d’un point de lui. Il conserve avec Cute Girl (Coventry) son score acquis au dressage, soit 26.9 points. « Elle m’a vraiment donné un super parcours. J’étais un peu large sur le temps en arrivant dans les bois, ce que je voulais faire parce que je pensais que j’allais perdre du temps sur la dernière partie du parcours. Finalement, elle a gardé un bon rythme et je suis en avance d’une dizaine de secondes, ce qui est plus rapide que ce que je pensais. » Déjà au départ de l’édition 2020 dans l’épreuve des six ans (où elle avait été éliminée), Cute Girl a depuis pris beaucoup en maturité selon son cavalier. « C’est vraiment bien que ces jeunes puissent se faire de l’expérience sur un concours avec l’ambiance des plus grandes compétitions. L’année dernière, elle était encore très verte et a beaucoup appris de sa venue précédente. Cette année, elle était beaucoup plus décontractée et a son affaire. C’est pour ça aussi que je pense que les chevaux qui viennent ici sont plus susceptibles de performer à l’avenir. » 

Si le couple fait partie des treize maxis de cette épreuve, ce sont Arnaud Boiteau et Enpleincoeur Tardonne (Lando) qui ont été les premiers à boucler le parcours parfait. L’écuyer du Cadre noir a laissé explosé sa joie à l’arrivée du cross, affirmant s’être « complètement fait plaisir. Je ne suis pas un acteur donc je n’ai pas mimé la joie, elle était bien réelle. S’il y a bien une épreuve dont on n’est pas sûr qu’elle va bien se passer tant qu’elle n’est pas encore passée, c’est bien celle-ci. » Une épreuve passée haut la main par le hongre bai, et un accomplissement qui, selon son cavalier, « couronne les années lycée d’un cheval. Enpleincoeur vient d’avoir le bac ! » Une fierté d’autant plus forte qu’Enpleincoeur s’est véritablement révélé ces deux dernières saisons. « Il fait partie des tardifs. Jusqu’à cinq ans, il était un peu pataud, un peu mou, maladroit dans ce qu’il faisait, il manquait d’étincelle dans tout. Et quand on sait que l’étincelle c’est l’une des premières qualités du cheval de complet, je suis resté assez dubitatif le concernant jusqu’au début de l’année des six ans, reconnait l’écuyer. À la finale des six ans à Pompadour, j’ai senti pour la première fois qu’il avait du moteur. Il a confirmé cette année, il s’est qualifié pour le Mondial, j’ai été sélectionné et aujourd’hui il réitère. C’est tout sauf un handicap de l’avoir eu un peu tardif. On ne regrette jamais d’avoir attendu avec un cheval, on regrette plus souvent d’avoir été trop vite. » 

Une performance qui permet à la paire de faire un bond dans le classement et de s’afficher ce soir au treizième rang, juste derrière Karim Laghouag, qui s’est fait une petite frayeur avec Embrun de Reno (Eliott MC) sur la combinaison aux couleurs de Forestier, composée du traditionnel contre-bas qui ramène sur l’hippodrome. « J’ai vu un cheval s’arrêter sur la mine donc j’ai mis un petit coup de cravache sur l’épaule, ce qui fait qu’il a sauté le contre-bas trop vite, commente le Nogentais. Le temps qu’il réfléchisse, il était dans le bas de la mine, il a foncé dans le deuxième et je ne pouvais plus sauter le n°20 derrière. Comme j’avais un petit peu d’avance et qu’il était encore très frais, je pouvais faire une volte parce que ce sont deux obstacles différents. » Si le cavalier n’avait aucun doute sur la volonté et les qualités intrinsèques de son cheval, il a été agréablement surpris de son sang froid face à la foule et de sa fin de parcours, où Karim l’a fortement sollicité pour assurer le maxi. « Il a eu un finish digne d’un cheval de course, je suis pratiquement à 800m/mn sur la dernière ligne droite. Il a envoyé sévère ! », souligne-t-il. 

« J’ai vraiment profité de mon tour »

Des quinze au dix-septième rangs, on retrouve un tir groupé français composé d’Astier Nicolas, dont le Cooley Nutcracker (Tolant R) a couru très facilement et rentre maxi. « On était d’ailleurs sur un parcours d’entrée de haut niveau et non de découverte, tient-il à mettre en avant. Je me suis régalé et lui n’a pas du tout forcé. À l’arrivée, il continuait de galoper tout seul et le cardiaque n’était pas élevé. » Du plaisir, Alexis Goury en a également ressenti et ne l’a pas caché au public, levant la main et incitant le public à applaudir sur la fin de son parcours. Même s’il est un peu déçu de terminer avec 0.8 point de pénalité, pour un total de 35.2 points, c’est avec un large sourire qu’il s’est présenté à notre micro. « J’ai vraiment profité de mon tour, c’est mon premier Mondial, et c’était un objectif qui me tenait à coeur », expliquait le cavalier d’Elastic Girl Blanche (Canturo). Pourtant, son parcours n’a pas été des plus évidents puisqu’il a dû être arrêté une quinzaine de minutes suite à une chute violente d’Héloïse Le Guern, où la cavalière et son cheval, Carentina d’Orvaux Z (Cantucky) ont panaché. Par précaution, elle a été transportée à l’hôpital d’Angers pour des examens médicaux, mais ne semblait pas souffrir de blessures majeures. « C’est la première fois qu’on m’arrêtait sur un cross. Sur le moment, je me suis demandé si j’avais oublié un obstacle, ils ne me disaient pas pourquoi ils m’arrêtaient. Finalement ils m’ont dit que c’était une chute. J’ai un peu trotté la jument en attendant, je parlais avec les gens, raconte-t-il. Comme elle est très sérieuse, je n’avais pas trop de doutes sur ses capacités à se remettre dedans très rapidement. Elle est super droite et c’est une vraie jument de cross. C’est une jument qui est super sérieuse, très besogneuse, elle veut presque trop bien faire. Elle a tout le potentiel pour faire des gros parcours. » Entre ces deux cavaliers, on retrouve Benjamin Massié, seizième avec Edition Fonroy, une jument qu’il a débourrée et sur qui il espère pouvoir compter à l’avenir. « Je m’en veux pour les trois secondes de temps dépassé, mais je n’ai rien à reprocher à ma jument, qui a bien compris son job. Elle a bien fini, elle est fraiche, ce qui est le plus important. » 

Enfin, meilleur français hier à l’issue du dressage, Thomas Carlile a concédé un refus sur l’obstacle n°20 avec son Etoile de Béliard (Upsilon), un peu émoussée par ses efforts tout au long du parcours. Le couple rétrograde donc à la vingt-neuvième position. « J’ai eu une panne d’essence, ironise Tom. La jument était très généreuse, mais elle avait un peu de mal à parcourir cette distance à cette vitesse. Elle a été très, très volontaire tout au long du parcours. Je ne lui en veux pas. L’objectif maintenant c’est qu’elle finisse sur une bonne note. » 

Rendez-vous est donné dès demain, à partir de 11 heures après l’épreuve d’hippique des chevaux de six ans. Les sept ans entreront en piste quant à eux à partir de 14 heures. 

Pour consulter les résultats du championnat des six ans, cliquez ici
Pour consulter les résultats du championnat des sept ans, cliquez ici