2021, année de tous les records pour les ventes Fences
vendredi 10 septembre 2021

High Level Devil Z
Vendredi 3 septembre, High Level Devil Z a été vendu pour 145 000€ © Fences/PSV

Avec un foal adjugé à prix un record de 145 000 euros, 90% des chevaux vendus, un prix d’achat moyen à plus de 30 000 euros, et un chiffre d’affaires de 4,7 millions d’euros, la 33ème édition des ventes Fences Élite restera assurément dans les annales.

En raison des incertitudes liées à la situation sanitaire, les associés Fences avaient choisi de limiter à quatre le nombre de soirées de la vente Élite 2021. Cette dernière a néanmoins été complétée par une vente de service de 43 poulains de trois ans le dimanche pour deux haras, lors de laquelle 100% des chevaux ont été vendus, à un prix moyen de 18 000 euros. Au total, pas moins de 160 chevaux ont été soigneusement sélectionnés au cours des mois précédents et 90 % d’entre eux ont trouvé acquéreurs il y a quelques jours. Vingt-trois des chevaux vendus changeaient de mains pour un prix supérieur à 50 000 euros et quatre à plus de 100 000 euros. Chiffre d’affaires total : 4,7 millions d’euros, soit hausse de plus de 30% par rapport à 2020.

La qualité des produits achetés à Fences était d’ailleurs illustrée de la plus belle des manières par la victoire dans les sept ans, sous la selle de Marie Demonte, d’Emir du Chanu (Air Jordan x Papillon Rouge), né chez Yves Langelier et vendu 67 000 € à l'âge de 3 ans aux Ventes Élite Fences de 2017 à Guy Beloussoff (Haras du Herrin), également propriétaire de Mister Coconut (Carrera VDL x Coconut Grove), qu’il avait acquis lors des ventes Élite en 2020 et qui termine champion ex-æquo des quatre ans sous la selle de Sébastien Tencé.

Quatre soirées de folie

Dès l’ouverture des ventes le mercredi 1er septembre, le SBS Morgex Sitte (Greco Sitte x Corland) enflammait les 500 convives et les acheteurs en ligne pour atteindre le top price de la soirée à 52 000 euros. Le lendemain, le compteur montait jusqu’à 56 000 euros pour le surpuissant Image du Breuil, un fils de Conthargos et petit-fils de Nonstop, qui succédera peut-être aux jeunes espoirs déjà acquis par sa Majesté le Roi du Maroc tels que Quickly de Kreisker, Ugolino du Clos ou Ispahan. La soirée la plus enthousiasmante a incontestablement été celle du vendredi 3 septembre. Alors qu'Ibou du Bidou (Cicave du Talus x Ulpien d’Elle) était adjugé pour 135 000 euros et qu’Ilico des Rondets (Eldorado de Hus x J’ai L’Espoir d’Elle) trouvait preneur pour l’Irlande à 110 000 euros, la soirée a été marquée par la vente pour 145 000 euros du foal High Level Devil Z, né le 29 avril 2021 du croisement entre Heartbreaker et Carthina Z x Carthago, étalon performer avec Jos Lansink et père de plus de 250 gagnants internationaux, dont Mylord Carthago. High Level Devil Z est un frère utérin des cracks Emerald van’t Ruytershof (Diamant de Semilly) et Diamanthina VH Ruytershof (Diamant de Semilly), gagnante en CSI5* avec Niels Beuynseels et Constant Van Paesschen. Une vente exceptionnelle qui permet aux associés Fences de battre le record du monde de valorisation d’un foal lors d’une vente publique. À noter que ce record était précédemment détenu par les Belges, qui avaient adjugé le propre frère de All In à 130 000 euros. À l’issue d’un combat acharné, qui a enflammé le manège de l’Espace Rozier, Benjamin Ghelfi, président de l’agence Fences, Juan Ramos et Carlos Pfyffer devenaient co-propriétaires de ce tout jeune espoir pour le sport et l’élevage. Arnaud Evain se félicite qu’un très bon mâle tel qu’High Level Devil Z justifie un investissement de ce niveau historique. « Certes, c’est un pari, mais nous sommes dans une situation comparable aux investissements dans les start-up qui risquent d’être multipliés par cinq, dix ou vingt. La différence tient à la vibration de voir évoluer son poulain dans les herbages. Si à l’âge de quatre ou cinq ans ce poulain présente des aptitudes sportives qui correspondent à son pedigree, il va créer un engouement à la saillie et à la vente qui peut être sans limite. Le jeu en vaut la chandelle », assure-t-il. Benjamin Ghelfi ajoute : « La vente de High Level Devil Z illustre un véritable engouement pour la génétique de haut niveau. Nous sommes très fiers d’avoir gagné la confiance de l’élevage Devil qui l’a fait naître, et d’Arnaud Bernollin, en dépit d’une concurrence farouche. C’est un poulain rare sur le papier, avec la meilleure génétique au monde actuellement puisque tous ses frères et sœurs sont exceptionnels. D’autre part, son père Heartbreaker est mort, donc sa semence est plus que limitée. C’est un foal magnifique, qui affiche beaucoup de prestance et une très belle locomotion. C’est une preuve qu’aujourd’hui le marché se positionne dans le très haut de gamme et que les acheteurs recherchent l’exceptionnel. »

