Six ans : Flore d’Automne, French Lover et Feel Good Chance sacrés sur la carrière des Princes
dimanche 05 septembre 2021

French Lover remporte le titre chez les six ans hongres et mâles
French Lover remporte le titre chez les six ans hongres et mâles © Jean-Louis Perrier

Suite à deux épreuves qualificatives, les soixante-dix meilleurs représentants de la génération des « F », nés en 2015, étaient conviés à disputer la finale en deux manches, tandis que leurs congénères moins chanceux ou moins performants s’affrontaient sur la Petite Finale.

Même s’ils ont du patienter jusqu’à 20 heures pour applaudir leurs nouveaux champions, les spectateurs, que l’on n’avait pas vus aussi nombreux depuis de longues années pour assister à une finale des six ans, ont eu leur lot de beau sport et de rebondissements.  

Flore d'Automne, la belle surprise

Parmi les vingt-six finalistes femelles, certaines prenaient le départ du tour initial avec un score provisoire négatif, suite au savant calcul de points de bonification obtenus au CIR, à la note de régularité, à celle de modèle et au cumul des pénalités lors des deux qualificatives. Le chronomètre, déterminant, pénalisait plusieurs candidates au titre d’une place d’honneur. Suite à l’un des deux double sans-faute lors de cette finale à quinze, la petite Flore d’Automne (1,62 m), fille de Lando et O’Hara d’Automne, par Damiro B, née chez Nicole Le Louarn dans le Calvados, quatorzième avant cette ultime confrontation, crée la surprise et s’adjuge le titre 2021 sous la selle de Elliot Souster, avec un score final de 1.225 point. Le cavalier de vingt-six ans est installé depuis trois ans avec son frère Dylan à Lieurey, entre Pont Audemer et Lisieux (14), où ils louent une structure de quarante boxes dédiée à l’élevage et au sport et travaillent avec le haras d’Ick. « Nous avons récupéré Flore au cours de l’hiver, elle a été formée par Teddy Thellier et m’a été confiée par son éleveuse. Au début, on m’avait dit que je ne couvrirais pas un oxer dans les six ans, comme quoi quand on les aime, tout devient possible. Je fais aujourd’hui mon dernier concours avec Flore, car depuis deux mois, elle a été acquise par Charles Diard pour sa fille Cypria Sagliocco. » Ravi, le propriétaire explique avoir eu un « coup de foudre phénoménal » pour Flore. « Je l’ai vue en vidéo sur un tour et j’ai décidé de l’acheter. Elle est merveilleuse au modèle, dans sa qualité et dans son tempérament. Ma fille devra se mettre à son niveau », sourit le gérant de société et d’une quinzaine de chevaux de sport et d’élevage pour le plaisir. Cypria, vingt-trois ans, qui fait ses armes sur 125 ou 130 avec une jument née aux écuries familiales, est actuellement en formation chez Sacha Dardelin avec pour objectif de devenir cavalière professionnelle. « J’ai monté Fleur une fois sur le plat », sourit la jeune fille qui dispose désormais d’une monture à la hauteur de ses ambitions.  

Vice championne, avec un score final de 3.225 points, Foudre du Banney, fille de Montender et Fany de Saint Pair, par Papyrus de Chivre, née chez Frédéric Gabillot à Luxeuil les Bains (70), et confiée à la cavalière maison Julie-Anne Verneuil, vingt-quatre ans, par leurs successeurs Frédéric et Sophie Delforge. Après deux saisons de concours intenses avec une vingtaine de chevaux, la jeune femme a décidé de mettre un terme à sa collaboration avec l’élevage du Banney pour aller prendre de l’expérience à l’étranger. « J’étais déjà finaliste en cinq ans avec Foudre, elle fait quatre points en finale, elle a été très régulière toute la saison, tout s’est déroulé comme nous le souhaitions, à part une petite faute sur la dernière manche qui m’a coûté la victoire. » Le podium est complété par Faloucha, fille de Con Air et LB Whitney, par Werther qui boucle son championnat avec un total de 3.825 points aux rênes de Laetitia du Couëdic, précédemment basée en Suisse et désormais installée près de Deauville depuis bientôt deux ans. « Faloucha est née chez Jean Maurice Bonneau au haras de Saint Linaire (85). J’en suis la copropriétaire avec lui depuis le début de cette année. Elle a fait une saison formidable. Malheureusement j’ai fait quatre points sur le premier tour mais elle s’est promenée sur tout le reste du championnat. Elle était un peu sauvage au départ, mais a toujours envie de bien faire, très volontaire au travail. Il a d’abord fallu que je m’en fasse une copine mais maintenant elle donne beaucoup », sourit Laetitia. Également classées Elite, Flo Jo du Meix (Iolisco de Quinhon x Heritage Fortunus), née chez David Konczewski (71) pilotée par Philippe Bernard, ainsi que Fabis (Contendro x Diamant de Semilly), sous la selle d’Olivier Martin, née à la SCEA Borelia.

