SHF : Deauville et Saint-Lô, après deux mois d'impatience
jeudi 28 mai 2020

SHF
A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles ! Antoine Sinniger et Yann Adam, respectivement à la tête des pôles de Deauville et St Lô, reviennent sur l'organisation particulière des premiers concours SHF de déconfinement © Eric Fournier

Contraints dans un cahier des charges réfléchi, assumé et sécurisant, les organisateurs des SHF normands de Deauville et Saint-Lô ont assuré la sécurité sanitaire des participants et de leur entourage. Comment ont-ils fait face pour se plier au cahier des charges? Antoine Sinniger (Deauville) et Yann Adam (St Lô) témoignent.

Certes la convivialité qui prévaut traditionnellement sur les SHF avait une teneur bien plus mesurée cette semaine. Plus de réserve, plus de distance, moins de poignées de mains viriles, ni "coup à boire" à la buvette, encore moins d'embrassades pour témoigner du plaisir de se retrouver. Mais les intervenants ont joué "le jeu". Respect des règles, pas de rassemblement en catimini, mais un rassemblement aux vues de tout le monde car bien suivi sur le "streaming" mis en place à Saint-Lô. Et il y aurait eu de "vraies ventes" à l'issue de l'événement. Les pros normands ont assumé. "On fait le job, on retrouve notre métier et tout le monde se plie aux règles. Nous, cavaliers de jeunes chevaux, nous ne sommes pas au dessus des lois. Pour vivre en société il y a règles! Nous les respectons sinon c'est la filière toute entière qui se discrédite. Elle est suffisamment affectée par les dérives qui ont défrayé la chronique ces derniers jours. Restons solidaires !". A bon entendeur.... Côté préparation du cycle classique SHF, Antoine et Yann se sont-ils arrachés les cheveux ? Il s'agissait d'optimiser une organisation inédite qui a bien fonctionné.

L'Eperon : Quelle préparation en amont pour cette reprise si particulière?

Antoine Sinniger : Nous nous sommes particulièrement concentrés sur la gestion des flux, le comptage des personnes entrant et sortant et Christian Hermon a collaboré à la réflexion. Les F3 et 5 ans alternaient et sautaient en fait la même épreuve, d'où un gain de temps. Notre expérience 2014 a été utile. Globalement on sait bien isoler le Pôle et il est facile à compartimenter.

Yann Adam : Nous avions anticipé le protocole officiel mis au point et l'entraînement (bien fréquenté et fort apprécié) du jeudi 14 mai a servi de répétition générale. On s'est même aperçu que nos exigences étaient un peu élevées. Alors nous n'avons cessé d'échanger avec la SHF et les autres organisateurs de SHF pour parvenir à un bon dosage, réaliste acceptable par tous. La SHF a intégré nos remarques et notre expérience de l'entraînement du 14. Localement, les autorités préfectorales et la Mairie ont validé l'ensemble du dispositif au terme de discussions constructives.

Avez-vous eu besoin de renforcer significativement vos équipes ?

Antoine Sinniger : Quatre personnes supplémentaires ont été mobilisées par rapport aux SHF habituels passant de treize à dix sept personnes.

Yann Adam : L'expérience des événements à Saint-Lô fait que nous mobilisons traditionnellement sept personnes sur un SHF. Cette semaine l'équipe au complet (15 personnes) était sur le pont avec notamment Matthieu Montgermont qui a investi beaucoup d'énergie dans cette préparation. Les administratifs étaient là aussi. On fait l'effort. Il s'agit d'être irréprochable. 

Dans l'enceinte du concours quelle a été le poste le plus compliqué à gérer ?

Antoine Sinniger : Pierre Cotton a été un membre actif pour gérer les arrivées et les départs du Pôle. Il a l'oeil, tout le monde le connaît et il a suffisamment d'autorité et d'amabilité pour faire passer les bons messages. Il a fallu enregistrer les cavaliers et tous ont été très coopératifs.

Yann Adam : Le programme a concentré une bonne partie de notre attention et nous sommes passés d'un SHF de 3 jours habituellement à 5 jours compte tenu de la contrainte de 100 personnes maximum sur site. Dans ce cadre, gérer 1250 concurrents est une équation pas si facile à résoudre. Mais c'est aussi ce qui conditionnait la réussite de la reprise. Nous étions regardés, il fallait s'appliquer. Nous recommencerons tant que ce sera nécessaire.

Si on vous demande de continuer dans cette configuration inédite, est-ce tenable?

Antoine Sinniger : On s'adaptera évidemment même si on y perd un peu en convivialité. Les habitudes changent. Soit ! C'est en tous cas moins lourd qu'un CSI par exemple.

Yann Adam : Je ne me pose pas cette question. Mon Conseil d'Administration sait que Saint-Lô est un véritable appui à la filière, pas seulement une boîte à concours. En ce sens la notion de "Pôle Hippique" prend tout son sens.

Quelles sont les remarques les plus entendues côté cavaliers? 

Antoine Sinniger : On a eu beaucoup de demandes pour accéder au site. Les propriétaires, éleveurs, accompagnateurs, supporters et passionnés auraient aimé participer à cette reprise mais nous sommes restés dans le cahier des charges imposé. On répond à la demande et la vidéo sera effective dés le prochain SHF. Les cavaliers se réjouissent de pouvoir y présenter leurs 7 ans.

Yann Adam : Bravo pour le "streaming", c'est une excellente alternative pour permettre aux intéressés de suivre les parcours. Avec de l'ordre de 6500 connexions différentes le premier jour on a proposé un véritable plus. C'est probablement indispensable pour l'avenir. Les cavaliers ont touché du doigt la proximité qui les lie au Pôle Hippique. Pour cela nous avons envoyé énormément d'infos par SMS et par mail dans les jours qui ont précédé l'événement.