Lors de la dernière soirée des ventes Élite, la splendide Naminka (Cornet Obolensky x Verdi) établissait le record de cette édition 2021 à 160 000 euros en devenant la propriété du suisse Bertrand Darier, fidèle propriétaire des chevaux de René Lopez. Pas de jaloux puisque, plus tôt dans la soirée, Corvette V Schuttershof Z, un autre produit de Cornet Obolensky, était adjugée pour 120 000 euros à Sadri Fegaier du Haras des Grillons, où est basé le frère de René, Carlos Lopez.

Un bilan enthousiasmant

À l’heure du bilan de cette 33ème édition, Arnaud Evain constate avec plaisir que les ventes Fences contribuent à établir une cote de valeur pour les poulains de trois ans. Concernant l’augmentation exponentielle du nombre de ventes aux enchères, physique ou en ligne, il tient à préciser que l’agence Fences est tenue à une obligation de transparence, ce qui n’est pas le cas pour ses concurrents à l’international. « Dans nos ventes en ligne, si nous n’atteignons pas un pourcentage de vente au moins égal à 60% des chevaux présentés, quel que soit le prix moyen, nous ne sommes pas satisfaits, tandis que les ventes concurrentes, à l’étranger notamment, se contentent souvent d’en vendre 15 à 20% et qu’il est souvent compliqué de s’y retrouver dans leurs chiffres. Lors de nos ventes, en déposant un procès verbal auprès du tribunal de commerce, chacun est en mesure de consulter les statistiques exactes. La transparence est un peu une marque de fabrique Fences. Je pense que la multiplication de l’offre n’a pas correspondu à une hausse comparable de la demande. Voilà dix ans, le marché français vendait environ 100 des 130 foals proposés par an en vente publique et privée. Aujourd’hui, on en dénombre 700 ou 800 en vente. Nous avons pour objectif de réunir des produits un peu exceptionnels. Le motif de satisfaction sur cette édition est d’avoir gagné le droit à aller visiter les plus grands élevages pour élargir encore notre assiette de choix », affirme Arnaud Evain. Très satisfait également, Benjamin Ghelfi ajoute : « Nous avons un vrai réseau en Europe, la confiance des éleveurs, et un très bon service après vente. Nous avons bénéficié de notre nouveau concept de vente en ligne, puisque tous les chevaux ont fait l’objet d’une enchère internet au cours des cinq soirées. » Un enthousiasme également ressenti lors de la Grande Semaine de Fontainebleau, qui n’avait pas affiché un tel dynamisme depuis de longues années, sans doute en partie grâce aux importants travaux de rénovation des pistes portés par les collectivités locales et régionales. Thierry Rozier, associé Fences le confirme : « la France occupe une place prépondérante dans la planète cheval mondiale et nous sommes en phase ascendante. »

En cette année 2021, l’agence Fences débutait la saison par la première édition de la vente « Graines de Stars », qui proposait des performers dans le cadre du CSI3* de Deauville le 14 août dernier. Bilan : un chiffre d’affaires d’un million d’euros en deux heures, avec un top price pour le spectaculaire Bubble Dee, hongre suédois, adjugé à 135 000 euros. Le programme, suite aux ventes Élite, se poursuivait dès le lundi 6 septembre par une vente en ligne de vingt foals Élite, et sera suivie d’une vente de sélection de vingt chevaux de trois ans le 20 septembre, d’une vente de réduction d’effectifs pour l’élevage du Talus le 26 septembre, et d’une vente de sélection de foals les 4 et 5 octobre.