French Lover met l’élevage Rocuet à l’honneur 

Dans la catégorie mâles et hongres, le trio de tête est constitué par les seuls auteurs d’un double sans faute. French Lover, hongre fils de Best of Iscla et Artolita D Z, par Artos Z, né chez Bruno Rocuet, s’impose sous la selle de son cavalier maison depuis six ans, Corentin Derouet, et boucle son championnat avec un score final négatif de -0.650 point. Belle histoire pour le clan Rocuet, venu avec dix chevaux de cinq et six ans, puisque Bruno croisait l’étalon maison avec son ancienne jument de Grand Prix. « French a énormément de moyens, de respect, de bravoure, il n’a pas la meilleure technique mais il s’arrange toujours pour ne pas toucher les barres », observe le cavalier. Ravi et tout sourire, Bruno Rocuet ne boudait pas son plaisir de remporter sa première finale avec un produit de son élevage. « J’en ai gagné beaucoup, avec plein de cavaliers différents, mais jamais avec un cheval que j’ai élevé. J’avais couru le championnat de France avec Artolita D Z, elle avait trois produits cette année à la finale. French Lover est issu d’un transfert d’embryon, la mère (indicée 155) en a fait deux, dont Flash Ball (Kannan) qui est classée chez les six ans femelles. Artolita est pleine et suitée d’El Barone 111. »

Le vice champion, Fancy de Kergane, fils de Berdenn de Kergane et Vita de Hus, par Cor de Hus, né à la SCEA de Kergane (56) termine lui aussi son championnat avec un total négatif de -0.500, sous la selle de Jonathan Chabrol qui explique : « J’ai récupéré Fancy ainsi que d’autres chevaux de Kergane voilà un mois, je n’ai fait qu’un concours avec eux, ils ont été formés par Arthur Le Vot, qui a quitté les écuries familiales pour vivre sa propre expérience à l’étranger. Nous avons regroupé les écuries d’Olivier Le Vot et les miennes à Rennes. Malheureusement, Fancy est pénalisé par ce qu’il n’a pas pu courir le CIR et n’a pas obtenu les points de bonification. » Troisième de cette finale, Flambusard d’Albain, étalon fils de Cornet Obolensky et Bandidas d’Albain, par Baloubet du Rouet, monté par son naisseur et propriétaire Alexis Bouillot, quarante-deux ans, installé à Momtret (71). « Nous avons environ soixante-dix chevaux, dont une quinzaine de poulinières. Notre étalon Haschich d’Albain (Canabis d’Albain et Virgule des Prés, par Quartz du Chanu, ndlr) s’est classé quatrième chez les quatre ans cette année » précise l’éleveur. À la suite du classement, le vice-champion des cinq ans 2020, Figo de Cordrac, fils de Diamant de Semilly et Banana de Cordrac, par Epsom Gesmeray, né chez Nathalie et Eric Pineira (14) sous la selle de Samuel Lépagneul, doit se contenter de la quatrième place suite à un point de temps dépassé sur la deuxième manche. Classé cinquième et Elite également, Fontaineblau Manciais (Ogrion des Champs et Mifrane Manciaise, par Power Light), né chez Denis Hubert (50) et piloté par Jean-Marc Le Guennec.

Feel Good Chance, pas une barre du championnat

Les dix-neuf juments, hongres et mâles issus d’autres stud-books avaient l’honneur d’être les premiers à découvrir le tour concocté par Jean François Gourdin. À l’issue d’une première manche émaillée de déboires inattendus pour certains, dix couples, dont quatre sans-fautes, étaient conviés pour le tour décisif. Si un titre de champion suprême avait été décerné, il serait revenu de droit au hongre OC Feel Good Chance (Cazador LS et Unbelievable Chance, par Quick Star), né chez Marie Bourdin et Antoine Dechance (76), seul cheval - toutes catégories confondues ! - à boucler un championnat sans toucher une barre. Il s’impose avec la manière et un score parfaitement vierge sous la selle de la cavalière britannique Skye Higgin. Basée en France depuis neuf ans, après deux ans et demi passés chez Pénélope Leprévost, la jeune femme s’installait en 2016 à l’élevage du Tillard à Deauville, où elle gère également sa propre écurie de six chevaux, et découvrait voilà seulement deux mois le splendide bai précédemment confié à Teddy Thellier, comme tous les jeunes chevaux de l’élevage Chance. « J’ai fait huit sans-fautes sur neuf parcours, à chaque fois que j’entre en piste, j’ai le sentiment qu’il a encore progressé, souligne la cavalière. Il a un cœur et un talent énorme, je suis très reconnaissante aux éleveurs de me l’avoir confié. Nous avons décidé de venir en dernière minute parce que les épreuves se déroulaient sur le sable. » Marie Bourdin, ravie du produit de sa jument de concours avec laquelle elle tournait en B1, rendait également hommage au talent de Skye et aux bons soins qu’elle prodigue à son protégé. Le podium est complété par Firefox Champlong (Quite Capitol x Arioso du Theillet), jument suisse montée par Audrey Paris, et par le mâle BWP Pajou van Beaugaarde (Toulon x Flamenco de Semilly) confié à Valentin Besnard, tous deux avec un score final de quatre points, mais départagés par leur position dans le Top 100 SHF. 

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